Revenir ici dans la grisaille, comme dans un lieu désaffecté, un ancien chez soi, un havre délaissé.
Mais ça reste encore imprégné des rumeurs passées, qui reviennent en ce moment m'habiter, à la lecture des récits qui ravivent les rues tortueuses d'I. arpentées au temps de l'allégresse, malgré les signes évidents de danger - comme avec un amant à qui on laisse passer ses excès par passion, parce que la vie est différente et plus souple et plus gaie, avant effondrement. Qui ravivent les intrigues des nineties dans l'est, désormais lointaine adolescence que j'ai distancée en courant et vers laquelle je me retourne, vingt ans après, et c'était hier, les retours du lycée en 12 minutes à pied, les longues robes dans l'escalier, les studieuses dissertations et les intrigues amoureuses racontées par les autres ; le confinement, mais aussi les échappées le soir dans des soirées d'inconnus où juste tromper l'attente et l'ennui ; les romans sans cesse où puiser l'idéal, les clopes en cachette à la fenêtre qui donnait sur la fac de lettres, les promesses à soi-même de se tirer de là.
Non pas une nostalgie, non, mais enfin la mémoire qui revient, lasse que j'étais d'être coupée de moi-même, à refuser la mélancolie fondamentale sans laquelle n'existe nulle joie, de celles vouées à disparaître, légères mais pas futiles : insaisissables.
mardi 4 septembre 2018
jeudi 30 août 2018
A l'époque ça m'aidait à vivre, j'avais trouvé ça pour mettre en scène le quotidien, pour y trouver mon compte, l'espace intermédiaire entre la vie et sa représentation, en marge et en brouillon - aujourd'hui il faudrait tout assumer sous son propre nom, or je garde une pudeur ; et à l'époque il y avait de l'interaction entre des plumes de qualité. Peut-être que c'est revenu, ou que j'ai mal cherché, mais le réel a repris le dessus, a maté sèchement les tentatives d'embellie, j'ai ramé, je rame encore ; et je me suis méfiée, j'ai voulu cesser de me la raconter.
Pourtant, c'était la meilleure période, et tout m'y ramène : il n'y a que ça à faire, construire du récit, se raconter la vie, soigner les transitions et infléchir le style.
Et si je retourne au labo, comme un inventeur, comme un photographe, comme un sportif à l'entraînement, je vais y retrouver de la souplesse et une place, y aménager la solitude, prendre de l'assurance pour accepter de défricher la poussive narration qui oppose sa résistance, depuis combien de temps je l'esquive ? Alors qu'elle se présente régulièrement dans les interstices, et je la prends comme prétexte pour renoncer aux autres voies que je n'ai pas suivies, alors que c'est la paresse, une certaine lâcheté, l'illusion formée dans une prime jeunesse désormais un peu lointaine, quelque chose comme un feu intérieur - cliché - ou comme un prisme à travers lequel on perçoit les choses par les sens, l'intuition, le désir et la conscience intelligible, la mémoire aussi ; désormais c'est en butte, depuis un bail à présent, avec l'anxiété, le sentiment d'urgence, l'impression qu'il ne faut pas traîner, un complexe face aux brillantes productions des autres - que des trucs illusoires. Les autres, jeu de passe-passe, je les invite pour les démythifier, j'en fais des amis, des collaborateurs, je prends le contrôle de leur projets en leur déroulant le tapis du voyage, louable intention qui masque une impuissance ainsi entretenue - pas dupe non plus.
Mais voilà, poussée dans mes retranchements, à enfin lâcher la rampe, pas fière, je m'y confronte, c'est trop dense, c'est dur, c'est lent, et qu'est-ce que ça m'apporte ?
Rien.
Rien d'autres que l'entretien du regard.
Rien d'autre que ma juste place parce que clairement, les enthousiasmes éphémères, sans cesse renouvelés, je ne les renie pas, je les nourrirai même, me servent d'écran de fumée.
J'ai beau la camoufler, une trappe sous le tapis, ça usine en sourdine.
J'ai quelque chose à dire - il paraît
Qu'est-ce que c'est ? Mes thèmes d'auteur, a asséné cet homme, trop exalté, pour qui je me suis quelque temps prise de passion, feu de paille, attentive à la chute.
Mes thèmes d'auteur, non, pas exactement ça non plus.
Plutôt cette faille où s'engouffrent et se confondent les lieux et les moments : une errance ; et ses effets sur la psyché ; fuite et vacuité, mais sans misérabilisme, plutôt des tentatives de définition de soi, des relations. Et le paradoxe veut que l'approbation collective vienne à l'appui d'une telle recherche, que ça ne reste pas lettre morte.
Pourtant, c'est pas grave, ça peut rester confidentiel après tout. Se faire encore la main, jusqu'à éventuel écho. On sait bien que si c'est trop facile, ça n'en est pas moins souvent creux.
Impossible de baisser les exigences, et les pires viennent de soi.
Pourtant, si je m'en arrangeais un peu - et pas seulement dans ce domaine - tout serait plus fluide, dans la grâce du temps perdu retrouvé.
Et ici, où je reviendrais, je pourrais à nouveau parler
de la grisaille fondamentale qui noie le jour dans une saison suspendue
des voix étrangères sur le seuil, une clé tombée comme dans un film
du dernier dîner sur l'herbe demain soir, pour saluer mon plus ancien ami, pas vu depuis des années
Je pourrais à nouveau me couler dans l'instant même
A ma manière contournée
D'observatrice bavarde
A canaliser la pensée sur ce qui surgit
Pour ne pas basculer dans la bulle asphyxiante
Matrice étouffante en guise de protection
J'ai bien compris le mécanisme
Mais j'ai encore du mal avec l'exercice
Pourtant, c'était la meilleure période, et tout m'y ramène : il n'y a que ça à faire, construire du récit, se raconter la vie, soigner les transitions et infléchir le style.
Et si je retourne au labo, comme un inventeur, comme un photographe, comme un sportif à l'entraînement, je vais y retrouver de la souplesse et une place, y aménager la solitude, prendre de l'assurance pour accepter de défricher la poussive narration qui oppose sa résistance, depuis combien de temps je l'esquive ? Alors qu'elle se présente régulièrement dans les interstices, et je la prends comme prétexte pour renoncer aux autres voies que je n'ai pas suivies, alors que c'est la paresse, une certaine lâcheté, l'illusion formée dans une prime jeunesse désormais un peu lointaine, quelque chose comme un feu intérieur - cliché - ou comme un prisme à travers lequel on perçoit les choses par les sens, l'intuition, le désir et la conscience intelligible, la mémoire aussi ; désormais c'est en butte, depuis un bail à présent, avec l'anxiété, le sentiment d'urgence, l'impression qu'il ne faut pas traîner, un complexe face aux brillantes productions des autres - que des trucs illusoires. Les autres, jeu de passe-passe, je les invite pour les démythifier, j'en fais des amis, des collaborateurs, je prends le contrôle de leur projets en leur déroulant le tapis du voyage, louable intention qui masque une impuissance ainsi entretenue - pas dupe non plus.
Mais voilà, poussée dans mes retranchements, à enfin lâcher la rampe, pas fière, je m'y confronte, c'est trop dense, c'est dur, c'est lent, et qu'est-ce que ça m'apporte ?
Rien.
Rien d'autres que l'entretien du regard.
Rien d'autre que ma juste place parce que clairement, les enthousiasmes éphémères, sans cesse renouvelés, je ne les renie pas, je les nourrirai même, me servent d'écran de fumée.
