presque - pas tout à fait - rendez-vous
et j'avais beau en rêver
ça me déboussole
ça me déconcentre
retour du vivant
pour l'instant je tiens le coup
mais c'est drôle ce truc
de se sentir au bord
de perdre tous ses moyens
(et si... ?
et alors lui, euh, mais ?
et moi je ?
mais est-ce que lui, moi, nous,
...
(je me fais des films ou bien euh,
hmmm...))
au secours !
(oh oui !!!)
mercredi 20 octobre 2010
samedi 9 octobre 2010
Et il rappela
sans avoir écouté
je laisse sa voix témoigner d'une posture tranquille
alors ok, je rappelle à mon tour :
je rappelle, j'ai entendu, faut que tu saches
je t'ai laissé un message pas sympa
efface-le
dans le dialogue qui a suivi
il y a l'histoire du temps, des obstacles
du téléphone perdu retrouvé
l'intention de venir mais tout trop compliqué voyons à ton retour
moi :
mais tu sais, je viens
à Paris, fin du mois
pas grave pour l'impossible
voyage inopiné aux frontières du continent -
je t'appellerai à mon retour
on visitera la capitale de la France
oui, faudra monter sur la tour Eiffel, personne jamais ne le fait
Ah oui ? Ah non, on va pas faire ça
oh et puis après tout c'est ton domaine
je te laisse la main
découvrons les rues secrètes de Paris
et pour ne pas
en finir comme si de rien :
quand même un truc, si je t'ai laissé un message pas sympa
c'est qu'on ne se connaît pas, alors y a de quoi s'interroger :
peut-être un jeune homme qui me fait le coup de l'arlésienne
Non, pas de plan répond-il
je ne suis pas accroché à mon tel
mais
Je suis là
sans avoir écouté
je laisse sa voix témoigner d'une posture tranquille
alors ok, je rappelle à mon tour :
je rappelle, j'ai entendu, faut que tu saches
je t'ai laissé un message pas sympa
efface-le
dans le dialogue qui a suivi
il y a l'histoire du temps, des obstacles
du téléphone perdu retrouvé
l'intention de venir mais tout trop compliqué voyons à ton retour
moi :
mais tu sais, je viens
à Paris, fin du mois
pas grave pour l'impossible
voyage inopiné aux frontières du continent -
je t'appellerai à mon retour
on visitera la capitale de la France
oui, faudra monter sur la tour Eiffel, personne jamais ne le fait
Ah oui ? Ah non, on va pas faire ça
oh et puis après tout c'est ton domaine
je te laisse la main
découvrons les rues secrètes de Paris
et pour ne pas
en finir comme si de rien :
quand même un truc, si je t'ai laissé un message pas sympa
c'est qu'on ne se connaît pas, alors y a de quoi s'interroger :
peut-être un jeune homme qui me fait le coup de l'arlésienne
Non, pas de plan répond-il
je ne suis pas accroché à mon tel
mais
Je suis là
Colère
désillusion
ça ne fera jamais qu'une de plus
colère accaparante, ne rien pouvoir faire d'autre que ruminer
j'envoie au matin un message comme une sonde légère
je laisse mon phone à la maison
deux heures après retour, rien
alors mesure exceptionnelle, les trucs où on s'arrache
désolée mais ça commence à devenir chiant cette disparition des ondes
un petit signe serait appréciable
si le soufflé est retombé
que je suis à côté de la plaque
j'aime autant le savoir
cio à bientôt j'espère
avec cette voix grave froide et courtoise
qui me conserve la dignité
alors que je fais un truc vraiment pas fastoche
dénoncer la fuite d'un inconnu
qui ne me doit rien qu'une réponse
un oui, un non,
un terminé
un oui oui tout va bien
L'Ange m'a dit qu'avec mon invite cash
au moins je saurais vite à qui j'ai affaire
on n'a pas de temps à perdre
elle n'a pas tort
me voilà bien
marrie
une fois de plus
au lieu de me dire que j'ai été trop vite
puisqu'aussi bien j'ai résisté à mes tentations de fille bouillante avant d'avancer à découvert
je comprends mieux les difficultés d'orga dont il me parlait
si tu rappelles jamais, coco, ça en dit long, c'est sûr
y a des fuites que je laisse passer, celle-là non
sensible aux conseils d'une jeune femme hier
j'ai relancé
un peu plus tôt certes
et me suis plus vite énervée
qu'elle ne l'aurait fait
j'avais juste besoin d'une autorisation
putain les relations homme-femme
je leur fais peur alors comme ça
bon ben j'en ai pas fini
y a du boulot encore
et le premier qui me dit que je dois fermer ma gueule
être plus mystérieuse patiente distante
un peu folle
ainsi attirante
ou
dépendante-rassurante
