dimanche 3 octobre 2010

Retour de bal

pour une fois qu'à Mars il y a foule dans la rue

sans que ce soit des morts bourrés

sensibles au sound system saturé

genre tu peux parler et partout il y a des jeunes détendus

assis sur le rebord de la fenêtre

les bières se partagent et les conversations impromptues

surgissent

l'une des premières nanas de rencontre à mon arrivée ici
son bon sens
attentive

me dit : putain je suis contente qu'on se rerencontre
moi aussi je lui dis

questions de disponibilité, hein

fallait écrire
on m'encourage, ne lâche pas
t'inquiète, au point où ça en est...

chai pas, les gens tu leur dis que t'écris ils sont à fond
c'est bizarre quand même quand on ne les connaît ni d'Eve ni de nulle part

au retour je me mets face à :
est-ce que machin est un homme pour elle (moi)
est-ce qu'elle (moi) est une femme pour lui

non
poudre aux yeux

projection ma vieille
oui mais vas-y
(comme m'y enjoint la vieille copine d'I.
arrivée ici et qui largue le père
de son fils
comme c'est dur)
vas-y prends du bon temps
tu seras belle et mince
et désirable

non mais tu sais moi je fais ça je tombe amoureuse
eh bien tombe amoureuse
et alors ?

bon alors c'est ça
pas se frustrer

roue libre jusqu'en décembre

rendez-vous ici

pour le bilan des pots cassés

pas le choix on dirait

samedi 2 octobre 2010

Là je vais partir au bal du Plateau
mais avant faut que je parle
à quelqu'un qui ne soit personne d'autre

oui parce que j'ai pris mon téléphone
contre tous les codes de séduction qui disent d'attendre
- ce que j'expose en riant -
le problème c'est le grand au bout du fil
qui vide son sac pendant des plombes
t'es en colère je lui dis

la mère de son gosse, le taf à rallonge, la pluie

et toi
?

il finit par demander

au bout du compte moi j'y vais très cash très tranquillement
genre faut qu'on se voie parce que les textos, là, hein

il est vraiment tout à fait d'accord et conciliant
et même ça aurait pu être dans pas si longtemps

mais pas le week end prochain
et après c'est moi qui pars

devine où
à I.
en résidence la meuf
eh ouais, trop cool la life

une semaine

tout ceci nous ramène à dans trois semaines
putain fait chier
c'est un truc à faire retomber le soufflé

tu parles c'est déjà le vide intersidéral
moi j'ai l'impression qu'il n'est pas vraiment dispo
avec ses prises de tête, là
et pas question de jouer l'aide-soignante
la meuf compréhensive et pas chiante

tu me diras trois semaines j'ai le temps de réfléchir
lui aussi

le temps d'inventer comment aménager un moment pour nous dans le bordel
et c'est la seule issue
le seul crash test
possible

si vraiment...

or : ça se tente

Coïncidence

Y a du changement dans l'air

infimes bifurcations

je refuse la prise de tête avec la Sauveuse au retour

je vais rentrer toute seule je dis au milieu du chemin

elle continue sa route furax, je prends la première rue

me sens un peu dépitée un peu coupable

et rentre par les petites rues du quartier africain

j'aime bien finalement

y a pas si longtemps j'aurais voulu rentrer vite et pas par là, inquiète

j'arrive au-dessus du commissariat

vos papiers, me sortent pour rire deux mecs qui traînent là

une heure du mat'

ça alors ce sont précisément les deux qui m'ont abordée devant le tram quelques heures plus tôt
alors que je décollais la petite affichette de pub pour le medium aux flashs auditifs

ça n'arrive jamais
deux mecs qui font des blagues sur un geste insignifiant du genre
ici on t'aborde avec concupiscence et banalité
en général

ils n'en peuvent plus, c'est un signe, incroyable
j'avais quand même causé avec eux pendant deux-trois stations

on va boire un verre
je leur expose ma théorie très rationnelle
sur la loi des très grands nombres
- il est improbable qu'une coïncidence n'advienne pas -
oui mais l'un des deux

la semaine dernière
dans un bled de haute-provence
m'avait déjà repérée
dessinée, même
avec mon jean et mes talons compensés

sa meuf avait soupiré : regarde cette nana, elle sait ce qu'elle veut
elle assure

elle m'avait vu intervenir dans le public
de l'Hôtel de ville
en avait conclu d'évidence
que c'était moi la meuf du grand F sur la scène

c'est bizarre là quand même

avec son gars eau dans le gaz
elle est enceinte il dessine quel avenir pour son enfant
alors il est à Marseille le temps que ça passe

