C'est sûr quand t'es seule tu peux
en rentrant
longer la terrasse en bas de chez toi, tomber sur une connaissance, enchaîner deux bières
et un resto
tu peux dormir 11 heures pour endiguer le coup de nerf de la vieille folle
pas esquivé, cette fois
et qui bout toute la journée dans les artères sensibles
tu peux prendre le temps vendredi matin
d'écrire sur ton blog pour te faire une raison
pour te faire une patience
parce que l'homme
inconnu mais pressenti
espéré
est silencieux
sans doute pour des questions fort légitimes
d'obligations diverses
à J-5
or comme j'avance à découvert
je vais pas non plus aller aux nouvelles
question de fierté
et d'équilibre
quand t'es seule tu peux
te dire que t'as de la chance d'être libre
que ton ennui c'est rien
par rapport à la pression des boulots contraignants et de tous les engagements
le nez dans le guidon
mais tous les jours tout le chemin à refaire
trouver un sens à cette vie-là
aussi tranquille soit-elle
sa vacuité
j'ai besoin d'amour
je ne suis pas si seule je le sais
étonnée de la force et du nombre
de mes grandes amitiés
mais l'enthousiasme s'essouffle
dans la répétition des jours
je voudrais m'oublier cinq minutes
je m'exhorte encore à la patience
encore
putain
vendredi 8 octobre 2010
lundi 4 octobre 2010
En effet c'est révélateur ce qui se passe avec la S.
Ce soir, deuxième jour seule malgré l'intermède pro pendant une heure trente
dépressurisation de l'appareil
la chape de vide me tombe dessus
désormais habituelle, sinon familière
là je me dis
ah non
stop
en deux deux je me mets à douter de tout l'amour du monde avec ça
une non-réponse, un suspens
oui bien sûr que ce dont j'ai besoin c'est sourire câlins
ces trucs dont j'ai oublié l'habitude
dont parfois l'envie me traverse
qui m'ont laissée à marée basse
durablement
et quand j'y pense ça me paraît dingue
que je puisse vivre là, sans amour depuis si longtemps
un corps dans l'espace
faut résister
à l'étrange vertige
donc je me dis : bien sûr que oui tu comptes pour eux
les amis
les hommes séduits
sortir de sa coquille et offrir sa fragilité
or c'est sur ce vide-là que la S. a tissé sa toile
je le lui ai présenté, évidemment
au moment de ma ruine et depuis,
c'est toujours là
et notre bonne intelligence va au-delà
mais au fond ses reproches
de négligence
parfaitement infondés
ne tiennent qu'à ma disponibilité et à mon doute perpétuel
savamment entretenus malgré sa bienveillance
alors : non
je ne cèderai pas
à ses insinuations
à sa déprime
à mon propre vague-à-l'âme passager
j'ai trop envie d'y croire
à la vie
pas dupe, ok mais
j'ai aussi envie de penser
que même avec l'immature j'aurais pu gérer autrement
la crise
si j'avais moi-même cédé
été moins intransigeante
que le défaut d'amour n'est pas qu'une malchance
j'ai toujours été au milieu du guet
bien plantée là, solide, parfois déboussolée
entière
chez ceux que j'aimerais aimer,
oui : plus de sincérité que de perversité
et moins de dérobades que d'impuissance
et ceux que j'aime sont toujours là
c'est pour ça qu'on ne passe pas notre vie à s'appeler
donc : je suis seule parce que je le veux bien
parce que je veux finir ce truc pour le travail
parce que je veux parler à l'Ange au téléphone ce soir et me coucher
mais je pourrais aussi
appeler la joueuse ou la vieille compagne de route
mes complices à deux rues d'ici.
Peut-être faire ça, oui.
Je mange et j'y vais.
