Et la raison, prise pour de la sagesse, vole en éclats
Bombance tranquille de soir d'été sur ce qui est encore un peu notre terrasse
ai-je constaté en reprenant aujourd'hui seulement les bouteilles aux saveurs dorées
vidé le cendrier rempli
des heures de palabre, sans qu'on veuille tout à fait s'en rendre compte
à déjouer ces regards
- mises en garde sans effet -
l'étreinte consolante
dérive en baiser
ravive tous les désirs meurtris
ô le roulis des lèvres et les langues sagaces
on parle encore longtemps
détente joyeuse
avant que se joue la scène prévisible
la grande scène d'amour de nuit
à jalonner notre chemin de nos quelques minces pelures
ton odeur retrouvée
debout profondément goûtée léchée pénétrée les seins conquérants
décliner une énième version de la passion transgressive
pour mieux, étrangement, s'accommoder de l'impossibilité
encore tourner des heures en rond autour de ça toute la journée
non nous ne pouvons pas
aller plus loin
biffer maintes fois le script pour le réécrire
non cette construction-là ne lui correspond pas
il a eu beau ramer
à contre-courant
et moi, même si je voulais, je ne pourrais lâcher prise, trop inquiète, sinon
trop résignée
à l'attendre
Ulysse des Agapes provisoires
Tourner tourner en rond
consommer l'amertume
renoncer à trouver la clé des portes closes
- Et lui qui s'effarouche de sa propension à s'ébrouer des relations puissantes : surtout limiter les dégâts, dit-il - Oh, je participe, moi aussi, et moi j'y ai cru, j'y crois, pourquoi n'y aurait-il pas une voie pour toi et moi, merde à la fin -
Mais
orgueil et intuition relégués,
se résoudre à l'épuisement du voyage et :
Se laisser en chemin
En découdre
lentement
dimanche 9 août 2009
samedi 8 août 2009
J'ai chaud.
Premier jour de vraie solitude : personne.
C'est bien : rééducation, sans béquille, quoi.
Acheté un bougainvilliers au marché aux fleurs ce matin, déjà ça.
Depuis, rester ici.
Ce n'est pas forcément un mal mais
dangers de l'inertie.
Pourtant, veiller à ne sortir que pour
le plaisir.
Surtout pas d'activité contrainte
contrariante.
Peut-être égrener des mots au chapelet des jours perdus
donner de la voix pourquoi pas
continuer là-dessus
mais où ?
je me vois mal gueuler en plein soleil sur les rochers de Malmousque
quelle balade en somme ne m'ennuierait pas ?
Je commence donc par rien. de rien.
Même pas une salade.
Premier jour de vraie solitude : personne.
C'est bien : rééducation, sans béquille, quoi.
Acheté un bougainvilliers au marché aux fleurs ce matin, déjà ça.
Depuis, rester ici.
Ce n'est pas forcément un mal mais
dangers de l'inertie.
Pourtant, veiller à ne sortir que pour
le plaisir.
Surtout pas d'activité contrainte
contrariante.
Peut-être égrener des mots au chapelet des jours perdus
donner de la voix pourquoi pas
continuer là-dessus
mais où ?
je me vois mal gueuler en plein soleil sur les rochers de Malmousque
quelle balade en somme ne m'ennuierait pas ?
Je commence donc par rien. de rien.
Même pas une salade.
vendredi 7 août 2009
Bref c'était une journée de merde
depuis les mots d'hier
j'ai cherché à m'en tirer en projetant des jours d'échappée, mais V. ne m'a pas répondu.
H. a annulé la soirée
à la fin je me suis résolue à rejoindre sur le cours pour une bière
ce couple revenu d'I. pour s'installer ici.
et enfin, minuit vingt, relu toutes les notes de trois années
comme un truc pour se retrouver après s'être fuie.
Peut-être que je pourrai rester là ce week end.
Le corps ouvert, respiration, écrire peut-être
pour lui,
j'ai pensé
ma dernière bouteille, à la mer ou sur le crâne :
m'en délester
depuis les mots d'hier
j'ai cherché à m'en tirer en projetant des jours d'échappée, mais V. ne m'a pas répondu.
H. a annulé la soirée
à la fin je me suis résolue à rejoindre sur le cours pour une bière
ce couple revenu d'I. pour s'installer ici.
et enfin, minuit vingt, relu toutes les notes de trois années
comme un truc pour se retrouver après s'être fuie.
Peut-être que je pourrai rester là ce week end.
