La sensation des cernes
comme si mûrir par là
vieillir par là
les yeux creusés
et une espèce d'énergie
le mouvement nécessaire où me jette l'émotion
à pic
à cran
un truc de la passion qui ne s'éteint pas malgré l'instabilité de ses objets
qui me colle en tête les caresses fugitives d'un soir avec un inconnu
rencontré au beau milieu de mes amis dans la maison réconfortante et étouffante des vacances
rencontré comme un cadeau après avoir parcouru les kilomètres qui séparent la Provence de la région où je suis née
et d'où il vient
comme spécialement pour mêler sa propre tristesse à la mienne
de quelques regards et de quelques caresses
nous avons les mêmes amis et je ne l'avais jamais vu (mais lui oui)
alors qu'il est si beau
l'histoire peut donc se réécrire
alors
est-ce que je l'appelle ?
...
samedi 29 août 2009
Rentrer
et ses meubles
ne
sont
plus
là
à part ce qu'il a délaissé
comme un voleur pressé
il reste à
combler le vide
mais n'est-ce pas comme ça
depuis une semaine
depuis des mois
depuis le début
et
il y a tout le reste
et
tout ce qui est à moi
est ENCORE LA
je suis ENTIERE
à partir de maintenant
cultiver ce qui est
juste
pour
moi
et ses meubles
ne
sont
plus
là
à part ce qu'il a délaissé
comme un voleur pressé
il reste à
combler le vide
mais n'est-ce pas comme ça
depuis une semaine
depuis des mois
depuis le début
et
il y a tout le reste
et
tout ce qui est à moi
est ENCORE LA
je suis ENTIERE
à partir de maintenant
cultiver ce qui est
juste
pour
moi
dimanche 16 août 2009
dimanche 9 août 2009
Et la raison, prise pour de la sagesse, vole en éclats
Bombance tranquille de soir d'été sur ce qui est encore un peu notre terrasse
ai-je constaté en reprenant aujourd'hui seulement les bouteilles aux saveurs dorées
vidé le cendrier rempli
des heures de palabre, sans qu'on veuille tout à fait s'en rendre compte
à déjouer ces regards
- mises en garde sans effet -
l'étreinte consolante
dérive en baiser
ravive tous les désirs meurtris
ô le roulis des lèvres et les langues sagaces
on parle encore longtemps
détente joyeuse
avant que se joue la scène prévisible
la grande scène d'amour de nuit
à jalonner notre chemin de nos quelques minces pelures
ton odeur retrouvée
debout profondément goûtée léchée pénétrée les seins conquérants
décliner une énième version de la passion transgressive
pour mieux, étrangement, s'accommoder de l'impossibilité
encore tourner des heures en rond autour de ça toute la journée
non nous ne pouvons pas
aller plus loin
biffer maintes fois le script pour le réécrire
non cette construction-là ne lui correspond pas
il a eu beau ramer
à contre-courant
et moi, même si je voulais, je ne pourrais lâcher prise, trop inquiète, sinon
trop résignée
à l'attendre
Ulysse des Agapes provisoires
Tourner tourner en rond
consommer l'amertume
renoncer à trouver la clé des portes closes
- Et lui qui s'effarouche de sa propension à s'ébrouer des relations puissantes : surtout limiter les dégâts, dit-il - Oh, je participe, moi aussi, et moi j'y ai cru, j'y crois, pourquoi n'y aurait-il pas une voie pour toi et moi, merde à la fin -
Mais
orgueil et intuition relégués,
se résoudre à l'épuisement du voyage et :
Se laisser en chemin
En découdre
lentement
Bombance tranquille de soir d'été sur ce qui est encore un peu notre terrasse
ai-je constaté en reprenant aujourd'hui seulement les bouteilles aux saveurs dorées
vidé le cendrier rempli
des heures de palabre, sans qu'on veuille tout à fait s'en rendre compte
à déjouer ces regards
- mises en garde sans effet -
l'étreinte consolante
dérive en baiser
ravive tous les désirs meurtris
ô le roulis des lèvres et les langues sagaces
on parle encore longtemps
détente joyeuse
avant que se joue la scène prévisible
la grande scène d'amour de nuit
à jalonner notre chemin de nos quelques minces pelures
ton odeur retrouvée
debout profondément goûtée léchée pénétrée les seins conquérants
décliner une énième version de la passion transgressive
pour mieux, étrangement, s'accommoder de l'impossibilité
encore tourner des heures en rond autour de ça toute la journée
non nous ne pouvons pas
aller plus loin
biffer maintes fois le script pour le réécrire
non cette construction-là ne lui correspond pas
il a eu beau ramer
à contre-courant
et moi, même si je voulais, je ne pourrais lâcher prise, trop inquiète, sinon
trop résignée
à l'attendre
Ulysse des Agapes provisoires
Tourner tourner en rond
consommer l'amertume
renoncer à trouver la clé des portes closes
- Et lui qui s'effarouche de sa propension à s'ébrouer des relations puissantes : surtout limiter les dégâts, dit-il - Oh, je participe, moi aussi, et moi j'y ai cru, j'y crois, pourquoi n'y aurait-il pas une voie pour toi et moi, merde à la fin -
Mais
orgueil et intuition relégués,
se résoudre à l'épuisement du voyage et :
Se laisser en chemin
En découdre
lentement
samedi 8 août 2009
J'ai chaud.