Ce soir, deuxième jour seule malgré l'intermède pro pendant une heure trente
dépressurisation de l'appareil
la chape de vide me tombe dessus
désormais habituelle, sinon familière
là je me dis
ah non
stop
en deux deux je me mets à douter de tout l'amour du monde avec ça
une non-réponse, un suspens
oui bien sûr que ce dont j'ai besoin c'est sourire câlins
ces trucs dont j'ai oublié l'habitude
dont parfois l'envie me traverse
qui m'ont laissée à marée basse
durablement
et quand j'y pense ça me paraît dingue
que je puisse vivre là, sans amour depuis si longtemps
un corps dans l'espace
faut résister
à l'étrange vertige
donc je me dis : bien sûr que oui tu comptes pour eux
les amis
les hommes séduits
sortir de sa coquille et offrir sa fragilité
or c'est sur ce vide-là que la S. a tissé sa toile
je le lui ai présenté, évidemment
au moment de ma ruine et depuis,
c'est toujours là
et notre bonne intelligence va au-delà
mais au fond ses reproches
de négligence
parfaitement infondés
ne tiennent qu'à ma disponibilité et à mon doute perpétuel
savamment entretenus malgré sa bienveillance
alors : non
je ne cèderai pas
à ses insinuations
à sa déprime
à mon propre vague-à-l'âme passager
j'ai trop envie d'y croire
à la vie
pas dupe, ok mais
j'ai aussi envie de penser
que même avec l'immature j'aurais pu gérer autrement
la crise
si j'avais moi-même cédé
été moins intransigeante
que le défaut d'amour n'est pas qu'une malchance
j'ai toujours été au milieu du guet
bien plantée là, solide, parfois déboussolée
entière
chez ceux que j'aimerais aimer,
oui : plus de sincérité que de perversité
et moins de dérobades que d'impuissance
et ceux que j'aime sont toujours là
c'est pour ça qu'on ne passe pas notre vie à s'appeler
donc : je suis seule parce que je le veux bien
parce que je veux finir ce truc pour le travail
parce que je veux parler à l'Ange au téléphone ce soir et me coucher
mais je pourrais aussi
appeler la joueuse ou la vieille compagne de route
mes complices à deux rues d'ici.
Peut-être faire ça, oui.
Je mange et j'y vais.
J'en dors pas de la nuit
putain ces insomnies, j'avais jamais vécu des trucs pareils
cogite non-stop jusqu'aux heures du matin
un truc pour se protéger du vent fou qui renverse le haut bambou de la terrasse
aujourd'hui il pleuvait, presque j'aimais bien
mais revoilà déjà la lumière
la nuit a imposé le choix
le matin composer son numéro
il met une heure à rappeler
comme d'hab surbooké
tu m'as bien dit que tu aurais du temps la semaine prochaine ?
Je peux te faire une proposition indécente ?
Or il n'a pas peur
il dit que c'est tentant
- tièdeur pourrait-on croire mais ce n'est pas par courtoisie
il dit faut regarder, je ne peux pas abandonner mon enfant
je me doute bien je dis
j'ai vachement hésité à te proposer
c'est à prendre ou à laisser
mais comme c'est une occase
au diable les scrupules
tu peux venir seulement quelques jours si tu veux
je le sens encore débordé
il dit qu'il ne peut pas regarder avant ce soir
c'est curieux, ce truc, il aurait pu dire aussi : je m'y attelle au plus vite
ces drôles de "oui" de parisien, ça commence à ressembler au "non" turc
genre tout est possible mais je n'ai pas le temps
les Turcs jurent leurs grands dieux que tu peux compter sur eux, ça veut dire le contraire
ceux qui modèrent sont plus fiables
les Parisiens je me demande
en général quand même ils font ce qu'ils disent
très très tard longtemps après
tout en bas de la liste des tâches
Mais il ne dit pas non
il n'a pas peur
il ne rugit pas d'enthousiasme non plus
mais moi de toute façon je suis très calme
j'envoie un message aguicheur et le lien des rézas
dis-moi quand tu sais
en plus j'avance total à découvert puisqu'il sait qu'après je suis à Paname
c'est confort pour lui
mais comme je suis indépendante
avec un apparte rien que pour moi
et que c'est mon chantier de l'année
alors
roulez jeunesse
lui ou un autre, on verra bien
on ne se refuse rien
(t'as vu j'avance...)
putain ces insomnies, j'avais jamais vécu des trucs pareils
cogite non-stop jusqu'aux heures du matin
un truc pour se protéger du vent fou qui renverse le haut bambou de la terrasse
aujourd'hui il pleuvait, presque j'aimais bien
mais revoilà déjà la lumière
la nuit a imposé le choix
le matin composer son numéro
il met une heure à rappeler
comme d'hab surbooké
tu m'as bien dit que tu aurais du temps la semaine prochaine ?
