dimanche 9 août 2009

Et la raison, prise pour de la sagesse, vole en éclats

Bombance tranquille de soir d'été sur ce qui est encore un peu notre terrasse
ai-je constaté en reprenant aujourd'hui seulement les bouteilles aux saveurs dorées
vidé le cendrier rempli

des heures de palabre, sans qu'on veuille tout à fait s'en rendre compte
à déjouer ces regards
- mises en garde sans effet -

l'étreinte consolante
dérive en baiser
ravive tous les désirs meurtris
ô le roulis des lèvres et les langues sagaces

on parle encore longtemps
détente joyeuse

avant que se joue la scène prévisible
la grande scène d'amour de nuit

à jalonner notre chemin de nos quelques minces pelures

ton odeur retrouvée
debout profondément goûtée léchée pénétrée les seins conquérants

décliner une énième version de la passion transgressive

pour mieux, étrangement, s'accommoder de l'impossibilité
encore tourner des heures en rond autour de ça toute la journée
non nous ne pouvons pas
aller plus loin

biffer maintes fois le script pour le réécrire

non cette construction-là ne lui correspond pas
il a eu beau ramer
à contre-courant
et moi, même si je voulais, je ne pourrais lâcher prise, trop inquiète, sinon
trop résignée
à l'attendre
Ulysse des Agapes provisoires

Tourner tourner en rond
consommer l'amertume
renoncer à trouver la clé des portes closes

- Et lui qui s'effarouche de sa propension à s'ébrouer des relations puissantes : surtout limiter les dégâts, dit-il - Oh, je participe, moi aussi, et moi j'y ai cru, j'y crois, pourquoi n'y aurait-il pas une voie pour toi et moi, merde à la fin -

Mais

orgueil et intuition relégués,

se résoudre à l'épuisement du voyage et :

Se laisser en chemin



En découdre

lentement

samedi 8 août 2009

J'ai chaud.

Premier jour de vraie solitude : personne.
C'est bien : rééducation, sans béquille, quoi.

Acheté un bougainvilliers au marché aux fleurs ce matin, déjà ça.

Depuis, rester ici.
Ce n'est pas forcément un mal mais
dangers de l'inertie.

Pourtant, veiller à ne sortir que pour
le plaisir.

Surtout pas d'activité contrainte
contrariante.

Peut-être égrener des mots au chapelet des jours perdus

donner de la voix pourquoi pas
continuer là-dessus

mais où ?

je me vois mal gueuler en plein soleil sur les rochers de Malmousque

quelle balade en somme ne m'ennuierait pas ?

Je commence donc par rien. de rien.
Même pas une salade.

vendredi 7 août 2009

Bref c'était une journée de merde

depuis les mots d'hier

j'ai cherché à m'en tirer en projetant des jours d'échappée, mais V. ne m'a pas répondu.
H. a annulé la soirée

à la fin je me suis résolue à rejoindre sur le cours pour une bière
ce couple revenu d'I. pour s'installer ici.

et enfin, minuit vingt, relu toutes les notes de trois années

comme un truc pour se retrouver après s'être fuie.

Peut-être que je pourrai rester là ce week end.

Le corps ouvert, respiration, écrire peut-être
pour lui,
j'ai pensé
ma dernière bouteille, à la mer ou sur le crâne :
m'en délester

jeudi 6 août 2009

A moi-même déjà l'aveu
impossible

de la pure
détresse

car incapable de
perdre

ô déchirure

comme si je ne l'avais retenu qu'un an de plus
contre la fin inéluctable

de ce qui a peut-être avant tout existé en creux
pendant des absences qui n'étaient pas des absences

un mois qu'on navigue à vue
les mots prononcés

mais impossible
impensable
d'exister sans

goulûment partager nos salives

rire de ses tendres clowneries

contempler ses rondeurs et ses grains de beauté
de près

son odeur et sa peau moëlleuse

sa voix
souvent le soir

nos intelligences

son territoire
sa musique

ses rêves

les miens étaient impossibles à partager avec lui - je sais

j'avais mis ça en berne en équilibre
dans l'espoir de...