J'ai beau la camoufler, une trappe sous le tapis, ça usine en sourdine.
J'ai quelque chose à dire - il paraît
Qu'est-ce que c'est ? Mes thèmes d'auteur, a asséné cet homme, trop exalté, pour qui je me suis quelque temps prise de passion, feu de paille, attentive à la chute.
Mes thèmes d'auteur, non, pas exactement ça non plus.
Plutôt cette faille où s'engouffrent et se confondent les lieux et les moments : une errance ; et ses effets sur la psyché ; fuite et vacuité, mais sans misérabilisme, plutôt des tentatives de définition de soi, des relations. Et le paradoxe veut que l'approbation collective vienne à l'appui d'une telle recherche, que ça ne reste pas lettre morte.
Pourtant, c'est pas grave, ça peut rester confidentiel après tout. Se faire encore la main, jusqu'à éventuel écho. On sait bien que si c'est trop facile, ça n'en est pas moins souvent creux.
Impossible de baisser les exigences, et les pires viennent de soi.
Pourtant, si je m'en arrangeais un peu - et pas seulement dans ce domaine - tout serait plus fluide, dans la grâce du temps perdu retrouvé.
Et ici, où je reviendrais, je pourrais à nouveau parler
de la grisaille fondamentale qui noie le jour dans une saison suspendue
des voix étrangères sur le seuil, une clé tombée comme dans un film
du dernier dîner sur l'herbe demain soir, pour saluer mon plus ancien ami, pas vu depuis des années
Je pourrais à nouveau me couler dans l'instant même
A ma manière contournée
D'observatrice bavarde
A canaliser la pensée sur ce qui surgit
Pour ne pas basculer dans la bulle asphyxiante
Matrice étouffante en guise de protection
J'ai bien compris le mécanisme
Mais j'ai encore du mal avec l'exercice
mardi 14 août 2018
Revenir ici trois ans plus tard
Dans l'espace verbal intermédiaire
Etrange
Dans l'espace verbal intime extériorisé
Comme sur le pont de la maison-bateau de mes rêves
Lieu, topos sans ancrage, où le texte, déroulé d'un trait, prend corps immédiatement
A l'abri des autres
Bouteille à la mer des données chiffrées
Invisible encore
Peut-être parce que la rencontre de juillet, qui a ranimé mes espoirs
pour, en deux-trois temps, les décevoir
n'est pas sans lien avec cet espace-là
ses injonctions à écrire (aussi péremptoires soient-elles)
et sa ressemblance troublante avec ce personnage admiré mais invivable de ma propre prose
(énième avatar)
me renvoient dans mes cordes
je veux bien avoir ça à faire
aussi âpre soit la contrainte
sur fond d'insatisfaction de vacances en demi-teintes
de découragement face au temps et aux amours qui filent, instables, jamais fixées
je veux bien avoir ça à faire mais aucun miracle en vue
je veux bien avoir ça à faire puisque toute ambition stagne, comme si, velléitaire, malgré les projets disparates, je ne bougeais pas d'un pouce tandis que le temps file
au moins il y aurait des pages tangibles posées en cours de route comme les cailloux du conte
en serais-je moins flottante
peut-être que oui après tout
la dernière fois il s'est passé des trucs
pas tout ce que j'espérais mais quand même
et si je veux donner sens à cette rencontre
qui me fait pleurer de regret, d'émotion
tentative tuée dans l’œuf sans doute à juste titre
(versatile, impulsif, pontifiant et ne supportant guère la contradiction - pourtant viscéralement implantée - un être aussi sensuel, doux, vigoureux, au caractère trempé, sujet aux grâces de la lumière, de la matière, de tous les destins qu'il documente, comment pourrait-il m'accompagner ?)
je ne peux qu'avancer
et même si je ne veux pas lui donner plus de sens que ça
(puisque les mouvements de balancier auxquels je suis soumise ne me concernent pas)
avancer quand même
peu à peu
péniblement sans doute
n'y croyant pas toujours
alors que j'aspire continuellement à la gaîté
me dérobant ainsi peut-être
à d'autres efforts en valant la chandelle
mais essuyant tant de revers à ce jeu-là
que ça en devient absurde
Dans l'espace verbal intermédiaire
Etrange
Dans l'espace verbal intime extériorisé
Comme sur le pont de la maison-bateau de mes rêves
Lieu, topos sans ancrage, où le texte, déroulé d'un trait, prend corps immédiatement
A l'abri des autres
Bouteille à la mer des données chiffrées
Invisible encore
Peut-être parce que la rencontre de juillet, qui a ranimé mes espoirs
pour, en deux-trois temps, les décevoir
n'est pas sans lien avec cet espace-là
ses injonctions à écrire (aussi péremptoires soient-elles)
et sa ressemblance troublante avec ce personnage admiré mais invivable de ma propre prose
(énième avatar)
me renvoient dans mes cordes
je veux bien avoir ça à faire
aussi âpre soit la contrainte
sur fond d'insatisfaction de vacances en demi-teintes
de découragement face au temps et aux amours qui filent, instables, jamais fixées
je veux bien avoir ça à faire mais aucun miracle en vue
je veux bien avoir ça à faire puisque toute ambition stagne, comme si, velléitaire, malgré les projets disparates, je ne bougeais pas d'un pouce tandis que le temps file
au moins il y aurait des pages tangibles posées en cours de route comme les cailloux du conte
en serais-je moins flottante
peut-être que oui après tout
la dernière fois il s'est passé des trucs
pas tout ce que j'espérais mais quand même
et si je veux donner sens à cette rencontre
qui me fait pleurer de regret, d'émotion
tentative tuée dans l’œuf sans doute à juste titre
(versatile, impulsif, pontifiant et ne supportant guère la contradiction - pourtant viscéralement implantée - un être aussi sensuel, doux, vigoureux, au caractère trempé, sujet aux grâces de la lumière, de la matière, de tous les destins qu'il documente, comment pourrait-il m'accompagner ?)
je ne peux qu'avancer
et même si je ne veux pas lui donner plus de sens que ça
(puisque les mouvements de balancier auxquels je suis soumise ne me concernent pas)
avancer quand même
peu à peu
péniblement sans doute
n'y croyant pas toujours
alors que j'aspire continuellement à la gaîté
me dérobant ainsi peut-être
à d'autres efforts en valant la chandelle
mais essuyant tant de revers à ce jeu-là
que ça en devient absurde
lundi 19 janvier 2015
La chute a été lente -
freinée
Maintenir toutes les habitudes à leur rythme normal
Surtout ne pas fléchir
Aller au yoga
Aller à la danse
Aller travailler
L'épuisement est venu progressivement
de lire tant d'articles et de parler des heures
voix presque perdue
des heures ressasser ce ce que déjà je dis depuis toujours
république liberté droits de l'homme dans un monde sans dieu
sens critique volonté pensée élaborée
parfois absorbée j'oublie
j'oublie qu'ils sont morts abattus dans un bureau feutré d'une rue parisienne
j'oublie aussi
qu'on peut quitter les lieux et vivre ailleurs qu'imprégnés par le drame
et c'est lui qui me rend encore plus proches, insupportables
les meurtres
innombrables et cruels
l'injustice effroyable
sans limite
ce monde aux barbaries perpétuelles
et la seule lutte contre le chaos accablant
c'est la perte de conscience
l'insouciance
provisoires
non pas le déni non
mais vivre sinon quoi
l'épuisement nous gagne
il y a des accidents
je suis toujours la même
je suis secouée mais
je suis secouée mais la même
la même encore j'espère
qu'est-ce que ça change
"On s'habitue vite à la paix. Alors on croit que c'est normal. Non, ce qui est normal, c'est la guerre." Albert Camus, Le premier homme.
dimanche 13 avril 2014
C'est un énième retour d'I., où de nouveau j'avais 25 ans - tandis que la fréquentation des lieux de la nuit s'était nettement rajeunie, prétendis-je.
