lundi 7 septembre 2009

Je suis fâchée, non : peinée, que celle avec qui j'ai partagé à deux reprises le quotidien, que j'ai accompagnée dans des moments, pas n'importe lesquels, et qui m'a accompagnée aussi

ne trouve rien d'autre à me dire, au téléphone

que : machine m'a rapporté que, et j'en ai marre.

outre le petit mail pour rétablir les faits

je me dis que quand même, vu la période que je traverse
elle aurait pu me dire autre chose

elle aurait aussi pu prendre l'initiative de m'appeler

elle aurait pu se préoccuper de moi, en somme

- rien de plus, car je respecte ce qu'elle vit en ce moment, sur la sphère diamétralement opposée.

Et même : je suis triste de ne pouvoir m'en réjouir davantage, partager ce bonheur-là
(je ne peux pas, alors qu'avec la danseuse je peux
mais l'une est ma sœur, et l'autre mon éclaireuse.)

en tout cas, c'est dommage.
ça ne gâchera probablement pas l'essentiel, mais quand même.
il faudra que je trouve la façon de lui dire
sans que nous n'entrions en palabres infinis

malheureusement, j'ai bien peur qu'il n'y ait pas d'alternatives
vu l'excès de paroles dans lequel nous versons de plus en plus.

pas garder ça sur le cœur pourtant.
y réfléchir.

dimanche 6 septembre 2009

tu as eu tellement peur d'aimer, de te perdre dans l'amour, d'être trahi si tu lâchais prise, que le contraire s'est produit,à force de te vouloir libre, vigilant, tout à fait indépendant, observateur de toi-même : l'angoisse t'a étreint d'être engagé dans une histoire forte de connivence, de confiance et de fidélité.
La peur de l'aliénation, mais alors une peur irrationnelle, infondée, la friture sur la ligne. Le bug.
La danseuse m'écrit instantanément :
c'est poser les choses autrement, situation douloureuse mais juste, saine. Se revoir sans le trouble émotionnel qui fausse les actes. Ça prend du temps mais ne laissera rien en suspens.

La danseuse toute en rondeur. Avec émotion je m'aperçois, et le lui dis, que depuis toutes ces années elle est allée vers l'expression de sa féminité, une grâce. Elle qui sur les photos voit le petit mec teigneux qu'elle était à son arrivée en Tr.

Et j'éprouve une tendresse heureuse à son égard, une toute petite étincelle qui adoucit les aspérités abruptes de la pierre coincée dans la cage.

Ma mie, ma danseuse, mon éclaireuse.

vendredi 4 septembre 2009

Que c'est long, long long
d'en finir

comme si au fond
je ne pouvais m'y résoudre

habitée
par l'amour

et comme dans Clair de femme
il me faudra pour en découdre
aimer un autre homme pour garder le feu vivant
- qui me brûle à l'intérieur
faute d'être voué à quiconque

au moindre coup de vent
embrasée
en vain

jeudi 3 septembre 2009

Bain de sueur, au moins voilà
défaillir faute de manger
slalom en vélo entre les badauds de la rentrée et du ramadan
ça n'a aucun sens de faire les boutiques, putain, tuer le temps trop lourd
trop lourd trop lourd
je me sens vite en chute libre
dès qu'on ne me répond pas, quand je ne vois personne, quand je comprends aussi
qu'une rêvasserie sans objet n'a décidément pas de fondement
un jeune homme croisé au début de l'été, sur twitter en quelques mots comprendre que la rentrée des minots doit concerner le sien
et que derrière un tel message il y a une harmonieuse vie de couple
ce n'est pas du dépit
non :
je l'envie
d'accord moi j'ai tout le temps de faire exactement ce que je veux
mais ce que je veux
c'est ça, merde
amener un tout jeune enfant à l'école
oui, exactement
et partager bien plus qu'un lit ou des vacances ou même de la vaisselle
bordel
avec l'homme qui aurait eu le courage et l'amour et l'optimisme
de fabriquer cette vie et cet enfant-là
avec moi

mercredi 2 septembre 2009

Là il est plus de trois heures du mat' mais c'est important (l'heure du blog dit n'importe quoi)
1er septembre enfin une journée debout pour de vrai, juchée sur les talons
ce matin réveil empêtré pourtant dans la toile accablante
en plus dans la matinale ils servaient la soupe au ministre, désolant
mais
fourmillement familier du boulot retrouvé, ses lassitudes prévisibles et les perspectives joyeuses de menus projets
ça m'occupe
l'acuité de ma fine mouche de collègue qui m'a fait tant de bien hier, encore un clou pour assurer ma confiance vacillante
et la présence des hommes
souriants


ce soir avant de partir boire des verres
un message de l'inconnu : une révérence loyale ; je respire : j'existe
un appel aussi de l'homme que j'aimais, je maintiens la distance de bon aloi avec écoute et sincérité

Le film renversant d'Audiard

retour, je réponds à l'inconnu, sincère et réglo avec des mots coquins quand même pour le trouble
- pour exister
Ne m'oublie pas

retour au monde des tractations affectives
sensuelles

oh là là peut-être vais-je sortir la tête de l'eau

peut-être que de nouveau
je vais m'y croire un peu

saisir par grandes goulées le soleil nonchalant de Marseille
goûter les minutes une à une

lundi 31 août 2009

Aspirée par l'écran
pour éviter tout le reste
accablant oui

aspirée par ce qui n'a aucun sens
nostalgie d'un amour de vacances

comme si j'avais quinze ans

les profondeurs sont tellement douloureuses
renoncement

en surface ça va
en théorie
je gère

mais peut-être que tout ça
c'est du laissez-aller

et aussi que ça fait quatre ans que je suis seule
c'est aveuglant sur la terrasse en plein soleil
puisque ma vie ne semble pas tellement

en surface

avoir changé