mercredi 20 octobre 2010

presque - pas tout à fait - rendez-vous

et j'avais beau en rêver

ça me déboussole

ça me déconcentre

retour du vivant

pour l'instant je tiens le coup

mais c'est drôle ce truc

de se sentir au bord

de perdre tous ses moyens

(et si... ?
et alors lui, euh, mais ?
et moi je ?
mais est-ce que lui, moi, nous,
...
(je me fais des films ou bien euh,
hmmm...))

au secours !
(oh oui !!!)

samedi 9 octobre 2010

Et il rappela

sans avoir écouté

je laisse sa voix témoigner d'une posture tranquille

alors ok, je rappelle à mon tour :

je rappelle, j'ai entendu, faut que tu saches
je t'ai laissé un message pas sympa

efface-le

dans le dialogue qui a suivi

il y a l'histoire du temps, des obstacles

du téléphone perdu retrouvé

l'intention de venir mais tout trop compliqué voyons à ton retour

moi :
mais tu sais, je viens
à Paris, fin du mois

pas grave pour l'impossible
voyage inopiné aux frontières du continent -
je t'appellerai à mon retour
on visitera la capitale de la France
oui, faudra monter sur la tour Eiffel, personne jamais ne le fait
Ah oui ? Ah non, on va pas faire ça
oh et puis après tout c'est ton domaine
je te laisse la main
découvrons les rues secrètes de Paris

et pour ne pas
en finir comme si de rien :
quand même un truc, si je t'ai laissé un message pas sympa
c'est qu'on ne se connaît pas, alors y a de quoi s'interroger :
peut-être un jeune homme qui me fait le coup de l'arlésienne

Non, pas de plan répond-il
je ne suis pas accroché à mon tel
mais

Je suis là


Colère
désillusion

ça ne fera jamais qu'une de plus

colère accaparante, ne rien pouvoir faire d'autre que ruminer

j'envoie au matin un message comme une sonde légère

je laisse mon phone à la maison

deux heures après retour, rien

alors mesure exceptionnelle, les trucs où on s'arrache

désolée mais ça commence à devenir chiant cette disparition des ondes
un petit signe serait appréciable

si le soufflé est retombé
que je suis à côté de la plaque
j'aime autant le savoir
cio à bientôt j'espère

avec cette voix grave froide et courtoise
qui me conserve la dignité

alors que je fais un truc vraiment pas fastoche
dénoncer la fuite d'un inconnu
qui ne me doit rien qu'une réponse

un oui, un non,
un terminé
un oui oui tout va bien

L'Ange m'a dit qu'avec mon invite cash
au moins je saurais vite à qui j'ai affaire
on n'a pas de temps à perdre

elle n'a pas tort

me voilà bien
marrie

une fois de plus

au lieu de me dire que j'ai été trop vite
puisqu'aussi bien j'ai résisté à mes tentations de fille bouillante avant d'avancer à découvert

je comprends mieux les difficultés d'orga dont il me parlait
si tu rappelles jamais, coco, ça en dit long, c'est sûr

y a des fuites que je laisse passer, celle-là non

sensible aux conseils d'une jeune femme hier
j'ai relancé
un peu plus tôt certes

et me suis plus vite énervée
qu'elle ne l'aurait fait

j'avais juste besoin d'une autorisation
putain les relations homme-femme

je leur fais peur alors comme ça

bon ben j'en ai pas fini

y a du boulot encore
et le premier qui me dit que je dois fermer ma gueule
être plus mystérieuse patiente distante
un peu folle
ainsi attirante
ou
dépendante-rassurante

je lui mets un coup de boule

vendredi 8 octobre 2010

C'est sûr quand t'es seule tu peux
en rentrant
longer la terrasse en bas de chez toi, tomber sur une connaissance, enchaîner deux bières
et un resto

tu peux dormir 11 heures pour endiguer le coup de nerf de la vieille folle
pas esquivé, cette fois
et qui bout toute la journée dans les artères sensibles

tu peux prendre le temps vendredi matin
d'écrire sur ton blog pour te faire une raison
pour te faire une patience
parce que l'homme
inconnu mais pressenti
espéré
est silencieux
sans doute pour des questions fort légitimes
d'obligations diverses
à J-5
or comme j'avance à découvert
je vais pas non plus aller aux nouvelles
question de fierté
et d'équilibre