25 ans, optimiste, à considérer l'impasse empruntée avec l'Ardea non sans philosophie. Il ne peut pas, il ne peut pas. J'ai refusé de m'y laisser dissoudre. J'ai résisté. J'ai renoncé. A le rejoindre au bout du monde, où je lui proposais à demi-mots de poursuivre l'histoire. Renoncé à patienter jusqu'à ce qu'il reporte une fois de plus nos rares rendez-vous. Renoncé à l'espoir qu'il s'abandonne. A mes caresses. A mon envie d'y croire. Je me suis surveillée. Pleuré un mois à gros sanglots sans un seul signe de vie, sinon celui de lui claquer aussi la porte des espaces virtuels.
Ensuite, j'ai plongé dans le présent, comme jamais ou rarement depuis près de cinq ans.
Quelques mots adressés à un homme rencontré brièvement des mois auparavant m'ont conduite à Belleville en robe à fleurs / ellipse / rentrée au matin gris telle la parisienne que je suis devenue, la salive mêlée à l'âcreté puissante de sa jouissance, et sa mélancolie, et le goût du théâtre.
Nous ne nous sommes jamais rappelés.
Le week-end suivant me suis bercée d'illusion exotique, à l'accent chantant d'un Vénitien qui m'aura fait valser. Sa chambre à Anvers était si petite que j'y ai écopé d'un beurre noir pour des semaines. Au matin il m'a conduite chez un médecin flamand qui m'a vanté l'art pictural des cellules dégradées comme la nature d'automne. Légère et lasse comme d'un voyage provisoire, j'ai poursuivi ma fuite sans me retourner.
Aujourd'hui, cela fait un an qu'un homme alors encore marié
m'a conté fleurette dans une maison vouée à la destruction
- une affaire de transports
sur fond d'histoires édifiantes de lignes de train à Las Vegas
il est venu fêter un tournant sur une route de montagne
m'a écrit d'enthousiasme des choses sensibles sur notre rencontre
m'a embrassée la semaine suivante en descendant la butte
au Clair de Lune
puis m'a plantée quinze jours plus tard.
Exsangue retrouvée.
Un soir jeté mon dévolu sur l'Ardea
sa beauté son élégance
sa discrétion sensible
qui lorsque je pars me fait signe à la fenêtre
puis il y a eu cette balade jusqu'à Pantin dans l'été finissant
en quelques heures nous savions
sans mot dire
que le désir et l'intimité s'étaient invités
au fil de l'eau
me suis mise à l'attendre
Pénélope patiente
à tisser mon mémoire
en décembre il m'offrit
un fauteuil d'opéra
et du champagne
indécis
s'interdisant d'observer l'agonie
d'une décennie de relation
perdu dans la fuite en avant
et l'ex enceinte
et le départ en Asie
eurent raison de ses belles intentions
de sa reconnaissance
de son désir de me garder près de lui
de son admiration
et de frissons comme détachés de lui
j'en pleure encore
sa seule amie disait-il
déprimé partout sauf avec moi
qu'il n'avait pas toujours le courage de voir
ce n'était plus possible
trop gentille me reprocha-t-il
tu mérites mieux
ne te sous-estime pas
et toi
tu t'empêches d'être heureux
alors
c'est fini
fini fini
pourtant
impossible de combattre
cette absurde et insidieuse et profonde croyance
que c'est toi
mon amour
aussi loin puisses-tu partir
aussi douloureux soient tes atermoiements
aussi lâches tes discours sans suite et ton silence inconséquent
aussi conscientes mes analyses du schéma de frustration
c'est toi mon amour
à s'émouvoir d'un même mouvement
de la solitude
de la douceur du soleil
de l'aventure des voyages au long cours
toi qui as réveillé la mémoire romantique enfouie
de mes dix-sept ans
où on se croisait sans se voir
dans les couloirs
toi avec qui je me verrais bien
passer ma vie
passer des soirs de tendresse et de bonne chère à veiller nos enfants
et pourtant
la réalité
je la garde à l’œil
ton surmenage et ton retrait
ton sens de l'humour non sans rigidité
non sans principes éculés
oui mais
tu voyages
ton désastre mué en révélation
une déchirure sur la lumière
et je t'aime
- mais pour combien de temps
et saurai-je un jour vivre
une belle et durable
et réjouissante
et généreuse
et simple
et vivante
25 ans, optimiste, à considérer l'impasse empruntée avec l'Ardea non sans philosophie. Il ne peut pas, il ne peut pas. J'ai refusé de m'y laisser dissoudre. J'ai résisté. J'ai renoncé. A le rejoindre au bout du monde, où je lui proposais à demi-mots de poursuivre l'histoire. Renoncé à patienter jusqu'à ce qu'il reporte une fois de plus nos rares rendez-vous. Renoncé à l'espoir qu'il s'abandonne. A mes caresses. A mon envie d'y croire. Je me suis surveillée. Pleuré un mois à gros sanglots sans un seul signe de vie, sinon celui de lui claquer aussi la porte des espaces virtuels.
Ensuite, j'ai plongé dans le présent, comme jamais ou rarement depuis près de cinq ans.
Quelques mots adressés à un homme rencontré brièvement des mois auparavant m'ont conduite à Belleville en robe à fleurs / ellipse / rentrée au matin gris telle la parisienne que je suis devenue, la salive mêlée à l'âcreté puissante de sa jouissance, et sa mélancolie, et le goût du théâtre.
Nous ne nous sommes jamais rappelés.
Le week-end suivant me suis bercée d'illusion exotique, à l'accent chantant d'un Vénitien qui m'aura fait valser. Sa chambre à Anvers était si petite que j'y ai écopé d'un beurre noir pour des semaines. Au matin il m'a conduite chez un médecin flamand qui m'a vanté l'art pictural des cellules dégradées comme la nature d'automne. Légère et lasse comme d'un voyage provisoire, j'ai poursuivi ma fuite sans me retourner.
Aujourd'hui, cela fait un an qu'un homme alors encore marié
m'a conté fleurette dans une maison vouée à la destruction
- une affaire de transports
sur fond d'histoires édifiantes de lignes de train à Las Vegas
il est venu fêter un tournant sur une route de montagne
m'a écrit d'enthousiasme des choses sensibles sur notre rencontre
m'a embrassée la semaine suivante en descendant la butte
au Clair de Lune
puis m'a plantée quinze jours plus tard.
Exsangue retrouvée.
