c'est rien, c'est juste un brin de désespoir, ça va passer, non non rien, je travaille dessus, je te jure, la preuve j'ai vu Le rayon vert de Rohmer pour faire mûrir, pour faire bouger les lignes. Ce kitsch émouvant autour de la solitude exigeante et patiente et somme toute si naturelle.
Tu veux tout toujours trop vite.
Eh bien oui.
Tout.
Toujours.
Trop.
Vite.
Déjà qu'on m'a quittée, en plus il faudrait que je sois patiente ?
Que j'accepte le célibat avec entrain, que je vive une super vie indépendante ?
Oui oui d'accord.
Que j'évite de penser à un type que je m'interdis d'appeler par fierté.
Alors que je sais très bien que ce serait compliqué de toute façon.
Eh ben merde.
C'est pas parce que c'est normal,
cette confusion,
et le temps qu'il faut pour se reconstruire
solide équilibrée tout ça
que c'est
facile
dimanche 22 novembre 2009
samedi 21 novembre 2009
Elle me dit : "Ce que je comprends, c'est qu'il se barricade. Ce sont deux solitudes qui se sont rencontrées. Il y a eu des confidences, ce n'est pas anodin. Les choses s'éclairciront à la deuxième rencontre.
- Oui moi aussi j'ai peur d'ailleurs. C'est finalement plus important que je ne voulais l'avouer. Mais peut-être juste une transition. Enfin si on croit aux signes il fallait qu'on se rencontre de toute façon.
- Ah oui moi j'y crois, c'est sûr.
- Voilà, j'ai appris qu'une copine l'avait hébergé, à Paris, il y a un an, complètement par hasard, un plan couch surfing, et j'étais chez elle ce jour-là, on est parties avant qu'il n'arrive. Elle en avait pas mal parlé, et cette histoire je ne m'en souvenais absolument plus, comment faire le lien d'ailleurs, aucun rapport. Quoi qu'il en soit on s'est peut-être quand même rencontrés trop tôt. Enfin bon c'est toujours trop tôt.
- Oui, et vous vous réservez peut-être pour quelque chose de mieux, où il y aura moins de questions.
- Tu crois, quelque chose de mieux ?"
Je cracherais dans la soupe comme ça, moi ?
Certaines théories de la métempsychose et de la psychologie évoquent pourtant le retour des mêmes situations, pour leur faire, enfin, un sort. Alors quoi ? Encore un que je devrais persuader de sauter le pas ? Pour quoi faire ? Essuyer des plâtres, encore ?
M'en fous, au moins je crois avoir compris les enjeux : ce faux je m'en foutisme me pesait, or c'est probablement un silence éloquent. Désormais, il y a la part du hasard, certes, mais aussi quelques cartes à jouer. Ou pas.
- Oui moi aussi j'ai peur d'ailleurs. C'est finalement plus important que je ne voulais l'avouer. Mais peut-être juste une transition. Enfin si on croit aux signes il fallait qu'on se rencontre de toute façon.
- Ah oui moi j'y crois, c'est sûr.
- Voilà, j'ai appris qu'une copine l'avait hébergé, à Paris, il y a un an, complètement par hasard, un plan couch surfing, et j'étais chez elle ce jour-là, on est parties avant qu'il n'arrive. Elle en avait pas mal parlé, et cette histoire je ne m'en souvenais absolument plus, comment faire le lien d'ailleurs, aucun rapport. Quoi qu'il en soit on s'est peut-être quand même rencontrés trop tôt. Enfin bon c'est toujours trop tôt.
- Oui, et vous vous réservez peut-être pour quelque chose de mieux, où il y aura moins de questions.
- Tu crois, quelque chose de mieux ?"
Je cracherais dans la soupe comme ça, moi ?
Certaines théories de la métempsychose et de la psychologie évoquent pourtant le retour des mêmes situations, pour leur faire, enfin, un sort. Alors quoi ? Encore un que je devrais persuader de sauter le pas ? Pour quoi faire ? Essuyer des plâtres, encore ?
M'en fous, au moins je crois avoir compris les enjeux : ce faux je m'en foutisme me pesait, or c'est probablement un silence éloquent. Désormais, il y a la part du hasard, certes, mais aussi quelques cartes à jouer. Ou pas.
L'une des vertus de ce blog
c'est qu'en relisant
les notes des trois derniers mois
je comprends bien pourquoi j'en suis là
moi qui voudrais m'ébrouer de la lourdeur
retrouver mon entrain
être la plus légère la plus séduisante
possible
la plus dégagée
pour ne pas rater le coche
mais tu parles
y a du lourd, là, en bagage émotionnel
"A un étage il y a le bonheur et la satisfaction, à un autre étage il y a le chagrin et la culpabilité, tu ne peux pas ne pas le comprendre, bien sûr que je le comprends je me hâte de répondre, et pourtant dans mon for intérieur je m'interroge, est-ce vraiment une chose à faire à nos enfants que de leur imposer d'être le verre cassé sous le dais du mariage en souvenir de la destruction ?"
