jeudi 18 décembre 2008

exténuée
p. 222
tout peut encore commencer

effrénée

depuis le matin courbatu
la lumière mordante qui traverse les ruelles d'Aix jusqu'à la peau

retour au radar
la vie me tire du sommeil

le corps m'y renvoie

mardi 2 décembre 2008

Sortir du tautologique
angoissant
petit bug personnel

journée exténuée

un truc des nerfs
je m'oublie
par blancs intermittents

angoissante petite boucle personnelle

préoccupée de -

des

mesquineries professionnelles
un plongeon dans l'inanité
de monter ces marches en -fer
la zone est loin
vers l'errance

mais :
comme une aphonie

anxiété impuissance
et toujours la même colère

moins la capacité de la piquer

je ne pique de colère que des nerfs
guerre d'usure

tant de mauvaise foi et
le laisser-aller

me tuent

ce soir je

demain je passe à la casserole des observations en contexte
mais c'est bien
mais c'est ça
qu'il me faut

je rumine secrètement le goût d'encore mettre les voiles
on va pas se ruiner la vie pour un boulot
la vie c'est

c'est au-delà

restez dans la cage étriquée des esprits immatures
soit je vous tire de là les gars
soit je m'en vais

oui j'ai toujours du mal à croire aux vertus de s'en accommoder
un jeu à se damner

lundi 24 novembre 2008

Lundi goût soleil fraîcheur éclatante

les grondements précipités nocturnes n'ont pas eu raison de l'altière phocéenne

il y a de ces week end...
c'est la première de mes sept crémaillères (sans compter les emménagements qui n'ont pas été fêtés) qui me fait l'effet d'un passage

pourtant une seule de mes amis de cœur dans le joyeux mélange :

la gaîté, la danse, les hôtes du lendemain et la balade au Panier à chanter à tue-tête dans le froid soudain abattu sur Marseille insolente

ça y est c'est foutu me balance l'amoureux
pire qu'un PACS
tout le monde nous prend pour un couple

eh oui mon pote
et c'est vrai qu'il était mignon, le jeune musicien au sourire mutin
débarqué vers minuit

désirs vivants

pendant ce temps
mes plus anciens amis amoureux
mes plus proches amis aimés

dans l'œil du cyclone

tenir la barre

étonnantes sautes d'humeur d'un truc qu'on aurait appelé destin
si on pouvait se soulager
- à peu de frais -
de toute responsabilité

mardi 4 novembre 2008

Des festins de sommeil en ce moment, je me lève rassasiée, avec ces trucs qui se digèrent lentement
la grosse colère qui m'a emportée, incrédule, dans sa rafale
il y a deux semaines

avec le sentiment d'impuissance
j'avais beau tempêter m'indigner me raisonner
saloperie de saloperie

tentation d'amalgame entre le bordel social et le minuscule microcosme
d'adultes en charge d'enfants
il me reste encore des pans d'idéal
sans lesquels cet engagement n'a aucun sens

tentation d'évasion
ailleurs autrement ne pas louper l'accomplissement
créatif

regardez-les, eux, ils n'ont aucun doute : alors !...
me balance, bonhomme, l'historien
on vient de gloser dans l'atmosphère feutrée sur des bouquins très contents d'eux
alors ! qu'est-ce que vous attendez...

oui, on dirait bien que ces jours-ci à mon insu quelque chose comme un tournant
on ne fonce pas impunément en deux mois dans deux trois nouvelles voies à la fois
Paris Marseille et un logis d'amoureux

hier à l'abri de la pluie une journée d'insignifiance parfaite on n'a couru après rien
avec juste l'éclat de son sourire au bord de mon regard
la joie de l'évidence
il confiait des trucs persos à la fumée qui s'envolait dans l'humidité orageuse qui n'en finit pas de se répandre - encore une colère impuissante
comme on ouvre avec timidité un poing fermé
des choses que peut-être déjà je savais
qu'il m'avait déjà dites
mais c'était avant
avant de mettre un pas dans le cocon d'une vie pour deux

il me fait encore promettre qu'on restera amants
pas de cette vie de famille
toutes portes closes
décidément je ne comprends pas d'où lui vient cette peur-là
peut-être de moi
peut-être de lui

toutes choses relues au faisceau inquisiteur de l'amitié
entre amies en goguette entre deux gouttes de pluie...

c'est la semaine où un nouvel hiver s'impose

vendredi 17 octobre 2008

Au bord de l'équilibre

verres cassés
en prise aux portes
bousculée

fatigue physique

mais

je ne peux pas m'arrêter
une intox de boulot

une fringale de l'œil et de l'ouïe
lire écouter

comme si la vie était trop étroite
le cerveau turbine
alors : danser

of course je compense
l'absence

de monsieur

qui turbine pareil
amiens paris francfort
barcelone

moui

bon c'est quand qu'on
alors dis donc ce gouffre, là
le vide du ventre c'est quand qu'on

sublimation non mais j'te jure

tandis que tous les mythes modernes s'effondrent avec complaisance et sourires sophistes
ici et là on s'offusque - mais comment donc !? - risible pantomime
(ou tragédie cyclique)

mercredi 1 octobre 2008

je mets un film sur le portable
pour la chambre d'hôtel
au bord de l'Atlantique

il fera frais
et gris

deux jours volés à la Méditerranée
où absurdement je ne me baigne pas
frissons état second
victime d'un refroidissement au point le plus chaud du pays

à traverser pour retrouver la clique aux mélodies clinquantes des Balkans et d'Anatolie
sur une rive de l'Atlantique

tracer d'étranges voyages
volés à la monotonie

et lundi
Paris
où évoquer la très belle
la lente majesté
l'écriture d'Algérie

vendredi 26 septembre 2008

fugace et pleine
une euphorie
lessivée
de soir en bout de semaine
en petit bout joyeux de semaine

ici où des mots des meubles un quotidien
partir au boulot tous les matins
pas encore vraiment senti autre chose que la fatigue
parfois un air de la mer

un air de la mer...

à fredonner comme un sourire
comme le sein ténu de l'amant entre les lèvres aux petites heures du matin

comme les départs les retours les départs

les retours

(ne te retourne pas)