je lui mets un coup de boule
désillusion
ça ne fera jamais qu'une de plus
colère accaparante, ne rien pouvoir faire d'autre que ruminer
j'envoie au matin un message comme une sonde légère
je laisse mon phone à la maison
deux heures après retour, rien
alors mesure exceptionnelle, les trucs où on s'arrache
désolée mais ça commence à devenir chiant cette disparition des ondes
un petit signe serait appréciable
si le soufflé est retombé
que je suis à côté de la plaque
j'aime autant le savoir
cio à bientôt j'espère
avec cette voix grave froide et courtoise
qui me conserve la dignité
alors que je fais un truc vraiment pas fastoche
dénoncer la fuite d'un inconnu
qui ne me doit rien qu'une réponse
un oui, un non,
un terminé
un oui oui tout va bien
L'Ange m'a dit qu'avec mon invite cash
au moins je saurais vite à qui j'ai affaire
on n'a pas de temps à perdre
elle n'a pas tort
me voilà bien
marrie
une fois de plus
au lieu de me dire que j'ai été trop vite
puisqu'aussi bien j'ai résisté à mes tentations de fille bouillante avant d'avancer à découvert
je comprends mieux les difficultés d'orga dont il me parlait
si tu rappelles jamais, coco, ça en dit long, c'est sûr
y a des fuites que je laisse passer, celle-là non
sensible aux conseils d'une jeune femme hier
j'ai relancé
un peu plus tôt certes
et me suis plus vite énervée
qu'elle ne l'aurait fait
j'avais juste besoin d'une autorisation
putain les relations homme-femme
je leur fais peur alors comme ça
bon ben j'en ai pas fini
y a du boulot encore
et le premier qui me dit que je dois fermer ma gueule
être plus mystérieuse patiente distante
un peu folle
ainsi attirante
ou
dépendante-rassurante
je lui mets un coup de boule
vendredi 8 octobre 2010
C'est sûr quand t'es seule tu peux
en rentrant
longer la terrasse en bas de chez toi, tomber sur une connaissance, enchaîner deux bières
et un resto
tu peux dormir 11 heures pour endiguer le coup de nerf de la vieille folle
pas esquivé, cette fois
et qui bout toute la journée dans les artères sensibles
tu peux prendre le temps vendredi matin
d'écrire sur ton blog pour te faire une raison
pour te faire une patience
parce que l'homme
inconnu mais pressenti
espéré
est silencieux
sans doute pour des questions fort légitimes
d'obligations diverses
à J-5
or comme j'avance à découvert
je vais pas non plus aller aux nouvelles
question de fierté
et d'équilibre
quand t'es seule tu peux
te dire que t'as de la chance d'être libre
que ton ennui c'est rien
par rapport à la pression des boulots contraignants et de tous les engagements
le nez dans le guidon
mais tous les jours tout le chemin à refaire
trouver un sens à cette vie-là
aussi tranquille soit-elle
sa vacuité
j'ai besoin d'amour
je ne suis pas si seule je le sais
étonnée de la force et du nombre
de mes grandes amitiés
mais l'enthousiasme s'essouffle
dans la répétition des jours
je voudrais m'oublier cinq minutes
je m'exhorte encore à la patience
encore
putain
en rentrant
longer la terrasse en bas de chez toi, tomber sur une connaissance, enchaîner deux bières
et un resto
tu peux dormir 11 heures pour endiguer le coup de nerf de la vieille folle
pas esquivé, cette fois
et qui bout toute la journée dans les artères sensibles
tu peux prendre le temps vendredi matin
d'écrire sur ton blog pour te faire une raison
pour te faire une patience
parce que l'homme
inconnu mais pressenti
espéré
est silencieux
sans doute pour des questions fort légitimes
d'obligations diverses
à J-5
or comme j'avance à découvert
je vais pas non plus aller aux nouvelles
question de fierté
et d'équilibre
quand t'es seule tu peux
te dire que t'as de la chance d'être libre
que ton ennui c'est rien
par rapport à la pression des boulots contraignants et de tous les engagements
le nez dans le guidon
mais tous les jours tout le chemin à refaire
trouver un sens à cette vie-là
aussi tranquille soit-elle
sa vacuité
j'ai besoin d'amour
je ne suis pas si seule je le sais
étonnée de la force et du nombre
de mes grandes amitiés
mais l'enthousiasme s'essouffle
dans la répétition des jours
je voudrais m'oublier cinq minutes
je m'exhorte encore à la patience
encore
putain
lundi 4 octobre 2010
En effet c'est révélateur ce qui se passe avec la S.