Un soir jeté mon dévolu sur l'Ardea
sa beauté son élégance
sa discrétion sensible
qui lorsque je pars me fait signe à la fenêtre
puis il y a eu cette balade jusqu'à Pantin dans l'été finissant
en quelques heures nous savions
sans mot dire
que le désir et l'intimité s'étaient invités
au fil de l'eau
me suis mise à l'attendre
Pénélope patiente
à tisser mon mémoire
en décembre il m'offrit
un fauteuil d'opéra
et du champagne
indécis
s'interdisant d'observer l'agonie
d'une décennie de relation
perdu dans la fuite en avant
et l'ex enceinte
et le départ en Asie
eurent raison de ses belles intentions
de sa reconnaissance
de son désir de me garder près de lui
de son admiration
et de frissons comme détachés de lui
j'en pleure encore
sa seule amie disait-il
déprimé partout sauf avec moi
qu'il n'avait pas toujours le courage de voir
ce n'était plus possible
trop gentille me reprocha-t-il
tu mérites mieux
ne te sous-estime pas
et toi
tu t'empêches d'être heureux
alors
c'est fini
fini fini
pourtant
impossible de combattre
cette absurde et insidieuse et profonde croyance
que c'est toi
mon amour
aussi loin puisses-tu partir
aussi douloureux soient tes atermoiements
aussi lâches tes discours sans suite et ton silence inconséquent
aussi conscientes mes analyses du schéma de frustration
c'est toi mon amour
à s'émouvoir d'un même mouvement
de la solitude
de la douceur du soleil
de l'aventure des voyages au long cours
toi qui as réveillé la mémoire romantique enfouie
de mes dix-sept ans
où on se croisait sans se voir
dans les couloirs
toi avec qui je me verrais bien
passer ma vie
passer des soirs de tendresse et de bonne chère à veiller nos enfants
et pourtant
la réalité
je la garde à l’œil
ton surmenage et ton retrait
ton sens de l'humour non sans rigidité
non sans principes éculés
oui mais
tu voyages
ton désastre mué en révélation
une déchirure sur la lumière
et je t'aime
- mais pour combien de temps
et saurai-je un jour vivre
une belle et durable
et réjouissante
et généreuse
et simple
et vivante
lundi 20 janvier 2014
Gravité
L'ouïe et l'air
vibratile
j'ai retrouvé ton ombre bienveillante
tutélaire
N'être pas seule mais dans tes pas
dans l'atmosphère dans l'onde
venir au monde
aqueux
agrégat
cellulaire
ombre noueuse noyée
disparue
déployée
intérieure
dressée
même si tu meurs
ma mémoire
reste un habitacle pour toi
une trace dans la lumière
de l’été provençal
où plane encore ta voix
dissoute dans l’espace circulaire
confondue avec la mer
répandue
aux quatre vents
organiques
envolée d’une fenêtre atmosphérique
je t’emporte avec moi
les ténèbres et la lumière
séparés
et des eaux
et des cieux
des sommets
d’où dérive
entre les joncs
un couffin
libéré
de ses jougs
inondés
naître et renaître à la fois
venir à la pensée
sans distinguer
l’air de l’ombre
l’eau du corps
ni la poussée du cri
inaugural
ni l’inertie de la vie
minérale
poisson plongé solaire
au sein des sillons par salves
où peu à peu s’assoupit la lueur
mercredi 15 janvier 2014
Gravité
Gravité voix de l'âme j'ai le sang qui bouillonne
La présence sans lumière
inerte
dérobée
le corps en vie à terre
bourdonne
en silence
je te suis diffractée
main tendue vers mon ombre
mon prochain
tout ce qui nous entoure
la formation du corps
l'histoire du corps
non pas seul
en tension
goutte à goutte fragmentée
dans ton trouble reflet
une flaque un océan
ou des rues inondées
je traverse
suspendue
aux nuées
un autre territoire
ton sentier escarpé
l'atmosphère chargée d'eau
qui m'égare vers toi
où végéter encore
en cellules palpitantes
aspirées
ondoyantes
circulaires
je ne suis plus qu'un corps
à Hanoï ou ici
fondue dans le décor
un instant une naissance
on peut mourir ici
surplombé par une ombre
l'ennui noyé
l'espoir
une fuite ou un essor
une chute
si longue qu'on dirait
une tension, un effort
sans boussole
non sans désir
de vaciller encore
de s'y faire croire
de se bercer d'espoir
d'enfance
ou d'avenir
ou de présence intense
d'étrangeté
de substance
sans tête
hémisphère inversé
le temps coule à rebours
à l'opposé du globe
je pourrais être ailleurs
mais clouée, fascinée
je te regarde perdre tes traits
dissous dans l'eau stagnante
où vibre la peau moirée
qui sinue à peine
reptilienne
me renvoie à moi-même
à ma discontinuité
à mon incohérence
épuisée
de fantasmes
d'amours invisibles
échappés
étreints dans un écran
projetés au bout du monde
ou maintenus au sol
sans illusion
sans aucun poids
sans histoire
vais-je encore m'abandonner ?
et suis-je encore vivante ?
La présence sans lumière
inerte
dérobée
le corps en vie à terre
bourdonne
en silence
je te suis diffractée
main tendue vers mon ombre
mon prochain
tout ce qui nous entoure
la formation du corps
l'histoire du corps
non pas seul
en tension
goutte à goutte fragmentée
dans ton trouble reflet
une flaque un océan
ou des rues inondées
je traverse
suspendue
aux nuées
un autre territoire
ton sentier escarpé
l'atmosphère chargée d'eau
qui m'égare vers toi
où végéter encore
en cellules palpitantes
aspirées
ondoyantes
circulaires
je ne suis plus qu'un corps
à Hanoï ou ici
fondue dans le décor
un instant une naissance
on peut mourir ici
surplombé par une ombre
l'ennui noyé
l'espoir
une fuite ou un essor
une chute
si longue qu'on dirait
une tension, un effort
sans boussole
non sans désir
de vaciller encore
de s'y faire croire
de se bercer d'espoir
d'enfance
ou d'avenir
ou de présence intense
d'étrangeté
de substance
sans tête
hémisphère inversé
le temps coule à rebours
à l'opposé du globe
je pourrais être ailleurs
mais clouée, fascinée
je te regarde perdre tes traits
dissous dans l'eau stagnante
où vibre la peau moirée
qui sinue à peine
reptilienne
me renvoie à moi-même
à ma discontinuité
à mon incohérence
épuisée
de fantasmes
d'amours invisibles
échappés
étreints dans un écran
projetés au bout du monde
ou maintenus au sol
sans illusion
sans aucun poids
sans histoire
vais-je encore m'abandonner ?
et suis-je encore vivante ?
mardi 3 septembre 2013
Je suis exsangue.
Comme une blancheur de l'âme. Me retrouve dans la zone, ce n'est plus la dead zone, c'est la zone sans espoir. Sans désespoir peut-être, pas non plus. Zone instable.
On tâche de s'accrocher au présent et presque c'est peine perdue.
Juillet territoire affectif écroulé, raccrochée aux branches, avec les amis ça ira, obligée. La mer le mémoire, actualisation permanente. Mais en même temps le petit film qui se jouait sans s'arrêter. "Peut-être". "Peut-être" c'est oui
Chaque matin je me réveillais, d'une tristesse. Rien n'y croyait en moi.
Ensuite ça s'est estompé, et là les jours sont raides mais les nuits, les réveils, reposée.
Hier le tremblement, fragilité, failli me briser.
Hier soir - découvert ce matin - enfin un mot dans la boîte. Deux jours dans le vide, mais la Suède tu vois. silence radio tout l'été. Et là en mode pas le temps mais je te fais signe quand je sais.
Un seul minuscule bout de verre mais je suis.
Obligée de tisser autour de ça. Un grain de sable une perle.
Aucune illusion, rationnellement. Et même sale con, ta lâcheté. Mais s'il n'y a pas ça, vide total.
