Alors
il y a bien un tournant.
Dans la chaleur où chaque seconde pétrifiée
te fait oublier la précédente
à la suite de la semaine épique
de lecture
de sueur
et de piqûres
d'appréhension
d'apnée telle
que le corps asphyxié
est perclus de tensions
la volonté conduit à la victoire :
les puces KO
le corps rebooté
j'accueille
le feu follet de mes cristallisations de l'année
mais d'emblée prise aux étincelles
de la petite sylphide qui a ses yeux d'amande amère
l'élégance de son profil
très vite en une manche de cartes
le trouble est déjoué
le grand F à l'aise
et la fille familière
un soir un jour
sagement chacun sa chambrée
et dans mon lit d'insomnie je me dis que c'est lui
c'est avec lui que
mais je repousse l'herbe folle au fond du terrain de l'esprit
moyennant un peu de nervosité mais beaucoup de nonchalance quand même
je file en Avignon
jusqu'au cœur de la nuit
entre ces intermèdes
le coup de cœur de femme à fillette
se révèle
une fois la timidité d'enfant levée
en dix minutes
les affinités avérées
en une soirée
l'affection manifestée
en un matin
à peine avant son départ et dans nos jeux complices
elle m'appelle deux trois fois
maman chérie
vlà aut' chose je lui dis
et bizarrement tout semble apaisé vis à vis de son père
c'est simple comme bonjour et comme de l'amitié
on a des projets ensemble
de l'écriture de la radio
on s'entend
naturellement
mais le désir semble s'évaporer
je m'en étonne
ça me déboussole même
je ne désire donc plus personne ?
notre égalité signe notre amitié ?
j'admets
même
que je ne lui apporterai pas la passion à laquelle il aspire
je comprends que
oui ça me plairait une vie avec eux
mais on ne cherche pas la même chose
en amour
et notre terrain littéraire c'est une chance
c'est précieux
et je le trouve
et râleur
et sympa
plus si sexy
devient-il
vraiment mon ami
j'y pense beaucoup et très vite aussi absorbée dans les instants
hier Avignon
aujourd'hui des verres et
encore des plans boulot
juste
mon cap de l'été
écrire
absolument
grandir et se connaître
je n'ai même pas dragué
je me suis retrouvée
maternelle et rieuse
exigeante indulgente
presque entière et pourtant
jeudi 22 juillet 2010
mardi 13 juillet 2010
Je me laisse aller à la chaleur
m'abandonne à la touffeur cotonneuse
me défends de lutter
de me faire croire que je m'éviterai encore
les illusions
et
les désillusions
me défends de souscrire
aux mises en garde
la vie c'est dangereux on sait bien
mais bon voilà
on est en Europe
alors à part la pression sociale
à part l'insidieuse hypocrisie ambiante
à part les idées reçues
tout va bien quand même
j'en ai assez de penser tout résoudre
avec une grille étriquée dont je me suis longtemps gardée
qui est celle-là même de la pression sociale, de la morale bon teint rangée en catégories
Le désir, rappellent Merleau-Ponty et Deleuze, tout entier dans le commerce avec l'extérieur
fait peur parce qu'il échappe alors qu'il est si intime
Merci Marcela Iacub
et puis j'avais oublié
mais j'aime ça
dealer avec l'extérieur, jouer
et rentrer cuver tout ça pendant un jour une nuit dans mon nid
c'est que je suis où je suis
la glace est brisée
c'est chez moi ici
je peux jouer et rentrer et resortir
les dangers édifiants, l'ombre dont on a peur
bon
j'en ai chié une année
et alors
juste être un peu plus raccord avec moi-même
c'est tout
ne plus rien regretter
accepter d'être émue
sans être dupe
vivre ce qui se présente
tant mieux si c'est de l'amour
ou de l'amitié
ou ces trucs entre les deux
mais enfin
ça circule
et je tiens à souligner combien mes encouragements aident les amies à se lancer
dans l'aventure
alors maintenant
à mon tour
Vas-y ma belle
ne redoute pas
ce dont tu as envie
vivre la chaleur
la fatigue
des jours entiers de lecture
des brasses dans la mer d'huile
m'abandonne à la touffeur cotonneuse
me défends de lutter
de me faire croire que je m'éviterai encore
les illusions
et
les désillusions
me défends de souscrire
aux mises en garde
la vie c'est dangereux on sait bien
mais bon voilà
on est en Europe
alors à part la pression sociale
