vendredi 13 novembre 2009

non non mais tout va bien
- c'est vrai en plus -
juste à l'épreuve du quotidien
mon vélo : volé
le gaz : coupé
le plombier : absent

mais j'ai l'intuition que ça va rouler
non pas forcément une histoire d'a.
mais la reprise de confiance fait son œuvre
je me sens prête à affronter la réalité
avec ses coupures de gaz et les garçons qui ne répondent pas
Voilà, c'est ce que ça veut dire
c'est pourquoi il me fallait venir écrire

pour m'apprendre que je retombe sur mes pattes
que l'agacement passe

pourvu que la curiosité demeure
que je sois parmi mes pairs

non, je n'ai nullement agi de façon précipitée avec f.
on verra s'il y a une issue
et s'il n'y en a pas
eh bien c'est que ce ne serait pas une histoire pour moi

c'est bien si j'arrive à me défaire de cet ultime résidu
de mon amour-croyance pour l'immature

en acceptant que les dévolus jetés
ne m'aient pas radicalement fourvoyée, ni compromise

autrement dit, et je reprends l'essence du dialogue avec la danseuse :
vouloir que mon coup de cœur soit le signe de quelque chose de profond, et de durable,
ce serait de l'orgueil
cette excroissance narcissique brandie comme un dard
quand on a peur de tomber

bref, je n'avais pas arrêté la machine en passant du regret de l'un au fantasme de l'autre
la machine à s'auto-persuader
d'un avenir de couple
d'un avenir familial

c'est dur de lutter contre la peur de l'impasse totale
mais ça bouge en moi
mes amis deviennent parents
ça me réjouit, ça m'inspire et ça remue un peu la tristesse

tout ça devrait m'arriver aussi
il ne faut pas que je m'inquiète
il ne faut pas que je me cabre

je préconise l'éclat de rire
et ça peut tenir, malgré le vélo volé et les coupures de gaz
et l'expectative
est-ce que tu vas m'appeler ?
est-ce que je vais t'écrire ?

en attendant, je pourrais bosser
ce serait pas du luxe

lundi 9 novembre 2009

A l'heure fraîche où je suis rentrée
éprouver de l'entrain :
le voyage pour rentrer chez moi je le faisais dans l'autre sens
il y a trois ans
deux fois je suis arrivée enthousiaste dans la douceur de Provence
c'est dingue quand même en trois ans il y en a des trucs qui se sont passés
pour que la trajectoire s'inverse
Je rentre d'I. à M.
lumières en bord de mer

je me suis fait accueillir avec un tajine au poulet
ça c'est la classe

donc il ne reste plus qu'à faire attention
à ne pas se laisser avoir par l'inertie
et les apparences
et l'écran

j'ai comme l'impression d'avoir digéré, là
(rehab à I., c'est trendy)

Ready for the new adventures

dimanche 8 novembre 2009

Et voilà
une semaine de bouclée
en beauté
le soleil a repris ses droits
et moi je reprends la route

entretemps le virage bien négocié
du cuir de la soie du jean
un baiser dans un ascenseur
concrétise-mais à peine
ce fantasme entre S. et moi qui réapparaît à l'occasion
c'était simple et c'était - presque - imprévu
improvisé
sans suite

la suite et l'essentiel ce sont ces grands fous-rires
et ces discussions à bâtons rompus
de ces amis qui sont mes hôtes
qui m'accompagnent dans cette nouvelle voie-là
tandis qu'eux sont sur le point d'accueillir leur enfant
un nouveau rieur parmi eux
pour fureter encore un peu partout
avec curiosité et gourmandise
le vaste petit monde
où partout ils sont chez eux
et dont ils font une auberge chaleureuse
pour les copains d'abord

mardi 3 novembre 2009

Ouf
pas passée loin du tabula rasa
j'étais en train de me raisonner en remontant sous ce joli soleil automnal qui a repris ses droits
en me disant
eh bien voilà
qu'est-ce que tu veux ?
absente de toi-même au point de passer à côté de la vie
rien de satisfaisant, là
laisse celui qui ne manquera pas de te débusquer
venir
t'es quand même pas un produit de second choix
lâche tes attentes à la noix