Ce soir, deuxième jour seule malgré l'intermède pro pendant une heure trente
dépressurisation de l'appareil
la chape de vide me tombe dessus
désormais habituelle, sinon familière
là je me dis
ah non
stop
en deux deux je me mets à douter de tout l'amour du monde avec ça
une non-réponse, un suspens
oui bien sûr que ce dont j'ai besoin c'est sourire câlins
ces trucs dont j'ai oublié l'habitude
dont parfois l'envie me traverse
qui m'ont laissée à marée basse
durablement
et quand j'y pense ça me paraît dingue
que je puisse vivre là, sans amour depuis si longtemps
un corps dans l'espace
faut résister
à l'étrange vertige
donc je me dis : bien sûr que oui tu comptes pour eux
les amis
les hommes séduits
sortir de sa coquille et offrir sa fragilité
or c'est sur ce vide-là que la S. a tissé sa toile
je le lui ai présenté, évidemment
au moment de ma ruine et depuis,
c'est toujours là
et notre bonne intelligence va au-delà
mais au fond ses reproches
de négligence
parfaitement infondés
ne tiennent qu'à ma disponibilité et à mon doute perpétuel
savamment entretenus malgré sa bienveillance
alors : non
je ne cèderai pas
à ses insinuations
à sa déprime
à mon propre vague-à-l'âme passager
j'ai trop envie d'y croire
à la vie
pas dupe, ok mais
j'ai aussi envie de penser
que même avec l'immature j'aurais pu gérer autrement
la crise
si j'avais moi-même cédé
été moins intransigeante
que le défaut d'amour n'est pas qu'une malchance
j'ai toujours été au milieu du guet
bien plantée là, solide, parfois déboussolée
entière
chez ceux que j'aimerais aimer,
oui : plus de sincérité que de perversité
et moins de dérobades que d'impuissance
et ceux que j'aime sont toujours là
c'est pour ça qu'on ne passe pas notre vie à s'appeler
donc : je suis seule parce que je le veux bien
parce que je veux finir ce truc pour le travail
parce que je veux parler à l'Ange au téléphone ce soir et me coucher
mais je pourrais aussi
appeler la joueuse ou la vieille compagne de route
mes complices à deux rues d'ici.
Peut-être faire ça, oui.
Je mange et j'y vais.