Le corps ouvert, respiration, écrire peut-être
pour lui,
j'ai pensé
ma dernière bouteille, à la mer ou sur le crâne :
m'en délester
jeudi 6 août 2009
A moi-même déjà l'aveu
impossible
de la pure
détresse
car incapable de
perdre
ô déchirure
comme si je ne l'avais retenu qu'un an de plus
contre la fin inéluctable
de ce qui a peut-être avant tout existé en creux
pendant des absences qui n'étaient pas des absences
un mois qu'on navigue à vue
les mots prononcés
mais impossible
impensable
d'exister sans
goulûment partager nos salives
rire de ses tendres clowneries
contempler ses rondeurs et ses grains de beauté
de près
son odeur et sa peau moëlleuse
sa voix
souvent le soir
nos intelligences
son territoire
sa musique
ses rêves
les miens étaient impossibles à partager avec lui - je sais
j'avais mis ça en berne en équilibre
dans l'espoir de...
précipiter la chute
donc il s'oblige à me dire
je ne t'aime plus
et ce n'est pas vrai
mais mortelle erreur de ne pas vouloir le croire
impossible
de la pure
détresse
car incapable de
perdre
ô déchirure
comme si je ne l'avais retenu qu'un an de plus
contre la fin inéluctable
de ce qui a peut-être avant tout existé en creux
pendant des absences qui n'étaient pas des absences
un mois qu'on navigue à vue
les mots prononcés
mais impossible
impensable
d'exister sans
goulûment partager nos salives
rire de ses tendres clowneries
contempler ses rondeurs et ses grains de beauté
de près
son odeur et sa peau moëlleuse
sa voix
souvent le soir
nos intelligences
son territoire
sa musique
ses rêves
les miens étaient impossibles à partager avec lui - je sais
j'avais mis ça en berne en équilibre
dans l'espoir de...
précipiter la chute
donc il s'oblige à me dire
je ne t'aime plus
et ce n'est pas vrai
mais mortelle erreur de ne pas vouloir le croire
jeudi 21 mai 2009
13.04.07
Quant à savoir si j'accepte le jeu -
en dévalant la rue vers le port du retour elle se demande quel est la part du personnage
- S. A. directeur de S... et les rares bribes qui circulent à son sujet
un homme qui t'attendait dans un bar en lisant un livre en français - entretien informel on avait dit
Le soir j'écoute nos voix - fluidité des propos
"Deux fois ton âge" il a prétendu quand soudain on se tutoie au bout du fil une demi-heure après, je suis sur le bateau
alors pourquoi prolonger l'échange - juste pour évoquer l'onde de plaisir ou de désir surgie d'une heure à bâtons rompus, un truc comme ça
Tu veux dire qu'avec l'expérience on ne s'embarrasse plus de timidité, on envoie : "j'ai failli te demander de t'embrasser"
par pure franchise désintéressée
Vous fumiez de fins cigarillos
j'ai rien calculé
je vous écris
Quant à savoir si j'accepte le jeu -
en dévalant la rue vers le port du retour elle se demande quel est la part du personnage
- S. A. directeur de S... et les rares bribes qui circulent à son sujet
un homme qui t'attendait dans un bar en lisant un livre en français - entretien informel on avait dit
Le soir j'écoute nos voix - fluidité des propos
"Deux fois ton âge" il a prétendu quand soudain on se tutoie au bout du fil une demi-heure après, je suis sur le bateau
alors pourquoi prolonger l'échange - juste pour évoquer l'onde de plaisir ou de désir surgie d'une heure à bâtons rompus, un truc comme ça
Tu veux dire qu'avec l'expérience on ne s'embarrasse plus de timidité, on envoie : "j'ai failli te demander de t'embrasser"
par pure franchise désintéressée
Vous fumiez de fins cigarillos
j'ai rien calculé
je vous écris
mercredi 20 mai 2009
Pas si limpide...
Deux ans plus tard - mais j'étais déjà dans l'expectative avant l'entrée en matière -
encore une fois sous une sorte de charme
dont je ne sais s'il émane vraiment de l'image trouble apparue à l'écran,
ou bien plutôt
d'une intelligence clairvoyante et qui échappe aux cadres
et non pas (comme je l'avais cru) de l'aura de la fonction (qui a changé d'ailleurs)
et qui n'est que la conséquence de cette intelligence
même si peut-être je joue de la situation pour placer mes projets
bref, pour me faire valoir
(mais non, en fait, puisque l'ambition aurait déjà entretemps eu maintes circonstances où se manifester ainsi)
donc
c'est
une rencontre
une rencontre poétique
avec un homme
de l'âge de mon père
de l'autre bout du continent
pleine de promesses de correspondance
et de complicité
(ou non.)