à la fin il me dit : faut prendre des risques dans la vie
avec elle il y va
et aussi : toi tu es vulnérable en amour, il y a des choses que tu attends et que personne ne comprend
ah oui à quoi tu vois ça ?
un truc de signe astrologique, oui bon, ok
L'autre continue de me faire l'article
rebondit à la tchatche
avec ses grosses baskets
comédien commercial

des rigolos pas inquiétants
sympas attentifs un peu intéressants
un tout petit moment d'échappée belle

je rentre et je marronne un peu
sur les reproches de la S. qui m'accuse insidieusement
de n'être pas fiable

une réplique de dispute de couple
un an qu'elle remplace mes amours perdues

or je prends la tangente
troisième shakra branché
et ma walda crachée
mardi soir

ce matin à l'aube
sur le mobile y avait
"toi faire la gueule ?!"
du grand échalas brun qui me séduit
sur des mots et un coca d'une heure et demie
j'ai rappelé
ravie

tout en expectative
encore

les choses vont très très vite pourtant
je lâche la Sauveuse
à un scrupule près
elle le sent
elle râle

il va juste falloir éclaircir le truc
une fois de plus
demain

poser des dates et des barrières

ça roule

j'arrive
enfin
à dire un non
qui est un
oui
à tout le reste

lundi 27 septembre 2010

Ce qui est en train de se passer

(Wouah)

La vérité c'est que ce n'est pas en un claquement de doigts

Mais tout s'agence là maintenant, alors
c'est fou ça

Tout espoir en suspens dans le grand vent de Provence

l'écoute attentive ou rêveuse des lectures des questionnements

de la vie dans les livres

je croise des plumes familières
c'est un vent de sympathie qui règne

avec F on a tout étalé un matin au café (le nécessaire respect, adieu ambiguïtés, son rôle dans l'écriture)
c'était simple comme bonjour
et après tout a roulé
mais alors :
tranquille

là, ce soir, on a clos le festoche tous les deux
fait rire l'assistance
avec ces petites histoires glanées parmi les gens
alors voilà on partage ça
putain quelle belle transition

entretemps
le silence du grand jeune homme qui fait l'objet de mes fantasmes
soudain resurgis des limbes, intenses et délicieux
et douloureux (bouleversants)
depuis mercredi où l'après-m a fait monté la sauce à coup de textos

jeudi à contretemps
ça me fait bouillir à l'intérieur, une seule ligne, une pensée

et hier flippe totale, la mise en joue
je finis par craquer
Que me vaut ce silence ?
(Quitte à tout foutre par terre en chieuse de meuf au taquet)
avec douceur il me répond
il s'apprêtait à m'envoyer des baisers enflammés
que juste parfois il est silencieux

mais ça alors
ça alors
c'est donc si simple
on peut se dire ces choses-là
au bout de quelques jours
à distance
sans se connaître ou presque

aujourd'hui il se réjouit du petit succès succinctement évoqué dans l'écran du mobile
jusqu'à présent je me disais ouais ouais
joli cœur de dragueur
les mots : du vent
surtout ne pas s'en payer

La Sauveuse à qui je finis par tout déballer
me défie
des faux semblant
et des excès précipités

mais en fait
en fait
ça se pourrait bien qu'il y ait
derrière tout ce virtuel

de la sincérité

mercredi 22 septembre 2010

Aujourd'hui aujourd'hui

je me disoh si on s'arrête là tant pis(bien sûr la descente serait rude, l'amertume tout ça)

mais juste tes sourires
l'évidence d'une connivence
ce baiser sitôt envolé que goûté
c'est la preuve queouitout est possible
de nouveau
l'envie la joie de vivre les projets la liberté
les corps complices les fous rires l'attention l'altruisme et la légèreté

en riant j'ai déclaré, tandis que valsaient les lunettes du soleil de septembre
mais super j'adore ce truc compliqué qui commence
enfin qui commence... on n'a bu qu'un verre en même temps
ça commence toujours par un verre il a répondu

j'ai ri sur le perron, chacun reprend son chemin
après 1 heure et des poussières
j'ai retapé le code à plusieurs reprises
j'ai claqué la bise à mon ami futur papa
filé à la gare

dans le train le ciel émouvant comme un cadeau
aux teintes de métal mat de fin d'été
état de grâceje me tiens à l'oeil
consciente des cycles et des responsabilités
pas tout lâcher pour une dévotion au destin (ce salopard qui n'existe pas)

« quel délicieux moment »vibre sur mon portable
j'en ai encore les joues rouges du soleil de Paris

ainsi c'était possible d'y goûter la bonne vie
dès samedi un blanc en terrasse à Pelleport
je me suis vu revenir vivre là
l'ambiance de marché du matin me rappelait Toulouse
Toulouse il y a dix ans

j'ai offert à un parisien une parenthèse dans le speed
il m'a offert sa bonne humeur dragueuse, son élégance et ses projets
soudain être à Marseille n'est plus une fatalité
c'est un intermède

les horizons s'ouvrent
je me comprends mieux
ce n'est pas que j'ai besoin de situations compliquées
c'est qu'il faut l'ouverture
sinon j'étouffe
l'ouverture, pas le désengagement

quant à lui je le sens il prend son temps
c'est respectable et nécessaire
ce n'est pas salaud,une méfiance
en attendant
la correspondance reprend
la douce rêverie de la distance
les équivoques imaginaires
charmes allusions perches tendues
fantasmes et temps pour soi précieux- chaque minute indépendante est pleinement vécue -

absolument naturellementcomme si jamais aucune blessure
j'en suis là
intacte
attentive au point de vacillementet

demain tu sais quoi
maintenant que j'ai tout étalé ligne à ligne dans la boîte de F
on va pouvoir s'y mettre au projet
dès demain
je te dis pas où sinon tu vas trop vite comprendre qui c'est

alors
elle est pas belle la vie ?

mercredi 15 septembre 2010

Dérobade

Alors j'avais bien lu...