Après les belles paroles, et les lettres "et si ?..."
"besoin de partager"
"trouble"
"te connaître"
"ta beauté"
" importance que nous accordons à"
"je ne m'inquiète pas pour"
"peut-être"
comment
comment
comment
je pourrais complètement m'en foutre
tout analysé,
sa fin du monde à lui
projection
instrumentalisation
transition
et moi le doigt dans l'engrenage
parce que
recommencer
d'essayer
pas passer à côté de
la vie
ok et là
j'ai sorti le grand jeu
c'était beau
du soleil sur la Butte
après un suicide
bouleversée je veux vivre
mais maintenant
tout - encore - à l'avenant
la vie devant nous tu sais
essayons
mais c'est terrible
on ne dit pas ça à quelqu'un qui fuit
quelqu'un qui fuit on n'en veut pas
mais alors pourquoi encore
suis-je prise aux filets
de ses mots trépassés
du souvenir ténu déjà à moitié disparu
des étreintes
une semaine, quelques mois
qu'il a zappés comme nuls et non
lui venu me chercher et moi retournée
comme sa diversion
le miroir encore vif de défuntes illusions
puis
c'était vraiment moi, pas l'autre
celle qui part
et moi je suis nouvelle
trop dispo pour Narcisse blessé
suis-je si maso
est-ce le fantasme impossible à lâcher
l'amour le prince le film la maison peuplée partagée
conflit
je me bats
plutôt ailleurs quelqu'un d'autre une autre fois
plutôt l'indépendance tant pis qui m'aime me suive des courageux y en a
mais il me faut
pour survivre
m'assurer que les liens perdurent
que les relations comptent
que l'intimité partagée n'est pas vouée
à la vacuité
au néant
sinon c'est comme mourir
mourir effarée
il faut que j'aie compté
quelle émotion j'y ai mise
que toi non
l'identité en jeu
pas faute d'avoir tenu des caps
avoir raison gardé
toujours entièrement jetée
la sauveuse exposée
sirène muette
et tuée
Comme une blancheur de l'âme. Me retrouve dans la zone, ce n'est plus la dead zone, c'est la zone sans espoir. Sans désespoir peut-être, pas non plus. Zone instable.
On tâche de s'accrocher au présent et presque c'est peine perdue.
Juillet territoire affectif écroulé, raccrochée aux branches, avec les amis ça ira, obligée. La mer le mémoire, actualisation permanente. Mais en même temps le petit film qui se jouait sans s'arrêter. "Peut-être". "Peut-être" c'est oui
Chaque matin je me réveillais, d'une tristesse. Rien n'y croyait en moi.
Ensuite ça s'est estompé, et là les jours sont raides mais les nuits, les réveils, reposée.
Hier le tremblement, fragilité, failli me briser.
Hier soir - découvert ce matin - enfin un mot dans la boîte. Deux jours dans le vide, mais la Suède tu vois. silence radio tout l'été. Et là en mode pas le temps mais je te fais signe quand je sais.
Un seul minuscule bout de verre mais je suis.
Obligée de tisser autour de ça. Un grain de sable une perle.
Aucune illusion, rationnellement. Et même sale con, ta lâcheté. Mais s'il n'y a pas ça, vide total.
Après les belles paroles, et les lettres "et si ?..."
"besoin de partager"
"trouble"
"te connaître"
"ta beauté"
" importance que nous accordons à"
"je ne m'inquiète pas pour"
"peut-être"
comment
comment
comment
je pourrais complètement m'en foutre
tout analysé,
sa fin du monde à lui
projection
instrumentalisation
transition
et moi le doigt dans l'engrenage
parce que
recommencer
d'essayer
pas passer à côté de
la vie
ok et là
j'ai sorti le grand jeu
c'était beau
du soleil sur la Butte
après un suicide
bouleversée je veux vivre
mais maintenant
tout - encore - à l'avenant
la vie devant nous tu sais
essayons
mais c'est terrible
on ne dit pas ça à quelqu'un qui fuit
quelqu'un qui fuit on n'en veut pas
mais alors pourquoi encore
suis-je prise aux filets
de ses mots trépassés
du souvenir ténu déjà à moitié disparu
des étreintes
une semaine, quelques mois
qu'il a zappés comme nuls et non
lui venu me chercher et moi retournée
comme sa diversion
le miroir encore vif de défuntes illusions
puis
c'était vraiment moi, pas l'autre
celle qui part
et moi je suis nouvelle
trop dispo pour Narcisse blessé
suis-je si maso
est-ce le fantasme impossible à lâcher
l'amour le prince le film la maison peuplée partagée
conflit
je me bats
plutôt ailleurs quelqu'un d'autre une autre fois
plutôt l'indépendance tant pis qui m'aime me suive des courageux y en a
mais il me faut
pour survivre
m'assurer que les liens perdurent
que les relations comptent
que l'intimité partagée n'est pas vouée
à la vacuité
au néant
sinon c'est comme mourir
mourir effarée
il faut que j'aie compté
quelle émotion j'y ai mise
que toi non
l'identité en jeu
pas faute d'avoir tenu des caps
avoir raison gardé
toujours entièrement jetée
la sauveuse exposée
sirène muette
et tuée
mardi 17 juillet 2012
Le ciel est nettoyé si bien qu'on se croirait presque en été.