quand t'es seule tu peux
te dire que t'as de la chance d'être libre
que ton ennui c'est rien
par rapport à la pression des boulots contraignants et de tous les engagements
le nez dans le guidon

mais tous les jours tout le chemin à refaire
trouver un sens à cette vie-là
aussi tranquille soit-elle
sa vacuité

j'ai besoin d'amour

je ne suis pas si seule je le sais
étonnée de la force et du nombre
de mes grandes amitiés

mais l'enthousiasme s'essouffle
dans la répétition des jours
je voudrais m'oublier cinq minutes

je m'exhorte encore à la patience

encore

putain

lundi 4 octobre 2010

En effet c'est révélateur ce qui se passe avec la S.
Ce soir, deuxième jour seule malgré l'intermède pro pendant une heure trente

dépressurisation de l'appareil
la chape de vide me tombe dessus
désormais habituelle, sinon familière

là je me dis
ah non
stop

en deux deux je me mets à douter de tout l'amour du monde avec ça
une non-réponse, un suspens

oui bien sûr que ce dont j'ai besoin c'est sourire câlins
ces trucs dont j'ai oublié l'habitude
dont parfois l'envie me traverse
qui m'ont laissée à marée basse
durablement

et quand j'y pense ça me paraît dingue
que je puisse vivre là, sans amour depuis si longtemps
un corps dans l'espace

faut résister
à l'étrange vertige

donc je me dis : bien sûr que oui tu comptes pour eux
les amis
les hommes séduits
sortir de sa coquille et offrir sa fragilité

or c'est sur ce vide-là que la S. a tissé sa toile
je le lui ai présenté, évidemment
au moment de ma ruine et depuis,
c'est toujours là
et notre bonne intelligence va au-delà
mais au fond ses reproches
de négligence
parfaitement infondés
ne tiennent qu'à ma disponibilité et à mon doute perpétuel
savamment entretenus malgré sa bienveillance

alors : non
je ne cèderai pas
à ses insinuations
à sa déprime
à mon propre vague-à-l'âme passager

j'ai trop envie d'y croire
à la vie

pas dupe, ok mais
j'ai aussi envie de penser

que même avec l'immature j'aurais pu gérer autrement
la crise

si j'avais moi-même cédé
été moins intransigeante

que le défaut d'amour n'est pas qu'une malchance
j'ai toujours été au milieu du guet
bien plantée là, solide, parfois déboussolée

entière

chez ceux que j'aimerais aimer,
oui : plus de sincérité que de perversité
et moins de dérobades que d'impuissance

et ceux que j'aime sont toujours là
c'est pour ça qu'on ne passe pas notre vie à s'appeler

donc : je suis seule parce que je le veux bien
parce que je veux finir ce truc pour le travail
parce que je veux parler à l'Ange au téléphone ce soir et me coucher

mais je pourrais aussi
appeler la joueuse ou la vieille compagne de route
mes complices à deux rues d'ici.

Peut-être faire ça, oui.

Je mange et j'y vais.
J'en dors pas de la nuit

putain ces insomnies, j'avais jamais vécu des trucs pareils
cogite non-stop jusqu'aux heures du matin
un truc pour se protéger du vent fou qui renverse le haut bambou de la terrasse

aujourd'hui il pleuvait, presque j'aimais bien
mais revoilà déjà la lumière

la nuit a imposé le choix
le matin composer son numéro
il met une heure à rappeler
comme d'hab surbooké

tu m'as bien dit que tu aurais du temps la semaine prochaine ?
Je peux te faire une proposition indécente ?

Or il n'a pas peur
il dit que c'est tentant
- tièdeur pourrait-on croire mais ce n'est pas par courtoisie
il dit faut regarder, je ne peux pas abandonner mon enfant

je me doute bien je dis
j'ai vachement hésité à te proposer
c'est à prendre ou à laisser
mais comme c'est une occase
au diable les scrupules
tu peux venir seulement quelques jours si tu veux

je le sens encore débordé
il dit qu'il ne peut pas regarder avant ce soir

c'est curieux, ce truc, il aurait pu dire aussi : je m'y attelle au plus vite

ces drôles de "oui" de parisien, ça commence à ressembler au "non" turc
genre tout est possible mais je n'ai pas le temps
les Turcs jurent leurs grands dieux que tu peux compter sur eux, ça veut dire le contraire
ceux qui modèrent sont plus fiables
les Parisiens je me demande
en général quand même ils font ce qu'ils disent
très très tard longtemps après
tout en bas de la liste des tâches