Théra, Zeruya Shalev
c'est qu'en relisant
les notes des trois derniers mois
je comprends bien pourquoi j'en suis là
moi qui voudrais m'ébrouer de la lourdeur
retrouver mon entrain
être la plus légère la plus séduisante
possible
la plus dégagée
pour ne pas rater le coche
mais tu parles
y a du lourd, là, en bagage émotionnel
"A un étage il y a le bonheur et la satisfaction, à un autre étage il y a le chagrin et la culpabilité, tu ne peux pas ne pas le comprendre, bien sûr que je le comprends je me hâte de répondre, et pourtant dans mon for intérieur je m'interroge, est-ce vraiment une chose à faire à nos enfants que de leur imposer d'être le verre cassé sous le dais du mariage en souvenir de la destruction ?"
Théra, Zeruya Shalev
mercredi 18 novembre 2009
Ô merveille
vive la danse
ça a pris des heures
sous pression
chaque geste : des tonnes
et puis
il a suffi
qu'il me colle contre lui
par la grâce du mouvement
qu'il me porte
me fasse tout doucement tourner
que sous sa main des ondes se propagent
sous la peau
et qu'il me tienne la tête
pour m'éviter les chocs
pour que le souffle me revienne
et circule
c'est mon corps qui crie famine
et entraîne cette intense déprime
qui oriente ma colère
vers un homme qui, sans se dérober,
se fait désirer
un parfait fantasme
un ectoplasme où s'accumulent mes émotions
il suffit qu'un danseur
me prenne dans ses bras
pour m'apaiser
peut-être que lui
c'est un homme avec qui
je n'aurais pas mal
évidemment je me dis ça
en ces temps de famine
et d'errance
mais pas de bol
la petite clique part en tournée
presque un mois
il ne me reste plus
qu'à me jeter à corps perdu
dans la vie
ça fait mal
vive la danse
ça a pris des heures
sous pression
chaque geste : des tonnes
et puis
il a suffi
qu'il me colle contre lui
par la grâce du mouvement
qu'il me porte
me fasse tout doucement tourner
que sous sa main des ondes se propagent
sous la peau
et qu'il me tienne la tête
pour m'éviter les chocs
pour que le souffle me revienne
et circule
c'est mon corps qui crie famine
et entraîne cette intense déprime
qui oriente ma colère
vers un homme qui, sans se dérober,
se fait désirer
un parfait fantasme
un ectoplasme où s'accumulent mes émotions
il suffit qu'un danseur
me prenne dans ses bras
pour m'apaiser
peut-être que lui
c'est un homme avec qui
je n'aurais pas mal
évidemment je me dis ça
en ces temps de famine
et d'errance
mais pas de bol
la petite clique part en tournée
presque un mois
il ne me reste plus
qu'à me jeter à corps perdu
dans la vie
ça fait mal
lundi 16 novembre 2009
S'impose
la solitude
douceur du soir
bruissement d'étourneaux
mon univers urbain
cliquetis du tram
ronronnement d'aspirateur chez les voisins
seule enfin
larguer l'espoir d'être comblée
se laisser aller
à l'amer
à ce goût si particulier
seule
renoncer à l'espoir de plaire
juste :
disposée à désirer
un suspens sur le chemin
l'horizon est bien là
ouvert
la solitude
douceur du soir
bruissement d'étourneaux
mon univers urbain
cliquetis du tram
ronronnement d'aspirateur chez les voisins
seule enfin
larguer l'espoir d'être comblée
se laisser aller
à l'amer
à ce goût si particulier
seule
renoncer à l'espoir de plaire
juste :
disposée à désirer
un suspens sur le chemin
l'horizon est bien là
ouvert
samedi 14 novembre 2009
Et plus tôt dans le soir,
j'ai compris
le truc c'est que je voudrais que tout se précipite
pour évincer la terrible peur que j'ai au ventre
en fait
en fait c'est moi qui flippe grave
vite jetons-nous les yeux fermés dans le vide
parce que les yeux ouverts j'oserai jamais
évidemment
je viens quand même de me ramasser bien comme il faut
saisie de tremblement en ouvrant le dossier remisé dans un coin du crâne
j'ai donc relu les messages-clés de l'amour allumé, consumé et étouffé
de mes dernières années
pour affronter ces peurs-là bien en face
pour pleurer un bon coup comme je ne l'ai pas fait depuis des mois
pour me retrouver moi
et pas l'inconnue qui tentait de s'approprier la maison délaissée par l'amour
pour accepter enfin
qu'ici et maintenant je ne peux rien savoir
d'un futur nouveau plantage
le seul truc à faire c'est d'essayer
accepter d'avoir envie et d'avoir peur à la fois
et puis voilà
rien n'est écrit
cette vaste affaire de contingences
et
j'ai compris
le truc c'est que je voudrais que tout se précipite
pour évincer la terrible peur que j'ai au ventre
en fait