Ce soir, deuxième jour seule malgré l'intermède pro pendant une heure trente
dépressurisation de l'appareil
la chape de vide me tombe dessus
désormais habituelle, sinon familière
là je me dis
ah non
stop
en deux deux je me mets à douter de tout l'amour du monde avec ça
une non-réponse, un suspens
oui bien sûr que ce dont j'ai besoin c'est sourire câlins
ces trucs dont j'ai oublié l'habitude
dont parfois l'envie me traverse
qui m'ont laissée à marée basse
durablement
et quand j'y pense ça me paraît dingue
que je puisse vivre là, sans amour depuis si longtemps
un corps dans l'espace
faut résister
à l'étrange vertige
donc je me dis : bien sûr que oui tu comptes pour eux
les amis
les hommes séduits
sortir de sa coquille et offrir sa fragilité
or c'est sur ce vide-là que la S. a tissé sa toile
je le lui ai présenté, évidemment
au moment de ma ruine et depuis,
c'est toujours là
et notre bonne intelligence va au-delà
mais au fond ses reproches
de négligence
parfaitement infondés
ne tiennent qu'à ma disponibilité et à mon doute perpétuel
savamment entretenus malgré sa bienveillance
alors : non
je ne cèderai pas
à ses insinuations
à sa déprime
à mon propre vague-à-l'âme passager
j'ai trop envie d'y croire
à la vie
pas dupe, ok mais
j'ai aussi envie de penser
que même avec l'immature j'aurais pu gérer autrement
la crise
si j'avais moi-même cédé
été moins intransigeante
que le défaut d'amour n'est pas qu'une malchance
j'ai toujours été au milieu du guet
bien plantée là, solide, parfois déboussolée
entière
chez ceux que j'aimerais aimer,
oui : plus de sincérité que de perversité
et moins de dérobades que d'impuissance
et ceux que j'aime sont toujours là
c'est pour ça qu'on ne passe pas notre vie à s'appeler
donc : je suis seule parce que je le veux bien
parce que je veux finir ce truc pour le travail
parce que je veux parler à l'Ange au téléphone ce soir et me coucher
mais je pourrais aussi
appeler la joueuse ou la vieille compagne de route
mes complices à deux rues d'ici.
Peut-être faire ça, oui.
Je mange et j'y vais.
J'en dors pas de la nuit
putain ces insomnies, j'avais jamais vécu des trucs pareils
cogite non-stop jusqu'aux heures du matin
un truc pour se protéger du vent fou qui renverse le haut bambou de la terrasse
aujourd'hui il pleuvait, presque j'aimais bien
mais revoilà déjà la lumière
la nuit a imposé le choix
le matin composer son numéro
il met une heure à rappeler
comme d'hab surbooké
tu m'as bien dit que tu aurais du temps la semaine prochaine ?
Je peux te faire une proposition indécente ?
Or il n'a pas peur
il dit que c'est tentant
- tièdeur pourrait-on croire mais ce n'est pas par courtoisie
il dit faut regarder, je ne peux pas abandonner mon enfant
je me doute bien je dis
j'ai vachement hésité à te proposer
c'est à prendre ou à laisser
mais comme c'est une occase
au diable les scrupules
tu peux venir seulement quelques jours si tu veux
je le sens encore débordé
il dit qu'il ne peut pas regarder avant ce soir
c'est curieux, ce truc, il aurait pu dire aussi : je m'y attelle au plus vite
ces drôles de "oui" de parisien, ça commence à ressembler au "non" turc
genre tout est possible mais je n'ai pas le temps
les Turcs jurent leurs grands dieux que tu peux compter sur eux, ça veut dire le contraire
ceux qui modèrent sont plus fiables
les Parisiens je me demande
en général quand même ils font ce qu'ils disent
très très tard longtemps après
tout en bas de la liste des tâches
Mais il ne dit pas non
il n'a pas peur
il ne rugit pas d'enthousiasme non plus
mais moi de toute façon je suis très calme
j'envoie un message aguicheur et le lien des rézas
dis-moi quand tu sais
en plus j'avance total à découvert puisqu'il sait qu'après je suis à Paname
c'est confort pour lui
mais comme je suis indépendante
avec un apparte rien que pour moi
et que c'est mon chantier de l'année
alors
roulez jeunesse
lui ou un autre, on verra bien
on ne se refuse rien
(t'as vu j'avance...)
putain ces insomnies, j'avais jamais vécu des trucs pareils
cogite non-stop jusqu'aux heures du matin
un truc pour se protéger du vent fou qui renverse le haut bambou de la terrasse
aujourd'hui il pleuvait, presque j'aimais bien
mais revoilà déjà la lumière
la nuit a imposé le choix
le matin composer son numéro
il met une heure à rappeler
comme d'hab surbooké
tu m'as bien dit que tu aurais du temps la semaine prochaine ?
Je peux te faire une proposition indécente ?