Je peux te faire une proposition indécente ?
Or il n'a pas peur
il dit que c'est tentant
- tièdeur pourrait-on croire mais ce n'est pas par courtoisie
il dit faut regarder, je ne peux pas abandonner mon enfant
je me doute bien je dis
j'ai vachement hésité à te proposer
c'est à prendre ou à laisser
mais comme c'est une occase
au diable les scrupules
tu peux venir seulement quelques jours si tu veux
je le sens encore débordé
il dit qu'il ne peut pas regarder avant ce soir
c'est curieux, ce truc, il aurait pu dire aussi : je m'y attelle au plus vite
ces drôles de "oui" de parisien, ça commence à ressembler au "non" turc
genre tout est possible mais je n'ai pas le temps
les Turcs jurent leurs grands dieux que tu peux compter sur eux, ça veut dire le contraire
ceux qui modèrent sont plus fiables
les Parisiens je me demande
en général quand même ils font ce qu'ils disent
très très tard longtemps après
tout en bas de la liste des tâches
Mais il ne dit pas non
il n'a pas peur
il ne rugit pas d'enthousiasme non plus
mais moi de toute façon je suis très calme
j'envoie un message aguicheur et le lien des rézas
dis-moi quand tu sais
en plus j'avance total à découvert puisqu'il sait qu'après je suis à Paname
c'est confort pour lui
mais comme je suis indépendante
avec un apparte rien que pour moi
et que c'est mon chantier de l'année
alors
roulez jeunesse
lui ou un autre, on verra bien
on ne se refuse rien
(t'as vu j'avance...)
dimanche 3 octobre 2010
Sur Internet les gens ont la vie dont ils rêvent
Cette phrase de lui qui m'a tant plu
j'en aurais fait un thème de photos dédiées
pour rire
pourquoi pas, du reste
pour remiser cette idée folle qui m'a traversée ce matin :
"toi qui es prêt à voyager vers la Méditerranée, ça te dirait de me rejoindre... à I.?"
mais je n'ai rien envoyé
conciliabule de la raison :
non tu grillerais toutes tes cartouches
non, tu vas te manger un rateau méchant
non : si ça se passe, retrouvailles tronquées avec les amis, déséquilibre
(et puis à I. on y va quand on veut)
non : c'est mieux qu'il t'imagine là-bas toute seule
aiguillonner fantasmes
(s'il en a encore)
et les photos pleuvraient
du coup me voilà à créer un album
au départ le jeu c'est pour lui
moi, tu sais, je me défie de "mon mythe personnel"
comme l'appelle le collègue au sourire sexy cynique
et puis finalement
finalement...
me voilà heureuse comme un dimanche à I.
de ceux où je m'enfermais dans mon bureau à checker ma life
heureuse de ne rien faire de ce que j'avais prévu
de couper court à la vacuité du sud
dans l'été qui n'en finit pas
et dont je me lasse (oui c'est vrai)
heureuse de remettre à jour
la ligne de fuite du détroit
le seul lieu qui me convienne vraiment,
un bras de mer entre Europe et Asie
toute une histoire, là-dedans, et des générations d'aïeux
- ce genre de choses qu'on se raconte -
L'aventurière est lasse d'être coincée
mais n'est pas obligée de tout foutre par terre
le garçon, on le sait, ne serait qu'un prétexte
puisqu'on ne se connaît pas
un prétexte à la fuite
or : inutile de fuir
j'ai tous mes souvenirs pour moi
les preuves de ma vie rêvée réalisée
je n'ai pas eu peur de rentrer
tout peut toujours recommencer
mais putain comme c'est dur
de se ranger des voitures
j'oscille
je joue avec la tentation
de repartir
à Paris
de quitter le taf
de me brûler encore les ailes
de l'air, de l'air !