Mais c'est trop tard, le corps bousculé
L'impression d'avoir traversé une tempête, juste une cuite, un week end, une averse incessante à brouiller le canal
les cheveux
le cerveau
tous les muscles
et les espoirs sans doute
ça ne fait rien
la nuit je ne dors pas joyeuse comme une gamine
pourtant il n'y a rien que des soirées parisiennes
comme dans un tube ringard de 98
soirées parisiennes sans lendemain sauf de cuite
perspectives débandantes de mecs casés instables mais dispos
compliqués
mégalos
intéressants
et courtisés bien sûr
j'ai trouvé la parade qui consiste à ne rien faire sauf tchatcher
moqueuse
joueuse
je mets les voiles
agencer l'échiquier
cap sur le Sud
la nuit je rêve de fenêtres ouvertes sur la mer
rêve réalité une poignée de jours
je me suis remise à la tâche
il y a ça aussi
évidemment ça chavire tout
j'ai beau faire semblant de rien
du pain sur la planche et le coeur sur la table
un tout petit mois et comme ici on ne s'ennuie pas assez
les jours sont courts
divertissement
je rêve de fenêtres ouvertes sur l'abîme
car je sais bien
réclusion nécessaire
qu'importent les chroniques les bluettes
il faut parler de ce qui se trame
des coulisses de la bagatelle
libertinage séduc jonglage narcisse plaisir
cette vaste mascarade
Mais c'est trop tard, le corps bousculé
L'impression d'avoir traversé une tempête, juste une cuite, un week end, une averse incessante à brouiller le canal
les cheveux
le cerveau
tous les muscles
et les espoirs sans doute
ça ne fait rien
la nuit je ne dors pas joyeuse comme une gamine
pourtant il n'y a rien que des soirées parisiennes
comme dans un tube ringard de 98
soirées parisiennes sans lendemain sauf de cuite
perspectives débandantes de mecs casés instables mais dispos
compliqués
mégalos
intéressants
et courtisés bien sûr
j'ai trouvé la parade qui consiste à ne rien faire sauf tchatcher
moqueuse
joueuse
je mets les voiles
agencer l'échiquier
cap sur le Sud
la nuit je rêve de fenêtres ouvertes sur la mer
rêve réalité une poignée de jours
je me suis remise à la tâche
il y a ça aussi
évidemment ça chavire tout
j'ai beau faire semblant de rien
du pain sur la planche et le coeur sur la table
un tout petit mois et comme ici on ne s'ennuie pas assez
les jours sont courts
divertissement
je rêve de fenêtres ouvertes sur l'abîme
car je sais bien
réclusion nécessaire
qu'importent les chroniques les bluettes
il faut parler de ce qui se trame
des coulisses de la bagatelle
libertinage séduc jonglage narcisse plaisir
cette vaste mascarade
lundi 26 mars 2012
Il y a des jours comme ça
où malgré les combats
accablée
ma jupe se déchire
c'est comme une ancienne peau qu'on me retire
je pleure au cinéma
même pas au moment où
ma cousine a une fille
aujourd'hui
il y a deux jours j'ai éconduit
l'ultime soupirant
jamais de faux semblants
et celui que j'appelais l'immature
commodément pour m'en défaire
me réécrit après un grand silence
un long message où il parle d'un rêve
j'y apparais au loin
moi j'ai rêvé d'une fête, une bicoque au Chili
un séducteur un peu macho m'entraînait à part
me volait un baiser avant de décamper
à l'insu des amis
- lesquels, ceux du rêve, je ne sais plus
parmi ceux d'aujourd'hui il y a celle qui
dit des choses qui me touchent et me blessent et me révèlent peut-être
elle dit que c'est étrange, ma distance aux affects
or c'est faux
mais c'est vrai aussi
et comment je peux faire
avec tous ces sens interdits
tourner en rond des plombes
jusqu'au moment où
clouée d'inanité intime
je n'ai plus le choix
les sentiments tapis remontent
du fond intime sans âge
on s'agite, on remonte le courant
rien à faire, l'histoire intérieure prend un de ces temps
fait fi des impatiences
et m'éclate brièvement au visage
bulle d'huile brûlante
après je me remets à croire
optimisme foncier
cheminement solitaire, mais ça va pas durer
c'est pas l'inanité
J'interprète l'étape
(ce qui s'écrit existe)
et mon ancien amour
vivant m'habite encore
m'apprend qu'il a passé du temps auprès de moi
d'avoir lu toutes mes pages
ému d'y reconnaître
un trait
un paysage
Il y a des jours comme ça
où malgré les combats
accablée
ma jupe se déchire
c'est comme une ancienne peau qu'on me retire
je pleure au cinéma
même pas au moment où
ma cousine a une fille
aujourd'hui
il y a deux jours j'ai éconduit
l'ultime soupirant
jamais de jeux de faux semblants
or celui que j'appelais l'immature
commodément pour m'en défaire
me réécrit après un grand silence
un long message où il parle d'un rêve
j'y apparais au loin
moi j'ai rêvé d'une fête, une bicoque au Chili
un séducteur un peu macho m'entraînait à part
me volait un baiser avant de décamper
à l'insu des amis
- lesquels, ceux du rêve, je ne sais plus
parmi ceux d'aujourd'hui il y a celle qui
dit des choses qui me touchent et me blessent et me révèlent peut-être
elle dit que c'est étrange, ma distance aux affects
or c'est faux
mais c'est vrai aussi
et comment je peux faire
avec tous ces sens interdits
tourner en rond des plombes
jusqu'au moment où
clouée d'inanité intime
je n'ai plus le choix
les sentiments tapis remontent
du fonds intime sans âge
on s'agite, on remonte le courant
rien à faire, l'histoire intérieure prend un de ces temps
fait fi des impatiences
et m'éclate brièvement au visage
bulle d'huile brûlante
après je me remets à croire
optimisme foncier
cheminement solitaire, mais ça va pas durer
c'est pas l'inanité
J'interprète l'étape
ce qui s'écrit existe
et mon ancien amour
vivant m'habite encore
m'apprend qu'il a passé du temps auprès de moi
d'avoir lu toutes mes pages
ému d'y reconnaître
un trait
un paysage
mercredi 25 janvier 2012
Je me suis trompée.
Séduite par un mec bien. Un homme loyal et sincère.
Bonne nouvelle dîtes donc.
Certes, puisqu'il y a de l'écoute, du respect, de l'attention, de l'estime, de l'affection.
Mais rien de possible pour cette même raison.
j'ai besoin d'aller au bout de mon engagement, il dit ça comme ça
c'est une formule particulière
qui n'est ni un mensonge ni une promesse ni un programme
c'est une posture et des valeurs
pour la tierce c'est dur
y gagner un intime et y perdre un espoir
composer avec les inclinations
le chemin qu'on emprunte est exigent mais je le connais
je te préviens, maintenant tu comptes pour moi
j'ai balancé
moi aussi tu comptes pour moi
- l'émotion a flotté un instant
au rez de son regard baissé
vaincue
par la force des choses
à m'avouer vulnérable
je laisse la main à Dame Fortune
et une ode aux belles âmes
Séduite par un mec bien. Un homme loyal et sincère.
Bonne nouvelle dîtes donc.
Certes, puisqu'il y a de l'écoute, du respect, de l'attention, de l'estime, de l'affection.
Mais rien de possible pour cette même raison.