Premier jour de vraie solitude : personne.
C'est bien : rééducation, sans béquille, quoi.
Acheté un bougainvilliers au marché aux fleurs ce matin, déjà ça.
Depuis, rester ici.
Ce n'est pas forcément un mal mais
dangers de l'inertie.
Pourtant, veiller à ne sortir que pour
le plaisir.
Surtout pas d'activité contrainte
contrariante.
Peut-être égrener des mots au chapelet des jours perdus
donner de la voix pourquoi pas
continuer là-dessus
mais où ?
je me vois mal gueuler en plein soleil sur les rochers de Malmousque
quelle balade en somme ne m'ennuierait pas ?
Je commence donc par rien. de rien.
Même pas une salade.
Premier jour de vraie solitude : personne.
C'est bien : rééducation, sans béquille, quoi.
Acheté un bougainvilliers au marché aux fleurs ce matin, déjà ça.
Depuis, rester ici.
Ce n'est pas forcément un mal mais
dangers de l'inertie.
Pourtant, veiller à ne sortir que pour
le plaisir.
Surtout pas d'activité contrainte
contrariante.
Peut-être égrener des mots au chapelet des jours perdus
donner de la voix pourquoi pas
continuer là-dessus
mais où ?
je me vois mal gueuler en plein soleil sur les rochers de Malmousque
quelle balade en somme ne m'ennuierait pas ?
Je commence donc par rien. de rien.
Même pas une salade.
vendredi 7 août 2009
Bref c'était une journée de merde
depuis les mots d'hier
j'ai cherché à m'en tirer en projetant des jours d'échappée, mais V. ne m'a pas répondu.
H. a annulé la soirée
à la fin je me suis résolue à rejoindre sur le cours pour une bière
ce couple revenu d'I. pour s'installer ici.
et enfin, minuit vingt, relu toutes les notes de trois années
comme un truc pour se retrouver après s'être fuie.
Peut-être que je pourrai rester là ce week end.
Le corps ouvert, respiration, écrire peut-être
pour lui,
j'ai pensé
ma dernière bouteille, à la mer ou sur le crâne :
m'en délester
depuis les mots d'hier
j'ai cherché à m'en tirer en projetant des jours d'échappée, mais V. ne m'a pas répondu.
H. a annulé la soirée
à la fin je me suis résolue à rejoindre sur le cours pour une bière
ce couple revenu d'I. pour s'installer ici.
et enfin, minuit vingt, relu toutes les notes de trois années
comme un truc pour se retrouver après s'être fuie.
Peut-être que je pourrai rester là ce week end.
Le corps ouvert, respiration, écrire peut-être
pour lui,
j'ai pensé
ma dernière bouteille, à la mer ou sur le crâne :
m'en délester
jeudi 6 août 2009
A moi-même déjà l'aveu
impossible
de la pure
détresse
car incapable de
perdre
ô déchirure
comme si je ne l'avais retenu qu'un an de plus
contre la fin inéluctable
de ce qui a peut-être avant tout existé en creux
pendant des absences qui n'étaient pas des absences
un mois qu'on navigue à vue
les mots prononcés
mais impossible
impensable
d'exister sans
goulûment partager nos salives
rire de ses tendres clowneries
contempler ses rondeurs et ses grains de beauté
de près
son odeur et sa peau moëlleuse
sa voix
souvent le soir
nos intelligences
son territoire
sa musique
ses rêves
les miens étaient impossibles à partager avec lui - je sais
j'avais mis ça en berne en équilibre
dans l'espoir de...
précipiter la chute
donc il s'oblige à me dire
je ne t'aime plus
et ce n'est pas vrai
mais mortelle erreur de ne pas vouloir le croire
impossible
de la pure
détresse
car incapable de
perdre
ô déchirure
comme si je ne l'avais retenu qu'un an de plus
contre la fin inéluctable
de ce qui a peut-être avant tout existé en creux
pendant des absences qui n'étaient pas des absences
un mois qu'on navigue à vue
les mots prononcés
mais impossible
impensable
d'exister sans
goulûment partager nos salives
rire de ses tendres clowneries
contempler ses rondeurs et ses grains de beauté
de près
son odeur et sa peau moëlleuse
sa voix
souvent le soir
nos intelligences
son territoire
sa musique
ses rêves
les miens étaient impossibles à partager avec lui - je sais
j'avais mis ça en berne en équilibre
dans l'espoir de...
précipiter la chute
donc il s'oblige à me dire
je ne t'aime plus
et ce n'est pas vrai
mais mortelle erreur de ne pas vouloir le croire
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