à part l'insidieuse hypocrisie ambiante
à part les idées reçues
tout va bien quand même
j'en ai assez de penser tout résoudre
avec une grille étriquée dont je me suis longtemps gardée
qui est celle-là même de la pression sociale, de la morale bon teint rangée en catégories
Le désir, rappellent Merleau-Ponty et Deleuze, tout entier dans le commerce avec l'extérieur
fait peur parce qu'il échappe alors qu'il est si intime
Merci Marcela Iacub
et puis j'avais oublié
mais j'aime ça
dealer avec l'extérieur, jouer
et rentrer cuver tout ça pendant un jour une nuit dans mon nid
c'est que je suis où je suis
la glace est brisée
c'est chez moi ici
je peux jouer et rentrer et resortir
les dangers édifiants, l'ombre dont on a peur
bon
j'en ai chié une année
et alors
juste être un peu plus raccord avec moi-même
c'est tout
ne plus rien regretter
accepter d'être émue
sans être dupe
vivre ce qui se présente
tant mieux si c'est de l'amour
ou de l'amitié
ou ces trucs entre les deux
mais enfin
ça circule
et je tiens à souligner combien mes encouragements aident les amies à se lancer
dans l'aventure
alors maintenant
à mon tour
Vas-y ma belle
ne redoute pas
ce dont tu as envie
vivre la chaleur
la fatigue
des jours entiers de lecture
des brasses dans la mer d'huile
jeudi 8 juillet 2010
Les drôles d'enjeux
d'un jour à l'autre tous les compteurs à z
je ne me mens pas : je me tiens à l'oeil
Un jour entier pour endiguer la bonne fortune de l'immature
dans la métropole découverte à 1h40 d'ici
et où aussitôt je me sens chez moi
croiser F du regard
il m'offre une valse sur ma chanson de Gainsbourg
ensuite : Paris
l'émission
les amis
F me zappe mais alors complet
désabusée sur l'élégance masculine
dont acte
24h plus tard son nom comme une fleur sur le mobile
oui j'ai bossé je t'ai oubliée
ah ça va tu te rachètes je me disais il est chié de même pas s'être excusé
puis tout d'un coup on s'emballe hop il vient une semaine
genre pour la plage les vacs tout ça
je fais l'open home
ouais ouais
je m'étais quand même briefée contre toute ambiguïté
mais chassez le naturel, hein
et notre curiosité commune sur les gens qui nous entourent
et les étranges coïncidences (une demi-heure plus tard il est convié ici-même pour le taf)
dans la soirée je ne révèle rien
j'éprouve un soulagement secret
une discrète réjouissance :
chouette, un homme et une enfant à la maison
pendant ces longues longues journées de touffeur
et puis soudain ce soir
je constate que c'est très bientôt d'accord, mais
encore cette période de fin de cycle
(et merde)
d'un jour à l'autre tous les compteurs à z
je ne me mens pas : je me tiens à l'oeil
Un jour entier pour endiguer la bonne fortune de l'immature
dans la métropole découverte à 1h40 d'ici
et où aussitôt je me sens chez moi
croiser F du regard
il m'offre une valse sur ma chanson de Gainsbourg
ensuite : Paris
l'émission
les amis
F me zappe mais alors complet
désabusée sur l'élégance masculine
dont acte
24h plus tard son nom comme une fleur sur le mobile
oui j'ai bossé je t'ai oubliée
ah ça va tu te rachètes je me disais il est chié de même pas s'être excusé
puis tout d'un coup on s'emballe hop il vient une semaine
genre pour la plage les vacs tout ça
je fais l'open home
ouais ouais
je m'étais quand même briefée contre toute ambiguïté
mais chassez le naturel, hein
et notre curiosité commune sur les gens qui nous entourent
et les étranges coïncidences (une demi-heure plus tard il est convié ici-même pour le taf)
dans la soirée je ne révèle rien
j'éprouve un soulagement secret
une discrète réjouissance :
chouette, un homme et une enfant à la maison
pendant ces longues longues journées de touffeur
et puis soudain ce soir
je constate que c'est très bientôt d'accord, mais
encore cette période de fin de cycle
(et merde)
vendredi 2 juillet 2010
En acceptant de le voir, je m'y exposais
dans cette semaine de fins de chantiers
je relève le défi
allez ok on se voit
entre deux spectacles
danse et voix et la mer
à la fin, juste avant de bifurquer il lui faut me parler
et le moral alors ?