j'ai besoin d'aller au bout de mon engagement, il dit ça comme ça
c'est une formule particulière
qui n'est ni un mensonge ni une promesse ni un programme
c'est une posture et des valeurs
pour la tierce c'est dur
y gagner un intime et y perdre un espoir
composer avec les inclinations
le chemin qu'on emprunte est exigent mais je le connais
je te préviens, maintenant tu comptes pour moi
j'ai balancé
moi aussi tu comptes pour moi
- l'émotion a flotté un instant
au rez de son regard baissé
vaincue
par la force des choses
à m'avouer vulnérable
je laisse la main à Dame Fortune
et une ode aux belles âmes
vendredi 20 janvier 2012
Humeur douce et presque égale
j'étais désaccordée, recaler l'harmonie
tout n'est pas résolu, mais je sais où j'en suis
il y a de la perspective
dans mon champ
fallait régler l'optique
retrouver la profondeur
savoir que je peux dire : je suis séduite
c'est-à-dire dépossédée
me ramène à moi-même
au jeu des paradoxes
et de l'épreuve du feu
et suis pas la seule embarquée
alors
faut voir ce que ça raconte
ce matin on me dit : "la vie ne prévient pas"
épuisées les conjectures
il ne reste que ça
j'étais désaccordée, recaler l'harmonie
tout n'est pas résolu, mais je sais où j'en suis
il y a de la perspective
dans mon champ
fallait régler l'optique
retrouver la profondeur
savoir que je peux dire : je suis séduite
c'est-à-dire dépossédée
me ramène à moi-même
au jeu des paradoxes
et de l'épreuve du feu
et suis pas la seule embarquée
alors
faut voir ce que ça raconte
ce matin on me dit : "la vie ne prévient pas"
épuisées les conjectures
il ne reste que ça
jeudi 19 janvier 2012
Insomnie des grands chantiers
après son message, sonde à peine sibylline
ce matin salve d'ambivalence,
il est question, sous couvert d'imaginaire et d'épisode hors champ,
de code amoureux
de transports et d'élans
je soutire comme par jeu les intentions - mais rien n'est moins clair
et finis par solliciter une invite au resto, avec désinvolture
(mais faut qu'on parle)
je ne me réjouis pas
je suis inquiète
séduite (seducere)
suis divisée détournée
soir
la vieille complice me somme de me protéger
de veiller à ce prix
qui vaut qu'on ne cède pas
aux sirènes
du besoin d'affection et de reconnaissance
pour un mâle flottant
me rappelle à la cohérence
puis
inspire / expire / poids dans le sol
évacuer les préoccupations
qui remuent en sourdine
sonder en moi une réponse
une évidence
une familiarité
qui ne vient pas
pleine contradiction
j'ai craqué pour encore un homme ambigu, fuyant, brillant, gentil mais égoïste
passionné créateur alambiqué
féminin
et dans quelles conditions
et ce spécimen-là
vraisemblablement est en train de craquer aussi
pour la piquante, marrante, indépendante
qu'il s'imagine que je suis
moi qui ne rêve que de nid douillet, de famille blagueuse, de tablées amicales, de câlins protecteurs, de petits plats, d'attendrissement
(et de voyage aussi)
après son message, sonde à peine sibylline
ce matin salve d'ambivalence,
il est question, sous couvert d'imaginaire et d'épisode hors champ,
de code amoureux
de transports et d'élans
je soutire comme par jeu les intentions - mais rien n'est moins clair
et finis par solliciter une invite au resto, avec désinvolture
(mais faut qu'on parle)
je ne me réjouis pas
je suis inquiète
séduite (seducere)
suis divisée détournée
soir
la vieille complice me somme de me protéger
de veiller à ce prix
qui vaut qu'on ne cède pas
aux sirènes
du besoin d'affection et de reconnaissance
pour un mâle flottant
me rappelle à la cohérence
puis
inspire / expire / poids dans le sol
évacuer les préoccupations
qui remuent en sourdine
sonder en moi une réponse
une évidence
une familiarité
qui ne vient pas
pleine contradiction
j'ai craqué pour encore un homme ambigu, fuyant, brillant, gentil mais égoïste
passionné créateur alambiqué
féminin
et dans quelles conditions
et ce spécimen-là
vraisemblablement est en train de craquer aussi
pour la piquante, marrante, indépendante
qu'il s'imagine que je suis
moi qui ne rêve que de nid douillet, de famille blagueuse, de tablées amicales, de câlins protecteurs, de petits plats, d'attendrissement
(et de voyage aussi)
lundi 16 janvier 2012
Putain j'ai mal au coeur...
(Un truc des jours qui passent, souquer à contre-courant
s'éviter les projections
tenir à distance les tentations
refaire partir la machine aux mille projets
mais voilà, il reste ça
et bien que la tendresse et l'attention ne soient pas interdites à l'amiable
je me retiens - je me tiens - je me préserve - je me réserve
j'ai mal au coeur
encline secrètement à adresser tant de douceur à ce garçon exceptionnel
dont je ne suis pas dupe
et qui m'a séduite en me la jouant à l'envers
et à qui je fais cadeau du temps dont il a besoin
au risque, mais c'est la vie, que ce soit voué à d'autres horizons
- c'est dire combien
déjà
et comme toujours malgré moi
je tiens à lui)
(Un truc des jours qui passent, souquer à contre-courant
s'éviter les projections
tenir à distance les tentations
refaire partir la machine aux mille projets
mais voilà, il reste ça
et bien que la tendresse et l'attention ne soient pas interdites à l'amiable
je me retiens - je me tiens - je me préserve - je me réserve
j'ai mal au coeur
encline secrètement à adresser tant de douceur à ce garçon exceptionnel
dont je ne suis pas dupe
et qui m'a séduite en me la jouant à l'envers
et à qui je fais cadeau du temps dont il a besoin
au risque, mais c'est la vie, que ce soit voué à d'autres horizons
- c'est dire combien
déjà
et comme toujours malgré moi
je tiens à lui)
vendredi 13 janvier 2012
Poésie pour la nuit comme une poire pour la soif
A la mairie ils n'ont toujours pas viré les sapins allumés
13 janvier 2012
sur les marches un jeune homme à bonnet caresse une lumineuse
tablette
des échalas métisses ronchonnent dans le réduit en grignotant leurs nems
CB à partir de 8 euros
trottoirs guirlandes chapeaux
attention peinture fraîche
aux boîtes aux lettres le nouveau s'appelle Swan
au pied de l'escalier mon panier revenu
dimanche, constatant son absence,
j'avais réagi désinvolte
- quelle importance, puisque j'y gagne
imminent
un homme
(je l'espérais)
ce soir, mon panier revenu
presque une larme dans l'escalier aux haleines de vernis
d'avoir brisé à minuit
la rêverie d'une idylle
qui s'immisçait ici
A la mairie ils n'ont toujours pas viré les sapins allumés
13 janvier 2012
sur les marches un jeune homme à bonnet caresse une lumineuse
tablette
des échalas métisses ronchonnent dans le réduit en grignotant leurs nems
CB à partir de 8 euros
trottoirs guirlandes chapeaux
attention peinture fraîche
aux boîtes aux lettres le nouveau s'appelle Swan
au pied de l'escalier mon panier revenu
dimanche, constatant son absence,
j'avais réagi désinvolte
- quelle importance, puisque j'y gagne
imminent
un homme
(je l'espérais)
ce soir, mon panier revenu
presque une larme dans l'escalier aux haleines de vernis
d'avoir brisé à minuit
la rêverie d'une idylle
qui s'immisçait ici
Heureusement qu'il y a un ciel limpide où perdre le regard à la vitre du train - la fée mélancolie s'invite en passagère - les mots s'appliquent à épancher son jeu trouble et douceâtre. Un contrôleur perd l'équilibre, moqué par les confrères bourrus, diversion d'un sourire.
Juste un peu plus vivante certains matins comme ça.
Pensées.
Juste un peu plus vivante certains matins comme ça.
Pensées.
mercredi 11 janvier 2012
Pécho 2012 : checked
un beau travail d'équipe, je m'apprête à écrire à la plus éloquente des copines
avec qui je projetais ça l'autre soir au bar
Y avait du oui
y avait du non
Je ne m'y étais pas trompée
intuition sur toute la ligne
ses hommages subtils au texte
ses intenses encouragements
son indécision même
et cette sincérité
excessive, à s'exposer, exigeant la pareille
alors, improbable et belle
surgit la sempiternelle question : estime, reconnaissance oui mais
que faire du corps ?
d'accorder au désir l'hommage qu'il requiert
c'était donner du jeu aux valeurs
non sans intelligence
on se découvre à peine mais on s'est éprouvés
la plume parfois impérieusement suscite l'intimité
(le style c'est le corps littéraire de l'auteur)
ce n'est pas une histoire faite pour la vie concrète
mais pour les mondes secrets
contingences suspendues
au corps à corps hâtif
élégant et fougueux
aux caresses frisson parfum
aux paroles inextinguibles
aux regards couleur lointain
aux récifs du soi-même heurtés dans l'intermède
aux peines dégoupillées
patiemment sans concession
à rebours des minutes qui aspirent vers un envol
encore un
(d'un transport l'autre)
à la nuit blanche voler ses flashes
peau douce lèvres mouillées sourire vraiment réjoui
la ritournelle émue des beautés saluées
l'homme debout dévêtu puissant et vulnérable
svelte délié impétueux
tu m'as écoutée attentivement
mais entends-tu les femmes ?