(je ne pense pas à l'étranger
j'ai trop besoin encore de mes amis
je ne partirai plus
- ou alors avec un homme un vrai
dans longtemps
ou pour un an seulement
je sais pas, moi
avec des enfants
je repartirai peut-être, mais autrement)
alors que peut-être des possibilités s'ouvrent ici
un ou deux hommes plutôt la classe
rencontrés cette semaine
dont un géographe voyageur
je me promets que je vais aller vers lui très vite
parce que quand même
faut pas déconner
il a beau porter une casquette...
mais je suis comme l'immature
ça doit pas tant me plaire
avant même de les draguer
le vertige de l'installation
durable
dans cette ville au soleil
avec un grand appart, des gamins, week end dans les calanques
en fait je crois que je ne veux pas ça
la dérobade perpétuelle
l'entourloupe
le croche-pattes à soi-même
Paris pourtant je la connais cette salope
son hiver morose
ses loyers hors de prix
son anxiété fiévreuse
son nombrilisme hermétique
son manque d'imagination
ici au moins tout est toujours à découvrir
toujours du monde débarqué d'ailleurs
je suis aux premières loges
et tout peut encore advenir
la vie rêvée c'est celle qu'on construit
oui je sais mais je
j'en aurais fait un thème de photos dédiées
pour rire
pourquoi pas, du reste
pour remiser cette idée folle qui m'a traversée ce matin :
"toi qui es prêt à voyager vers la Méditerranée, ça te dirait de me rejoindre... à I.?"
mais je n'ai rien envoyé
conciliabule de la raison :
non tu grillerais toutes tes cartouches
non, tu vas te manger un rateau méchant
non : si ça se passe, retrouvailles tronquées avec les amis, déséquilibre
(et puis à I. on y va quand on veut)
non : c'est mieux qu'il t'imagine là-bas toute seule
aiguillonner fantasmes
(s'il en a encore)
et les photos pleuvraient
du coup me voilà à créer un album
au départ le jeu c'est pour lui
moi, tu sais, je me défie de "mon mythe personnel"
comme l'appelle le collègue au sourire sexy cynique
et puis finalement
finalement...
me voilà heureuse comme un dimanche à I.
de ceux où je m'enfermais dans mon bureau à checker ma life
heureuse de ne rien faire de ce que j'avais prévu
de couper court à la vacuité du sud
dans l'été qui n'en finit pas
et dont je me lasse (oui c'est vrai)
heureuse de remettre à jour
la ligne de fuite du détroit
le seul lieu qui me convienne vraiment,
un bras de mer entre Europe et Asie
toute une histoire, là-dedans, et des générations d'aïeux
- ce genre de choses qu'on se raconte -
L'aventurière est lasse d'être coincée
mais n'est pas obligée de tout foutre par terre
le garçon, on le sait, ne serait qu'un prétexte
puisqu'on ne se connaît pas
un prétexte à la fuite
or : inutile de fuir
j'ai tous mes souvenirs pour moi
les preuves de ma vie rêvée réalisée
je n'ai pas eu peur de rentrer
tout peut toujours recommencer
mais putain comme c'est dur
de se ranger des voitures
j'oscille
je joue avec la tentation
de repartir
à Paris
de quitter le taf
de me brûler encore les ailes
de l'air, de l'air !