puis enfin sort la carte
"j'ai rencontré quelqu'un
je ne pensais pas retomber amoureux"
très bien que tu me le dises
je ne veux pas connaître le détail
déjà j'accepte de te voir
alors très bien ok à la prochaine
la Sauveuse je lui dis juste après - elle a beau m'avoir plombé le début de soirée
et aussitôt apparaît ce qui cloche : son besoin de venir me raconter ça
ben tiens
amoureux ouais ouais
fais ton transfert dans ton coin mec
laisse-moi tranquille
demain je pars
il y aura F mais je crois que mon transfert à moi est fini
envie d'autre chose que de soupirs vains
de cristallisation sans objet
ceci m'éclaire
les processus
sont différents
mais les tempos sont sensiblement parallèles
dans ce genre de partitions
du détachement
malgré le déplaisir
je suis entière
et ça n'est que du déplaisir
un désagrément passager
je suis entière
j'ai accompli mon année
on est pile un an après
eh oui évidemment
c'est légèrement caricatural
dans cette semaine de fins de chantiers
je relève le défi
allez ok on se voit
entre deux spectacles
danse et voix et la mer
à la fin, juste avant de bifurquer il lui faut me parler
et le moral alors ?
puis enfin sort la carte
"j'ai rencontré quelqu'un
je ne pensais pas retomber amoureux"
très bien que tu me le dises
je ne veux pas connaître le détail
déjà j'accepte de te voir
alors très bien ok à la prochaine
la Sauveuse je lui dis juste après - elle a beau m'avoir plombé le début de soirée
et aussitôt apparaît ce qui cloche : son besoin de venir me raconter ça
ben tiens
amoureux ouais ouais
fais ton transfert dans ton coin mec
laisse-moi tranquille
demain je pars
il y aura F mais je crois que mon transfert à moi est fini
envie d'autre chose que de soupirs vains
de cristallisation sans objet
ceci m'éclaire
les processus
sont différents
mais les tempos sont sensiblement parallèles
dans ce genre de partitions
du détachement
malgré le déplaisir
je suis entière
et ça n'est que du déplaisir
un désagrément passager
je suis entière
j'ai accompli mon année
on est pile un an après
eh oui évidemment
c'est légèrement caricatural
mardi 29 juin 2010
Le texte, c'est pas quelque chose qui me vient facilement il énonce dans le micro
Toi mec t'es hyper sexy, l'intelligence ça illumine, t'es tout jeune, t'as l'air complètement barré avec tes pieds nus, ta bière à 15h00, lunettes et cheveux en vrac
et c'est exactement ce qui me plaît
barré avec un égo démesuré
... oui, aujourd'hui, on est la génération du nomadisme, fini l'époque de la vie toute tracée...