il y a deux heures le message de la première de la liste de l'hiver
à mettre au monde

forcément je me retrouve ici à pas bien savoir ce que je fous là
comme projetée plus de trois ans en arrière
les choses construites dissoutes
et les projets intimes en déroute

en rentrant je regardais ça en me disant : mais de toute façon tu le savais
que ça pouvait tourner comme ça
l'histoire
commencée ici-même il y a près de trois ans,
alors
rien que de très normal
c'est fait, voilà, la suite maintenant

mais ouf
j'avais une réponse
une toute petite réponse
badine

et juste t'embrasse belle à la peau étoilée

c'est une ouverture
une toute petite ouverture

c'est joli en plus
c'est flatteur
un tout petit air poétique
dans ce silence un peu grossier

mon instinct ne m'avait pas complètement trompée
pas de quoi devenir nihiliste
ou nonne

il y a donc un garçon pour passer peut-être encore
une nuit et quelques
avec moi

et même si c'est l'impasse
à terme
au moins l'éprouver
sur le terrain

je préfère mille fois les rancœurs les pleurs les morsures
au néant

voilà pourquoi tant de gens ne supportent pas d'être seuls

et puis merde
je ne suis vraiment pas pour le mutisme

lundi 2 novembre 2009

Oui mais voilà, soufflé retombé
c'est un jour sans

plus de dead line
il fait moche
il n'y a personne

je me sens seule

plus aucun sens à faire quoi que ce soit
comme d'hab

un petit coup de blues, quoi

et voilà que j'ai répondu au mail commun de F
sur un ton badin évidemment

je me mets en jeu

j'ai raison

au moins savoir à quoi (ne pas) s'en tenir

c'est toujours ingrat ce genre de situations

mais les séducteurs professionnels eux-mêmes rappellent combien de râteaux ils se prennent
ce n'est pas indigne
d'écrire au bout de 15 jours non plus

je ne me cache vraiment pas mes intentions
et en regardant les choses froidement
je ne suis pas trop à plaindre, c'est le creux de la vague mais je fais l'objet d'attentions

oui mais voilà
c'est dur

seule depuis des mois
d'enchaîner la solitude au chagrin
en maintenant le niveau de pêche, de bonne grâce, de sexy attitude et de solidité à flot
la plupart du temps pour rien
à part pour le boulot
et là ce n'est plus le moment

il paraît que la libido c'est une énergie psychique
que faire de la mienne ?
danser
écrire
espérer

pas envie de draguer n'importe qui
ni de faire semblant que cette ville m'est inconnue

plutôt :
continuer ça
aller écrire pour moi dans les cafés chaleureux
En parlant de F
il ne m'écrit pas
sauf si on compte les messages communs

je suis l'auteure de la dernière réplique
et comme dans ces jeux-là ça compte
je ne moufte plus

je remets à plus tard
à la date dite
mais j'aurais bien aimé
un peu de correspondance

j'évite de me perdre en conjectures
je prends le temps de cheminer vers mes horizons sereins
et certains

mais quand même
je ne comprends pas

cette absence de message qui ne signe ni un refus
ni un consentement
ni même une fuite
juste une vacance

alors juste je lui laisse, aussi, le temps de cheminer
vers on ne sait quoi puisque rien n'indique qu'on se reverra
- quant au reste...
Hier je l'ai revu
et c'est fou ce qu'il est beau

et à l'évidence
- t'as beau laisser passer des années à distance -
on s'aime

ce n'est même pas troublant
à moins que ce soit l'effet insidieux de la poire
et de se retrouver parmi les mêmes amis

mais au fond
je ne crois pas

Tout était là, intact
de notre admiration, de notre écoute et de nos frictions

un truc inexplicable

alors surtout ne pas se retrouver tous les deux
ce que j'ai présenté à F comme des zones de fragilité
c'est le risque de succomber au désir
ou à la discorde

En rentrant, parce qu'il fallait échapper à cette longue nuit de mecs enfumée
ils renâclaient à m'écouter
peut-être à cause de leur vision romantique qui ne souffre pas de conseils

il faisait super froid
et personne n'est venu remplir le mini-bus jaune des trajets nocturnes Europe-Asie
j'ai fait la route seule
c'est bien la première fois