car tu ne t'es pas abandonné
au jeu du on-se-dit-tout c'est la carte handicap
tu es venu
encore une histoire tendre
hors champ
les ondes de douceur dans la zone des pensées
exhumée depuis lors des profondes solitudes
un beau travail d'équipe, je m'apprête à écrire à la plus éloquente des copines
avec qui je projetais ça l'autre soir au bar
Y avait du oui
y avait du non
Je ne m'y étais pas trompée
intuition sur toute la ligne
ses hommages subtils au texte
ses intenses encouragements
son indécision même
et cette sincérité
excessive, à s'exposer, exigeant la pareille
alors, improbable et belle
surgit la sempiternelle question : estime, reconnaissance oui mais
que faire du corps ?
d'accorder au désir l'hommage qu'il requiert
c'était donner du jeu aux valeurs
non sans intelligence
on se découvre à peine mais on s'est éprouvés
la plume parfois impérieusement suscite l'intimité
(le style c'est le corps littéraire de l'auteur)
ce n'est pas une histoire faite pour la vie concrète
mais pour les mondes secrets
contingences suspendues
au corps à corps hâtif
élégant et fougueux
aux caresses frisson parfum
aux paroles inextinguibles
aux regards couleur lointain
aux récifs du soi-même heurtés dans l'intermède
aux peines dégoupillées
patiemment sans concession
à rebours des minutes qui aspirent vers un envol
encore un
(d'un transport l'autre)
à la nuit blanche voler ses flashes
peau douce lèvres mouillées sourire vraiment réjoui
la ritournelle émue des beautés saluées
l'homme debout dévêtu puissant et vulnérable
svelte délié impétueux
tu m'as écoutée attentivement
mais entends-tu les femmes ?
car tu ne t'es pas abandonné
au jeu du on-se-dit-tout c'est la carte handicap
tu es venu
encore une histoire tendre
hors champ
les ondes de douceur dans la zone des pensées
exhumée depuis lors des profondes solitudes
samedi 7 janvier 2012
Le choix d'une distance, ou d'une pureté, que sais-je, d'une intégrité
en bordure du monde des contingences (contraintes, anxiétés, grands conforts)
et
de la vie d'observations
de jugements mutuels
qui alimente toute société
expose à plus de vie
à plus d'amour
à plus de solitude aussi
la grande aventure
no compromise
parfois on rencontre des alter ego
écorchés et compliqués
entre l'excès de méfiance et l'excès d'abandon
pourtant
de nouveau
j'y crois
bonne humeur revenue
truc de la vie en mouvement
merci
merci mes amis mélancoliques dont la générosité
dont le goût de la vie
combat
combat depuis des mois
et d'autres des années
chaque minute
la nuit
en bordure du monde des contingences (contraintes, anxiétés, grands conforts)
et
de la vie d'observations
de jugements mutuels
qui alimente toute société
expose à plus de vie
à plus d'amour
à plus de solitude aussi
la grande aventure
no compromise
parfois on rencontre des alter ego
écorchés et compliqués
entre l'excès de méfiance et l'excès d'abandon
pourtant
de nouveau
j'y crois
bonne humeur revenue
truc de la vie en mouvement
merci
merci mes amis mélancoliques dont la générosité
dont le goût de la vie
combat
combat depuis des mois
et d'autres des années
chaque minute
la nuit
samedi 24 décembre 2011
Un mois plus tard et même si je m'observe
avec circonspection
cette quiétude, ce temps qui passe
cette énergie
un peu vaine
tous ces trucs à faire
balader les parents dans paris aux lumières dans la foule
endiguer leurs tensions, leurs blocages, leur gentillesse
leur frustration tellement sophistiquée qu'elle leur dicte leurs certitudes crasses
endiguer leurs remarques débiles et leur enthousiasme juvénile
adulte devenue
revenir à soi
me sens prête
à nouveau
aux affrontements
comme/avec les autres
comme jung/fassbender si justement perçu chez cronenberg
le contrôle et l'abandon
ou : exposer l'ego
encore le grand bain
pour l'altérité, grande aventure
la seule qui vaille ?
non, je ne le crois plus
bref, à risquer le coup
à dire ok rien n'est parfait dans les perspectives
la conjoncture
mais c'est ça ou rien
et d'ici aux horizons d'idylle
il y a des chemins de traverse
pour le savoir : prends la route
pour l'instant rien, on ne se brade pas
je ne suis pas dupe des jeux bidons des soirées sans lendemain
la preuve : même les dragues engoncées et muettes ne sont pas sans conséquence
les vieux trucs surgissent - après mon départ, des drames en direct entre les hôtes
et ça n'en finit pas
il y a des milieux, franchement, quel manque de bon sens
comme dans les sous-couches chez Desplechin
ce soir pacifiquement
un conte de Noël premier degré pour une petite blonde
la trêve, sans enjeux
avec les vieux copains tout va bien
malgré les vacances d'antan
deux ans ont passé quand même
et s'il n'y avait pas
le vieux loup rancunier pour les piqûres de rappel
on n'y penserait même plus
tout ça va ensemble
je n'ai pas à expier indéfiniment des malaises du passé
les relations c'est vivant
j'ai encore un peu peur
mais
pour être retombée sur les vieux messages pas envoyés
je sais
que mes colères étaient légitimes
qu'au fond je tiens la barre
et qu'on se remet bien
des déceptions
(c'est pas une maladie)
Non je louperai pas le coche
Oui misons sur le grand retour du désir
(horizon deux mille douce)
avec circonspection
cette quiétude, ce temps qui passe
cette énergie
un peu vaine
tous ces trucs à faire
balader les parents dans paris aux lumières dans la foule
endiguer leurs tensions, leurs blocages, leur gentillesse
leur frustration tellement sophistiquée qu'elle leur dicte leurs certitudes crasses
endiguer leurs remarques débiles et leur enthousiasme juvénile
adulte devenue
revenir à soi
me sens prête
à nouveau
aux affrontements
comme/avec les autres
comme jung/fassbender si justement perçu chez cronenberg
le contrôle et l'abandon
ou : exposer l'ego
encore le grand bain
pour l'altérité, grande aventure
la seule qui vaille ?
non, je ne le crois plus
bref, à risquer le coup
à dire ok rien n'est parfait dans les perspectives
la conjoncture
mais c'est ça ou rien
et d'ici aux horizons d'idylle
il y a des chemins de traverse
pour le savoir : prends la route
pour l'instant rien, on ne se brade pas
je ne suis pas dupe des jeux bidons des soirées sans lendemain
la preuve : même les dragues engoncées et muettes ne sont pas sans conséquence
les vieux trucs surgissent - après mon départ, des drames en direct entre les hôtes
et ça n'en finit pas
il y a des milieux, franchement, quel manque de bon sens
comme dans les sous-couches chez Desplechin
ce soir pacifiquement
un conte de Noël premier degré pour une petite blonde
la trêve, sans enjeux
avec les vieux copains tout va bien
malgré les vacances d'antan
deux ans ont passé quand même
et s'il n'y avait pas
le vieux loup rancunier pour les piqûres de rappel
on n'y penserait même plus
tout ça va ensemble
je n'ai pas à expier indéfiniment des malaises du passé
les relations c'est vivant
j'ai encore un peu peur
mais
pour être retombée sur les vieux messages pas envoyés
je sais
que mes colères étaient légitimes
qu'au fond je tiens la barre
et qu'on se remet bien
des déceptions
(c'est pas une maladie)
Non je louperai pas le coche
Oui misons sur le grand retour du désir
(horizon deux mille douce)
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