(je ne pense pas à l'étranger
j'ai trop besoin encore de mes amis
je ne partirai plus
- ou alors avec un homme un vrai
dans longtemps
ou pour un an seulement
je sais pas, moi
avec des enfants
je repartirai peut-être, mais autrement)
alors que peut-être des possibilités s'ouvrent ici
un ou deux hommes plutôt la classe
rencontrés cette semaine
dont un géographe voyageur
je me promets que je vais aller vers lui très vite
parce que quand même
faut pas déconner
il a beau porter une casquette...
mais je suis comme l'immature
ça doit pas tant me plaire
avant même de les draguer
le vertige de l'installation
durable
dans cette ville au soleil
avec un grand appart, des gamins, week end dans les calanques
en fait je crois que je ne veux pas ça
la dérobade perpétuelle
l'entourloupe
le croche-pattes à soi-même
Paris pourtant je la connais cette salope
son hiver morose
ses loyers hors de prix
son anxiété fiévreuse
son nombrilisme hermétique
son manque d'imagination
ici au moins tout est toujours à découvrir
toujours du monde débarqué d'ailleurs
je suis aux premières loges
et tout peut encore advenir
la vie rêvée c'est celle qu'on construit
oui je sais mais je
Retour de bal
pour une fois qu'à Mars il y a foule dans la rue
sans que ce soit des morts bourrés
sensibles au sound system saturé
genre tu peux parler et partout il y a des jeunes détendus
assis sur le rebord de la fenêtre
les bières se partagent et les conversations impromptues
surgissent
l'une des premières nanas de rencontre à mon arrivée ici
son bon sens
attentive
me dit : putain je suis contente qu'on se rerencontre
moi aussi je lui dis
questions de disponibilité, hein
fallait écrire
on m'encourage, ne lâche pas
t'inquiète, au point où ça en est...
chai pas, les gens tu leur dis que t'écris ils sont à fond
c'est bizarre quand même quand on ne les connaît ni d'Eve ni de nulle part
au retour je me mets face à :
est-ce que machin est un homme pour elle (moi)
est-ce qu'elle (moi) est une femme pour lui
non
poudre aux yeux
projection ma vieille
oui mais vas-y
(comme m'y enjoint la vieille copine d'I.
arrivée ici et qui largue le père
de son fils
comme c'est dur)
vas-y prends du bon temps
tu seras belle et mince
et désirable
non mais tu sais moi je fais ça je tombe amoureuse
eh bien tombe amoureuse
et alors ?
bon alors c'est ça
pas se frustrer
roue libre jusqu'en décembre
rendez-vous ici
pour le bilan des pots cassés
pas le choix on dirait
pour une fois qu'à Mars il y a foule dans la rue
sans que ce soit des morts bourrés
sensibles au sound system saturé
genre tu peux parler et partout il y a des jeunes détendus
assis sur le rebord de la fenêtre
les bières se partagent et les conversations impromptues
surgissent
l'une des premières nanas de rencontre à mon arrivée ici
son bon sens
attentive
me dit : putain je suis contente qu'on se rerencontre
moi aussi je lui dis
questions de disponibilité, hein
fallait écrire
on m'encourage, ne lâche pas
t'inquiète, au point où ça en est...
chai pas, les gens tu leur dis que t'écris ils sont à fond
c'est bizarre quand même quand on ne les connaît ni d'Eve ni de nulle part
au retour je me mets face à :
est-ce que machin est un homme pour elle (moi)
est-ce qu'elle (moi) est une femme pour lui
non
poudre aux yeux
projection ma vieille
oui mais vas-y
(comme m'y enjoint la vieille copine d'I.
arrivée ici et qui largue le père
de son fils
comme c'est dur)
vas-y prends du bon temps
tu seras belle et mince
et désirable
non mais tu sais moi je fais ça je tombe amoureuse
eh bien tombe amoureuse
et alors ?
bon alors c'est ça
pas se frustrer
roue libre jusqu'en décembre
rendez-vous ici
pour le bilan des pots cassés
pas le choix on dirait
samedi 2 octobre 2010
Là je vais partir au bal du Plateau
mais avant faut que je parle
à quelqu'un qui ne soit personne d'autre
oui parce que j'ai pris mon téléphone
contre tous les codes de séduction qui disent d'attendre
- ce que j'expose en riant -
le problème c'est le grand au bout du fil
qui vide son sac pendant des plombes
t'es en colère je lui dis
la mère de son gosse, le taf à rallonge, la pluie
et toi
?
il finit par demander
au bout du compte moi j'y vais très cash très tranquillement
genre faut qu'on se voie parce que les textos, là, hein
il est vraiment tout à fait d'accord et conciliant
et même ça aurait pu être dans pas si longtemps
mais pas le week end prochain
et après c'est moi qui pars
devine où
à I.