mais ce que l'histoire dit :
cet homme a eu la délicatesse d'accepter mon retrait,
la simplicité d'accueillir mon retour
et l'intelligence de faire allusion aux désirs d'alors
ce serait mentir de prétendre être seulement l'objet d'une entreprise de séduction
sa douceur me plaît
comme c'est étrange
...
ma vie de jeune femme est ici
auprès d'un jeune homme-bourrasque
quotidien dense, émouvant, mouvementé
...
or
il y a un espace en creux là-dedans
pour un chuchotement intelligible
peut-être
Deux ans plus tard - mais j'étais déjà dans l'expectative avant l'entrée en matière -
encore une fois sous une sorte de charme
dont je ne sais s'il émane vraiment de l'image trouble apparue à l'écran,
ou bien plutôt
d'une intelligence clairvoyante et qui échappe aux cadres
et non pas (comme je l'avais cru) de l'aura de la fonction (qui a changé d'ailleurs)
et qui n'est que la conséquence de cette intelligence
même si peut-être je joue de la situation pour placer mes projets
bref, pour me faire valoir
(mais non, en fait, puisque l'ambition aurait déjà entretemps eu maintes circonstances où se manifester ainsi)
donc
c'est
une rencontre
une rencontre poétique
avec un homme
de l'âge de mon père
de l'autre bout du continent
pleine de promesses de correspondance
et de complicité
(ou non.)
mais ce que l'histoire dit :
cet homme a eu la délicatesse d'accepter mon retrait,
la simplicité d'accueillir mon retour
et l'intelligence de faire allusion aux désirs d'alors
ce serait mentir de prétendre être seulement l'objet d'une entreprise de séduction
sa douceur me plaît
comme c'est étrange
...
ma vie de jeune femme est ici
auprès d'un jeune homme-bourrasque
quotidien dense, émouvant, mouvementé
...
or
il y a un espace en creux là-dedans
pour un chuchotement intelligible
peut-être
samedi 21 mars 2009
Toujours à courir
après
on ne sait
un bout de dérisoire
je me suis carapatée dans le soir
le jour aura pu sembler frais
survenu après la débauche de rayons
- corps réchauffé
aura passé l'hiver -
toujours ce cap
aujourd'hui fredonner
quelques pages,
de menues courses
vraiment pas envie de sortir
une certaine fatigue due au mauvais blanc d'hier
au réveil un peu tôt ce matin
un certain éblouissement
journée réduite à l'essentiel
larmes à lire
vraiment ça n'arrive jamais
dues au mauvais blanc d'hier ?
ou : à l'essentiel
niché au cœur du dérisoire
on s'accroche à ces choses-là
le bonheur est dans ta main tu ne le voyais pas
autour de toi tourbillonne le trouble
touchée par ça au fond : le bonheur est dans ta main tu ne le voyais pas
et maintenant
tu sais
en passant l'angle de la rue, le livre à peine acquis glissé dans le panier bleu
je me disais quelque chose du même ordre
en fredonnant
ou : "être heureux en temps de crise"
un truc tout naze en apparence
un étonnement fugitif
puis dès les premières pages : la catastrophe mondiale suivie de très loin en 2004
avec une compassion abstraite
rendue soudain intime par le ton juste d'une prose à peine découverte
encore une fois :
humain dévolu à la littérature
après
on ne sait
un bout de dérisoire
je me suis carapatée dans le soir
le jour aura pu sembler frais
survenu après la débauche de rayons
- corps réchauffé
aura passé l'hiver -
toujours ce cap
aujourd'hui fredonner
quelques pages,
de menues courses
vraiment pas envie de sortir
une certaine fatigue due au mauvais blanc d'hier
au réveil un peu tôt ce matin
un certain éblouissement
journée réduite à l'essentiel
larmes à lire
vraiment ça n'arrive jamais
dues au mauvais blanc d'hier ?
ou : à l'essentiel
niché au cœur du dérisoire
on s'accroche à ces choses-là
le bonheur est dans ta main tu ne le voyais pas
autour de toi tourbillonne le trouble
touchée par ça au fond : le bonheur est dans ta main tu ne le voyais pas
et maintenant
tu sais
en passant l'angle de la rue, le livre à peine acquis glissé dans le panier bleu
je me disais quelque chose du même ordre
en fredonnant
ou : "être heureux en temps de crise"
un truc tout naze en apparence
un étonnement fugitif
puis dès les premières pages : la catastrophe mondiale suivie de très loin en 2004
avec une compassion abstraite
rendue soudain intime par le ton juste d'une prose à peine découverte
encore une fois :
humain dévolu à la littérature
Inscription à :
Articles (Atom)