pas désagréable d'avoir un peu de bouteille
comme ça l'air de pas y toucher je confirme : ah oui et puis le nomadisme aujourd'hui c'est confortable, les réseaux, les voies rapides, hein
je l'ai mouché, il apprécie discrètement
il rebondit
réjouie de voir que ah, l'énergie, ça anime encore
des jeunes mecs brillants qui vont monter un espace à Berlin
indépendant
créatif
je suis contente je leur dis
et je suis contente aussi
de pas être la dupe de l'excitation
de rester d'apparence sage, convenue
être moi-même c'est ça
tranquille
sagace
surprenante
pas en faire des tonnes
et surtout se contenter
de parler
ce sont de beaux moments
prometteurs
pendant ce temps
j'irai construire ailleurs
(ici)
Toi mec t'es hyper sexy, l'intelligence ça illumine, t'es tout jeune, t'as l'air complètement barré avec tes pieds nus, ta bière à 15h00, lunettes et cheveux en vrac
et c'est exactement ce qui me plaît
barré avec un égo démesuré
... oui, aujourd'hui, on est la génération du nomadisme, fini l'époque de la vie toute tracée...
pas désagréable d'avoir un peu de bouteille
comme ça l'air de pas y toucher je confirme : ah oui et puis le nomadisme aujourd'hui c'est confortable, les réseaux, les voies rapides, hein
je l'ai mouché, il apprécie discrètement
il rebondit
réjouie de voir que ah, l'énergie, ça anime encore
des jeunes mecs brillants qui vont monter un espace à Berlin
indépendant
créatif
je suis contente je leur dis
et je suis contente aussi
de pas être la dupe de l'excitation
de rester d'apparence sage, convenue
être moi-même c'est ça
tranquille
sagace
surprenante
pas en faire des tonnes
et surtout se contenter
de parler
ce sont de beaux moments
prometteurs
pendant ce temps
j'irai construire ailleurs
(ici)
samedi 5 juin 2010
mercredi 2 juin 2010
Les copains
ça va je reviens
complètement claquée par ce mistral de ouf
ou alors par les agencements intérieurs en restructuration
je me traîne
je ne suis plus que l'ombre de mon masque
qui va pas tarder à tomber en poussière
on rigole on rigole
et les fuyards si je ne m'en offusque guère
que peu de temps
je sens que je n'en fais plus tant de cas
je déjoue la part de moi-même qui croyais n'en être pas à la hauteur
(ma défaillance chronique)
je leur jette mes paillettes du regard et de la verve
je comprends à nouveau que leur mutisme dissimule leur émoi
ou leur inaptitude
rien à voir avec moi
puis
d'un coup je renoue
avec mon vieux complice que j'ai naguère pris part à décoincer :
le premier amoureux
on se charrie en ligne affectueusement
j'attends son écho sur les mots inventés pour le premier épicier
de notre première année à l'étranger
là il veut ramener son amoureuse étrangère en France
inverser la tendance
moi j'ai pas encore fini fini mon chemin
du retour depuis le creux de la vague
mais bientôt replonger
pas tout anticiper
pas tout résoudre
ce serait pure fiction
renoncer à comprendre
et reprendre confiance
juste saisir que je
n'ai pas commis d'impairs
sauf à mon propre égard
...sauf à mon propre égard...
ça va je reviens
complètement claquée par ce mistral de ouf
ou alors par les agencements intérieurs en restructuration
je me traîne
je ne suis plus que l'ombre de mon masque
qui va pas tarder à tomber en poussière
on rigole on rigole
et les fuyards si je ne m'en offusque guère
que peu de temps
je sens que je n'en fais plus tant de cas
je déjoue la part de moi-même qui croyais n'en être pas à la hauteur
(ma défaillance chronique)
je leur jette mes paillettes du regard et de la verve
je comprends à nouveau que leur mutisme dissimule leur émoi
ou leur inaptitude
rien à voir avec moi
puis
d'un coup je renoue
avec mon vieux complice que j'ai naguère pris part à décoincer :
le premier amoureux
on se charrie en ligne affectueusement
j'attends son écho sur les mots inventés pour le premier épicier
de notre première année à l'étranger
là il veut ramener son amoureuse étrangère en France
inverser la tendance
moi j'ai pas encore fini fini mon chemin
du retour depuis le creux de la vague
mais bientôt replonger
pas tout anticiper
pas tout résoudre
ce serait pure fiction
renoncer à comprendre
et reprendre confiance
juste saisir que je
n'ai pas commis d'impairs
sauf à mon propre égard
...sauf à mon propre égard...
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