Mais il ne dit pas non
il n'a pas peur

il ne rugit pas d'enthousiasme non plus
mais moi de toute façon je suis très calme

j'envoie un message aguicheur et le lien des rézas
dis-moi quand tu sais

en plus j'avance total à découvert puisqu'il sait qu'après je suis à Paname
c'est confort pour lui

mais comme je suis indépendante
avec un apparte rien que pour moi

et que c'est mon chantier de l'année

alors

roulez jeunesse

lui ou un autre, on verra bien

on ne se refuse rien

(t'as vu j'avance...)

dimanche 3 octobre 2010

Sur Internet les gens ont la vie dont ils rêvent

Cette phrase de lui qui m'a tant plu
j'en aurais fait un thème de photos dédiées
pour rire

pourquoi pas, du reste

pour remiser cette idée folle qui m'a traversée ce matin :
"toi qui es prêt à voyager vers la Méditerranée, ça te dirait de me rejoindre... à I.?"
mais je n'ai rien envoyé

conciliabule de la raison :
non tu grillerais toutes tes cartouches
non, tu vas te manger un rateau méchant
non : si ça se passe, retrouvailles tronquées avec les amis, déséquilibre
(et puis à I. on y va quand on veut)
non : c'est mieux qu'il t'imagine là-bas toute seule
aiguillonner fantasmes
(s'il en a encore)

et les photos pleuvraient

du coup me voilà à créer un album
au départ le jeu c'est pour lui
moi, tu sais, je me défie de "mon mythe personnel"
comme l'appelle le collègue au sourire sexy cynique

et puis finalement

finalement...
me voilà heureuse comme un dimanche à I.
de ceux où je m'enfermais dans mon bureau à checker ma life

heureuse de ne rien faire de ce que j'avais prévu
de couper court à la vacuité du sud
dans l'été qui n'en finit pas
et dont je me lasse (oui c'est vrai)

heureuse de remettre à jour
la ligne de fuite du détroit
le seul lieu qui me convienne vraiment,
un bras de mer entre Europe et Asie
toute une histoire, là-dedans, et des générations d'aïeux
- ce genre de choses qu'on se raconte -

L'aventurière est lasse d'être coincée
mais n'est pas obligée de tout foutre par terre
le garçon, on le sait, ne serait qu'un prétexte
puisqu'on ne se connaît pas

un prétexte à la fuite
or : inutile de fuir
j'ai tous mes souvenirs pour moi
les preuves de ma vie rêvée réalisée
je n'ai pas eu peur de rentrer
tout peut toujours recommencer

mais putain comme c'est dur
de se ranger des voitures
j'oscille
je joue avec la tentation
de repartir
à Paris
de quitter le taf

de me brûler encore les ailes

de l'air, de l'air !
(je ne pense pas à l'étranger
j'ai trop besoin encore de mes amis
je ne partirai plus
- ou alors avec un homme un vrai
dans longtemps
ou pour un an seulement
je sais pas, moi
avec des enfants
je repartirai peut-être, mais autrement)

alors que peut-être des possibilités s'ouvrent ici
un ou deux hommes plutôt la classe
rencontrés cette semaine
dont un géographe voyageur

je me promets que je vais aller vers lui très vite
parce que quand même
faut pas déconner
il a beau porter une casquette...

mais je suis comme l'immature
ça doit pas tant me plaire
avant même de les draguer
le vertige de l'installation
durable
dans cette ville au soleil
avec un grand appart, des gamins, week end dans les calanques
en fait je crois que je ne veux pas ça

la dérobade perpétuelle
l'entourloupe
le croche-pattes à soi-même

Paris pourtant je la connais cette salope
son hiver morose
ses loyers hors de prix
son anxiété fiévreuse
son nombrilisme hermétique
son manque d'imagination

ici au moins tout est toujours à découvrir
toujours du monde débarqué d'ailleurs
je suis aux premières loges
et tout peut encore advenir
la vie rêvée c'est celle qu'on construit

oui je sais mais je