en fait c'est moi qui flippe grave
vite jetons-nous les yeux fermés dans le vide
parce que les yeux ouverts j'oserai jamais
évidemment
je viens quand même de me ramasser bien comme il faut
saisie de tremblement en ouvrant le dossier remisé dans un coin du crâne
j'ai donc relu les messages-clés de l'amour allumé, consumé et étouffé
de mes dernières années
pour affronter ces peurs-là bien en face
pour pleurer un bon coup comme je ne l'ai pas fait depuis des mois
pour me retrouver moi
et pas l'inconnue qui tentait de s'approprier la maison délaissée par l'amour
pour accepter enfin
qu'ici et maintenant je ne peux rien savoir
d'un futur nouveau plantage
le seul truc à faire c'est d'essayer
accepter d'avoir envie et d'avoir peur à la fois
et puis voilà
rien n'est écrit
cette vaste affaire de contingences
et
Qu'en avais-je à battre, finalement, de paraître ceci ou cela
quand l'inertie d'un désespoir insidieux me rattrape au petit matin
et je ne lâche pas mon combat loyal
le plus bizarre, c'est que ça n'empêche pas d'évoluer quand même
alors je l'ai appelé
il est dans le train pour la toute petite ville
qui est celle de l'immature
et même celle où nous avons conclu il y a deux ans un pacte
ah, ces coïncidences
donc on s'entendait mal
et c'était agréable
courtois
anodin
(à relire ces lignes je suis stupéfiée du double-sens
j'espère que ce n'est pas un programme)
aimablement propice à la rencontre
ce qui est évidemment bon signe donc je n'ai guère de quoi me plaindre
je suis juste
au fond
et comme malgré moi
extrêmement impatiente
d'ailleurs je n'ai aucune date à me mettre sous la dent
la ligne a coupé
son message ensuite disait :
bientôt
j'en ai ras-le-bol d'attendre
mais alors
ras-le-bol
je m'étonne d'être aussi détachée au téléphone
ce qui m'indique que je ne vais peut-être pas lui sauter dessus
malgré ma diligence extrême puisque c'est toujours moi qui relance
je le ménage
je me demande si je n'ai pas passé ma vie à faire ça
ménager des garçons
évidemment, ici je peux le dire
en confidence
parce que je n'assume pas du tout, en vrai
j'aimerais vraiment adhérer au détachement que j'affecte
(et qui ne trompe certainement personne, pas même lui)
(ce qui me rappelle l'exemple existentialiste de la main féminine abandonnée comme par hasard pour que l'homme s'en saisisse)
(la mauvaise foi)
mais je ne vais tout de même pas lui dire :
descends viiiiiiiiiiiiiiiite
je crève d'envie d'être avec toi
ça pourrait s'avérer contre-productif, n'est-ce pas
me mettre dans une position intenable
alors que là
je suis juste
encore
en attente
et je ne peux pas faire autrement
quand l'inertie d'un désespoir insidieux me rattrape au petit matin
et je ne lâche pas mon combat loyal
le plus bizarre, c'est que ça n'empêche pas d'évoluer quand même
alors je l'ai appelé
il est dans le train pour la toute petite ville
qui est celle de l'immature
et même celle où nous avons conclu il y a deux ans un pacte
ah, ces coïncidences
donc on s'entendait mal
et c'était agréable
courtois
anodin
(à relire ces lignes je suis stupéfiée du double-sens
j'espère que ce n'est pas un programme)
aimablement propice à la rencontre
ce qui est évidemment bon signe donc je n'ai guère de quoi me plaindre
je suis juste
au fond
et comme malgré moi
extrêmement impatiente
d'ailleurs je n'ai aucune date à me mettre sous la dent
la ligne a coupé
son message ensuite disait :
bientôt
j'en ai ras-le-bol d'attendre
mais alors
ras-le-bol
je m'étonne d'être aussi détachée au téléphone
ce qui m'indique que je ne vais peut-être pas lui sauter dessus
malgré ma diligence extrême puisque c'est toujours moi qui relance
je le ménage
je me demande si je n'ai pas passé ma vie à faire ça
ménager des garçons
évidemment, ici je peux le dire
en confidence
parce que je n'assume pas du tout, en vrai
j'aimerais vraiment adhérer au détachement que j'affecte
(et qui ne trompe certainement personne, pas même lui)
(ce qui me rappelle l'exemple existentialiste de la main féminine abandonnée comme par hasard pour que l'homme s'en saisisse)
(la mauvaise foi)
mais je ne vais tout de même pas lui dire :
descends viiiiiiiiiiiiiiiite
je crève d'envie d'être avec toi
ça pourrait s'avérer contre-productif, n'est-ce pas
me mettre dans une position intenable
alors que là
je suis juste
encore
en attente
et je ne peux pas faire autrement
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