en résidence la meuf
eh ouais, trop cool la life
une semaine
tout ceci nous ramène à dans trois semaines
putain fait chier
c'est un truc à faire retomber le soufflé
tu parles c'est déjà le vide intersidéral
moi j'ai l'impression qu'il n'est pas vraiment dispo
avec ses prises de tête, là
et pas question de jouer l'aide-soignante
la meuf compréhensive et pas chiante
tu me diras trois semaines j'ai le temps de réfléchir
lui aussi
le temps d'inventer comment aménager un moment pour nous dans le bordel
et c'est la seule issue
le seul crash test
possible
si vraiment...
or : ça se tente
mais avant faut que je parle
à quelqu'un qui ne soit personne d'autre
oui parce que j'ai pris mon téléphone
contre tous les codes de séduction qui disent d'attendre
- ce que j'expose en riant -
le problème c'est le grand au bout du fil
qui vide son sac pendant des plombes
t'es en colère je lui dis
la mère de son gosse, le taf à rallonge, la pluie
et toi
?
il finit par demander
au bout du compte moi j'y vais très cash très tranquillement
genre faut qu'on se voie parce que les textos, là, hein
il est vraiment tout à fait d'accord et conciliant
et même ça aurait pu être dans pas si longtemps
mais pas le week end prochain
et après c'est moi qui pars
devine où
à I.
en résidence la meuf
eh ouais, trop cool la life
une semaine
tout ceci nous ramène à dans trois semaines
putain fait chier
c'est un truc à faire retomber le soufflé
tu parles c'est déjà le vide intersidéral
moi j'ai l'impression qu'il n'est pas vraiment dispo
avec ses prises de tête, là
et pas question de jouer l'aide-soignante
la meuf compréhensive et pas chiante
tu me diras trois semaines j'ai le temps de réfléchir
lui aussi
le temps d'inventer comment aménager un moment pour nous dans le bordel
et c'est la seule issue
le seul crash test
possible
si vraiment...
or : ça se tente
Coïncidence
Y a du changement dans l'air
infimes bifurcations
je refuse la prise de tête avec la Sauveuse au retour
je vais rentrer toute seule je dis au milieu du chemin
elle continue sa route furax, je prends la première rue
me sens un peu dépitée un peu coupable
et rentre par les petites rues du quartier africain
j'aime bien finalement
y a pas si longtemps j'aurais voulu rentrer vite et pas par là, inquiète
j'arrive au-dessus du commissariat
vos papiers, me sortent pour rire deux mecs qui traînent là
une heure du mat'
ça alors ce sont précisément les deux qui m'ont abordée devant le tram quelques heures plus tôt
alors que je décollais la petite affichette de pub pour le medium aux flashs auditifs
ça n'arrive jamais
deux mecs qui font des blagues sur un geste insignifiant du genre
ici on t'aborde avec concupiscence et banalité
en général
ils n'en peuvent plus, c'est un signe, incroyable
j'avais quand même causé avec eux pendant deux-trois stations
on va boire un verre
je leur expose ma théorie très rationnelle
sur la loi des très grands nombres
- il est improbable qu'une coïncidence n'advienne pas -
oui mais l'un des deux
la semaine dernière
dans un bled de haute-provence
m'avait déjà repérée
dessinée, même
avec mon jean et mes talons compensés
sa meuf avait soupiré : regarde cette nana, elle sait ce qu'elle veut
elle assure
elle m'avait vu intervenir dans le public
de l'Hôtel de ville
en avait conclu d'évidence
que c'était moi la meuf du grand F sur la scène
c'est bizarre là quand même
avec son gars eau dans le gaz
elle est enceinte il dessine quel avenir pour son enfant
alors il est à Marseille le temps que ça passe
à la fin il me dit : faut prendre des risques dans la vie
avec elle il y va
et aussi : toi tu es vulnérable en amour, il y a des choses que tu attends et que personne ne comprend
ah oui à quoi tu vois ça ?