précipiter la chute


donc il s'oblige à me dire
je ne t'aime plus

et ce n'est pas vrai

mais mortelle erreur de ne pas vouloir le croire

jeudi 21 mai 2009

13.04.07

Quant à savoir si j'accepte le jeu -

en dévalant la rue vers le port du retour elle se demande quel est la part du personnage

- S. A. directeur de S... et les rares bribes qui circulent à son sujet

un homme qui t'attendait dans un bar en lisant un livre en français - entretien informel on avait dit

Le soir j'écoute nos voix - fluidité des propos

"Deux fois ton âge" il a prétendu quand soudain on se tutoie au bout du fil une demi-heure après, je suis sur le bateau

alors pourquoi prolonger l'échange - juste pour évoquer l'onde de plaisir ou de désir surgie d'une heure à bâtons rompus, un truc comme ça

Tu veux dire qu'avec l'expérience on ne s'embarrasse plus de timidité, on envoie : "j'ai failli te demander de t'embrasser"

par pure franchise désintéressée

Vous fumiez de fins cigarillos

j'ai rien calculé

je vous écris

mercredi 20 mai 2009

Pas si limpide...
Deux ans plus tard - mais j'étais déjà dans l'expectative avant l'entrée en matière -
encore une fois sous une sorte de charme
dont je ne sais s'il émane vraiment de l'image trouble apparue à l'écran,
ou bien plutôt
d'une intelligence clairvoyante et qui échappe aux cadres
et non pas (comme je l'avais cru) de l'aura de la fonction (qui a changé d'ailleurs)
et qui n'est que la conséquence de cette intelligence

même si peut-être je joue de la situation pour placer mes projets
bref, pour me faire valoir

(mais non, en fait, puisque l'ambition aurait déjà entretemps eu maintes circonstances où se manifester ainsi)

donc
c'est
une rencontre

une rencontre poétique

avec un homme

de l'âge de mon père

de l'autre bout du continent

pleine de promesses de correspondance
et de complicité

(ou non.)

mais ce que l'histoire dit :
cet homme a eu la délicatesse d'accepter mon retrait,
la simplicité d'accueillir mon retour
et l'intelligence de faire allusion aux désirs d'alors

ce serait mentir de prétendre être seulement l'objet d'une entreprise de séduction
sa douceur me plaît

comme c'est étrange

...

ma vie de jeune femme est ici
auprès d'un jeune homme-bourrasque

quotidien dense, émouvant, mouvementé

...

or
il y a un espace en creux là-dedans
pour un chuchotement intelligible
peut-être

samedi 21 mars 2009

Toujours à courir
après


on ne sait

un bout de dérisoire

je me suis carapatée dans le soir

le jour aura pu sembler frais

survenu après la débauche de rayons

- corps réchauffé

aura passé l'hiver -

toujours ce cap

aujourd'hui fredonner

quelques pages,
de menues courses
vraiment pas envie de sortir
une certaine fatigue due au mauvais blanc d'hier
au réveil un peu tôt ce matin
un certain éblouissement

journée réduite à l'essentiel

larmes à lire
vraiment ça n'arrive jamais

dues au mauvais blanc d'hier ?

ou : à l'essentiel
niché au cœur du dérisoire
on s'accroche à ces choses-là

le bonheur est dans ta main tu ne le voyais pas
autour de toi tourbillonne le trouble

touchée par ça au fond : le bonheur est dans ta main tu ne le voyais pas
et maintenant
tu sais

en passant l'angle de la rue, le livre à peine acquis glissé dans le panier bleu
je me disais quelque chose du même ordre
en fredonnant
ou : "être heureux en temps de crise"
un truc tout naze en apparence
un étonnement fugitif

puis dès les premières pages : la catastrophe mondiale suivie de très loin en 2004
avec une compassion abstraite
rendue soudain intime par le ton juste d'une prose à peine découverte

encore une fois :
humain dévolu à la littérature