Or il n'a pas peur
il dit que c'est tentant
- tièdeur pourrait-on croire mais ce n'est pas par courtoisie
il dit faut regarder, je ne peux pas abandonner mon enfant
je me doute bien je dis
j'ai vachement hésité à te proposer
c'est à prendre ou à laisser
mais comme c'est une occase
au diable les scrupules
tu peux venir seulement quelques jours si tu veux
je le sens encore débordé
il dit qu'il ne peut pas regarder avant ce soir
c'est curieux, ce truc, il aurait pu dire aussi : je m'y attelle au plus vite
ces drôles de "oui" de parisien, ça commence à ressembler au "non" turc
genre tout est possible mais je n'ai pas le temps
les Turcs jurent leurs grands dieux que tu peux compter sur eux, ça veut dire le contraire
ceux qui modèrent sont plus fiables
les Parisiens je me demande
en général quand même ils font ce qu'ils disent
très très tard longtemps après
tout en bas de la liste des tâches
Mais il ne dit pas non
il n'a pas peur
il ne rugit pas d'enthousiasme non plus
mais moi de toute façon je suis très calme
j'envoie un message aguicheur et le lien des rézas
dis-moi quand tu sais
en plus j'avance total à découvert puisqu'il sait qu'après je suis à Paname
c'est confort pour lui
mais comme je suis indépendante
avec un apparte rien que pour moi
et que c'est mon chantier de l'année
alors
roulez jeunesse
lui ou un autre, on verra bien
on ne se refuse rien
(t'as vu j'avance...)
dimanche 3 octobre 2010
Sur Internet les gens ont la vie dont ils rêvent
Cette phrase de lui qui m'a tant plu
j'en aurais fait un thème de photos dédiées
pour rire
pourquoi pas, du reste
pour remiser cette idée folle qui m'a traversée ce matin :
"toi qui es prêt à voyager vers la Méditerranée, ça te dirait de me rejoindre... à I.?"
mais je n'ai rien envoyé
conciliabule de la raison :
non tu grillerais toutes tes cartouches
non, tu vas te manger un rateau méchant
non : si ça se passe, retrouvailles tronquées avec les amis, déséquilibre
(et puis à I. on y va quand on veut)
non : c'est mieux qu'il t'imagine là-bas toute seule
aiguillonner fantasmes
(s'il en a encore)
et les photos pleuvraient
du coup me voilà à créer un album
au départ le jeu c'est pour lui
moi, tu sais, je me défie de "mon mythe personnel"
comme l'appelle le collègue au sourire sexy cynique
et puis finalement
finalement...
me voilà heureuse comme un dimanche à I.
de ceux où je m'enfermais dans mon bureau à checker ma life
heureuse de ne rien faire de ce que j'avais prévu
de couper court à la vacuité du sud
dans l'été qui n'en finit pas
et dont je me lasse (oui c'est vrai)
heureuse de remettre à jour
la ligne de fuite du détroit
le seul lieu qui me convienne vraiment,
un bras de mer entre Europe et Asie
toute une histoire, là-dedans, et des générations d'aïeux
- ce genre de choses qu'on se raconte -
L'aventurière est lasse d'être coincée
mais n'est pas obligée de tout foutre par terre
le garçon, on le sait, ne serait qu'un prétexte
puisqu'on ne se connaît pas
un prétexte à la fuite
or : inutile de fuir
j'ai tous mes souvenirs pour moi
les preuves de ma vie rêvée réalisée
je n'ai pas eu peur de rentrer
tout peut toujours recommencer
mais putain comme c'est dur
de se ranger des voitures
j'oscille
je joue avec la tentation
de repartir
à Paris
de quitter le taf
de me brûler encore les ailes
de l'air, de l'air !