un truc de signe astrologique, oui bon, ok
L'autre continue de me faire l'article
rebondit à la tchatche
avec ses grosses baskets
comédien commercial
des rigolos pas inquiétants
sympas attentifs un peu intéressants
un tout petit moment d'échappée belle
je rentre et je marronne un peu
sur les reproches de la S. qui m'accuse insidieusement
de n'être pas fiable
une réplique de dispute de couple
un an qu'elle remplace mes amours perdues
or je prends la tangente
troisième shakra branché
et ma walda crachée
mardi soir
ce matin à l'aube
sur le mobile y avait
"toi faire la gueule ?!"
du grand échalas brun qui me séduit
sur des mots et un coca d'une heure et demie
j'ai rappelé
ravie
tout en expectative
encore
les choses vont très très vite pourtant
je lâche la Sauveuse
à un scrupule près
elle le sent
elle râle
il va juste falloir éclaircir le truc
une fois de plus
demain
poser des dates et des barrières
ça roule
j'arrive
enfin
à dire un non
qui est un
oui
à tout le reste
infimes bifurcations
je refuse la prise de tête avec la Sauveuse au retour
je vais rentrer toute seule je dis au milieu du chemin
elle continue sa route furax, je prends la première rue
me sens un peu dépitée un peu coupable
et rentre par les petites rues du quartier africain
j'aime bien finalement
y a pas si longtemps j'aurais voulu rentrer vite et pas par là, inquiète
j'arrive au-dessus du commissariat
vos papiers, me sortent pour rire deux mecs qui traînent là
une heure du mat'
ça alors ce sont précisément les deux qui m'ont abordée devant le tram quelques heures plus tôt
alors que je décollais la petite affichette de pub pour le medium aux flashs auditifs
ça n'arrive jamais
deux mecs qui font des blagues sur un geste insignifiant du genre
ici on t'aborde avec concupiscence et banalité
en général
ils n'en peuvent plus, c'est un signe, incroyable
j'avais quand même causé avec eux pendant deux-trois stations
on va boire un verre
je leur expose ma théorie très rationnelle
sur la loi des très grands nombres
- il est improbable qu'une coïncidence n'advienne pas -
oui mais l'un des deux
la semaine dernière
dans un bled de haute-provence
m'avait déjà repérée
dessinée, même
avec mon jean et mes talons compensés
sa meuf avait soupiré : regarde cette nana, elle sait ce qu'elle veut
elle assure
elle m'avait vu intervenir dans le public
de l'Hôtel de ville
en avait conclu d'évidence
que c'était moi la meuf du grand F sur la scène
c'est bizarre là quand même
avec son gars eau dans le gaz
elle est enceinte il dessine quel avenir pour son enfant
alors il est à Marseille le temps que ça passe
à la fin il me dit : faut prendre des risques dans la vie
avec elle il y va
et aussi : toi tu es vulnérable en amour, il y a des choses que tu attends et que personne ne comprend
ah oui à quoi tu vois ça ?
un truc de signe astrologique, oui bon, ok
L'autre continue de me faire l'article
rebondit à la tchatche
avec ses grosses baskets
comédien commercial
des rigolos pas inquiétants
sympas attentifs un peu intéressants
un tout petit moment d'échappée belle
je rentre et je marronne un peu
sur les reproches de la S. qui m'accuse insidieusement
de n'être pas fiable
une réplique de dispute de couple
un an qu'elle remplace mes amours perdues
or je prends la tangente
troisième shakra branché
et ma walda crachée
mardi soir
ce matin à l'aube
sur le mobile y avait
"toi faire la gueule ?!"
du grand échalas brun qui me séduit
sur des mots et un coca d'une heure et demie
j'ai rappelé
ravie
tout en expectative
encore
les choses vont très très vite pourtant
je lâche la Sauveuse
à un scrupule près
elle le sent
elle râle
il va juste falloir éclaircir le truc
une fois de plus
demain
poser des dates et des barrières
ça roule
j'arrive
enfin
à dire un non
qui est un
oui
à tout le reste
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