(tout ceci déboucha sur
champ contre-champ
chassés-croisés loupés
truc classique de ciné)

Avant toute chose :
par la présente, je mets fin au suspens
des 20% restants
je ne lis plus depuis longtemps

courrier international

Puis :
c'est tout de même dingue
j'ai écrit voilà longtemps
un truc qui maintenant est coincé dans une demi-ramette destiné à la poste
qui ne racontait pas autre chose
(une annonce, un numéro, corrélation-projection)
c'est troublant
depuis que j'ai tourné la dernière page
c'est comme si j'étais enfermée dans ma putain de fiction
qui ne cesse de se prolonger
en terrain virtuel
des im-probabilités

Venons-en aux mots :

évidemment ça m'avait effleurée
mais je l'ai pris à la légère
à la boutade

trop crypté de but en blanc
et puis quand même depuis quatre ans

que viendrait faire
soudain
ce cheveu sur la soupe

- Et à relire la précédente note, ah là là, que n'aurais-je à redire sur moi
me voilà en contre-balance /
mes œillères de femme d'aujourd'hui, hein
les mots, du flan tout ça
mais ici l'exutoire : je ne la supprime pas, la note
ne cache rien
(et dérobe le reste, corps visage présence) -

imaginez-moi
sur un horaire indécis
prendre le train

pour un rendez-vous sibyllin

vous me rétorquerez : n'est-ce pas ce que vous vous apprêtez à faire ?
et ce serait (presque) vrai

si ce n'était de ma propre initiative

(et à quoi voyez-vous
que je suis joueuse ?!)

alors peut-être j'ai du grain à moudre

il faudrait que j'apprenne à lire n'est-ce pas
que j'apprenne à lâcher prise
que je souscrive aux aventures tendues comme des perches
au lieu de faire la chasseuse
bredouille

non bon d'accord il y a un boulot d'analyse

mais quand même

franchement

vous qui en connaissez beaucoup trop long sur moi

croyez-vous que je sois prête, là, en deux jours
à me la ramener à visage découvert ?

Ceci étant posé

MERCI

pour la rêverie que vous me prêtez

pour la bouteille à la mer

tandis que rétrospectivement me revient en images
le soir de danse sous la tonnelle
un 11 septembre, c'était pas mal

quant aux terrasses tribales...
On va pas se raconter d'histoires

je suis azimutée c'est très inconfortable

(la fille jamais contente)

faut dire que je me préserve pas, hein

et puis deux jours de silence ça suffit aux montagnes russes intérieures

comme si d'avoir vécu up up up
puis down down

ça laissait des traces

(allez, encore dix ans à ce régime et c'est la maniaco-dépression)

au terme du jeu de l'enquête on line

j'ai balancé la cartouche du déjeuner parisien
comme si ça allait de soi genre c'est à deux minutes de chez moi

pas de réponse mon pote

pas de réponse et pourtant
je pense qu'il y en aura une

mais on ne sait pas
les hommes d'aujourd'hui hein
et puis c'est les actes qui comptent maintenant j'ai compris
les mots, la correspondance tout ça
du joli flan

j'aurais pu raffiner
me suis-je dit après
il y a des stratégies séductrices de pointe
j'oublie tout le temps
j'y vais bien cash
ce qui a le mérite de révéler d'emblée les enjeux
et me laisse sur le pavé

enfin tant pis
je m'en remettrai

quitte à quand même baguenauder sur les pavés d'automne

et à se le tenir pour dit à la prochaine occase
car il y en aura d'autres

dis-moi pourquoi
j'aurais aimé que ce soit toi

dis-moi pourquoi
je projette à dix mille comme ça

j'ai beau savoir ce que ça fait
en mesurer la vanité

ça ne rate jamais
la machine à s'évader
du quotidien
c'est pourtant pas l'enfer
même si ça manque de poésie

je m'en invente à bas prix et je la paye cher quand elle fuit
putain d'insatisfaite perpétuelle
ne brigue que le challenge

je n'en dors pas la nuit
me restructure
à laisser turbiner les fantasmes et les voiles qui se déchirent
sur les statu quo psychiques

j'ai peur j'ai envie
d'intensité

les hommes leur regard dans la rue
le flux s'échappe et circule malgré moi ou presque

je me prépare à la déception
et s'il ne répond pas ?

dernière fois une excuse pour silence de deux jours
c'est galant

oui mais

ah jte jure
ai troqué solitude giratoire
contre obsession circulaire

ça n'apporte pas trop d'eau au moulin
putain de putain