(je ne pense pas à l'étranger
j'ai trop besoin encore de mes amis
je ne partirai plus
- ou alors avec un homme un vrai
dans longtemps
ou pour un an seulement
je sais pas, moi
avec des enfants
je repartirai peut-être, mais autrement)
alors que peut-être des possibilités s'ouvrent ici
un ou deux hommes plutôt la classe
rencontrés cette semaine
dont un géographe voyageur
je me promets que je vais aller vers lui très vite
parce que quand même
faut pas déconner
il a beau porter une casquette...
mais je suis comme l'immature
ça doit pas tant me plaire
avant même de les draguer
le vertige de l'installation
durable
dans cette ville au soleil
avec un grand appart, des gamins, week end dans les calanques
en fait je crois que je ne veux pas ça
la dérobade perpétuelle
l'entourloupe
le croche-pattes à soi-même
Paris pourtant je la connais cette salope
son hiver morose
ses loyers hors de prix
son anxiété fiévreuse
son nombrilisme hermétique
son manque d'imagination
ici au moins tout est toujours à découvrir
toujours du monde débarqué d'ailleurs
je suis aux premières loges
et tout peut encore advenir
la vie rêvée c'est celle qu'on construit
oui je sais mais je
j'en aurais fait un thème de photos dédiées
pour rire
pourquoi pas, du reste
pour remiser cette idée folle qui m'a traversée ce matin :
"toi qui es prêt à voyager vers la Méditerranée, ça te dirait de me rejoindre... à I.?"
mais je n'ai rien envoyé
conciliabule de la raison :
non tu grillerais toutes tes cartouches
non, tu vas te manger un rateau méchant
non : si ça se passe, retrouvailles tronquées avec les amis, déséquilibre
(et puis à I. on y va quand on veut)
non : c'est mieux qu'il t'imagine là-bas toute seule
aiguillonner fantasmes
(s'il en a encore)
et les photos pleuvraient
du coup me voilà à créer un album
au départ le jeu c'est pour lui
moi, tu sais, je me défie de "mon mythe personnel"
comme l'appelle le collègue au sourire sexy cynique
et puis finalement
finalement...
me voilà heureuse comme un dimanche à I.
de ceux où je m'enfermais dans mon bureau à checker ma life
heureuse de ne rien faire de ce que j'avais prévu
de couper court à la vacuité du sud
dans l'été qui n'en finit pas
et dont je me lasse (oui c'est vrai)
heureuse de remettre à jour
la ligne de fuite du détroit
le seul lieu qui me convienne vraiment,
un bras de mer entre Europe et Asie
toute une histoire, là-dedans, et des générations d'aïeux
- ce genre de choses qu'on se raconte -
L'aventurière est lasse d'être coincée
mais n'est pas obligée de tout foutre par terre
le garçon, on le sait, ne serait qu'un prétexte
puisqu'on ne se connaît pas
un prétexte à la fuite
or : inutile de fuir
j'ai tous mes souvenirs pour moi
les preuves de ma vie rêvée réalisée
je n'ai pas eu peur de rentrer
tout peut toujours recommencer
mais putain comme c'est dur
de se ranger des voitures
j'oscille
je joue avec la tentation
de repartir
à Paris
de quitter le taf
de me brûler encore les ailes
de l'air, de l'air !
(je ne pense pas à l'étranger
j'ai trop besoin encore de mes amis
je ne partirai plus
- ou alors avec un homme un vrai
dans longtemps
ou pour un an seulement
je sais pas, moi
avec des enfants
je repartirai peut-être, mais autrement)
alors que peut-être des possibilités s'ouvrent ici
un ou deux hommes plutôt la classe
rencontrés cette semaine
dont un géographe voyageur
je me promets que je vais aller vers lui très vite
parce que quand même
faut pas déconner
il a beau porter une casquette...
mais je suis comme l'immature
ça doit pas tant me plaire
avant même de les draguer
le vertige de l'installation
durable
dans cette ville au soleil
avec un grand appart, des gamins, week end dans les calanques
en fait je crois que je ne veux pas ça
la dérobade perpétuelle
l'entourloupe
le croche-pattes à soi-même
Paris pourtant je la connais cette salope
son hiver morose
ses loyers hors de prix
son anxiété fiévreuse
son nombrilisme hermétique
son manque d'imagination
ici au moins tout est toujours à découvrir
toujours du monde débarqué d'ailleurs
je suis aux premières loges
et tout peut encore advenir
la vie rêvée c'est celle qu'on construit
oui je sais mais je
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