vendredi 29 octobre 2010

Chute ?

Tu sais
moi aussi j'ai été trahie

mais j'ai envie de te faire confiance

(c'était simple de dépister tes flirts
ton envie de fuite
comme
nécessité de se rassurer
de se prouver une liberté
la journée à réfléchir à la stratégie de réaction
- à l'amour
comme à la guerre
comme au jeu d'échec -
je pourrais
ne rien dire
laisser couler
poser cartes sur table genre : la règle c'est ça
mais :
non

je me repasse la scène de la gare dans Les Poupées Russes)

c'est toujours un pari

mercredi 27 octobre 2010

Coup de théâtre.
Mon petit film parisien gentillet se complexifie
entrée en lice
du jeune homme de bonne famille

Le vieux pote
qui
arrive à la bourre
séduisant
on est content de se voir

m'emmène à une projection
sur le boulevard vers Gare de Lyon,
on se dit, alors, et toi ?
Comme un aveu de résignation
et de maturité
il dit qu'il rêve de s'installer
las des coups des soirs et des plans sans lendemain
et après
au pot des prods

à la faveur d'une blague
genre t'as vu on se retrouve tous les tremblements de terre
on est familier
on débriefe
on fera pareil à 60 ans

Oui, il me dit
dans notre apparte du 5e
je relève la blague
tu veux dire qu'on sera mariés ?

Et là : déclaration
12 ans qu'il me kiffe
et tout ce qu'il me dit de moi
me montre qu'il m'a bien cernée
la question des origines
des fuites et du gros potentiel de casse-couillerie
demain à 14h visite d'apparte il balance comme une perche
tes parents ils m'adorent déjà
tout ça au verre de rouge
et sur la route de mon renc vers Bastille
portant mon sac il m'annonce le programme, les enfants
et : tu seras très amoureuse de ton mari
et : pas profiter du besoin d'affection ni de la solitude
de ton année pourrie
c'est maintenant que tu peux choisir
et : prends ton temps

ça me touche
je chahute ses arguments
j'en redemande
quelle classe, sa sérénade

il me laisse
rejoindre les bras de l'inconnu
soudain mis en balance
l'inconnu évidemment mécontent
de m'appeler en vain depuis 10 minutes
oh, pardon, je dis
désinvolte
consciente de jouer mon rôle
de princesse

souriante
expectative
je l'observe
ses bâillements
sa réserve
ses changements de programme
les accessoires de sa méfiance

on va chez lui on fait l'amour
on fait l'amour vibrant
avec du rire et des jouissances et des caresses
des cris et du jeu

la nuit il est malade
une intox alimentaire tu parles
ça remue, là-dedans

au matin de fil en aiguille de bavardage
on aborde (déjà) les vraies questions
il révèle son ambivalence
il dit qu'il est instable
le passé les trahisons tout ça

oh là là je te jure pourquoi toujours comme ça
le monde moderne, il dit, l'individualisme
je pense à l'autre
je n'en parle pas
mais ça me donne l'aplomb pour tout balancer
ça tombe bien cette discussion, j'allais te glisser une réplique sur les priorités
Lui : oui, tu sais, moi, je sais pas
si vraiment je veux
ou pas
ma vie...
pis si tu me demandais mon sentiment physique, là
ben ça va pas

ah voilà, maintenant tu vas l'associer à moi ce mal de ventre

ok je t'appelle il conclut
alors non, on va pas faire comme ça.
Je pourrais être à ta disposition
mais je ne veux pas
être tout en bas de ta liste des tâches
au passage, je suis sdf dimanche soir, tu m'accueilles ?
t'as un dîner ? D'accord, invite-moi
Une meuf, c'est comme un enfant, pas le choix
(quitte à faire la chieuse, je regarde jusqu'où t'encaisses)

bon allez à demain
prends bien soin de toi

je ne sais plus ce que je lui balance sur le mariage
puis, tandis qu'il se tord sur le canap
et avant même qu'il ne s'insurge,
"nan jdéconne"
et je me tire

heureusement qu'au bout de la 2
y a la brunette
aurait-elle pu sincèrement me conseiller la voie de la sécurité ?
Oui mais non
elle approuve sur toute la ligne
m'adoube dialoguiste
jugeant positivement les atouts du garçon inconnu
instable, indisponible ? Les excuses qu'il se donne
introspection, écoute, joie de vivre, très bien tout ça
et tu ne vas pas te caser
avec un mec, au demeurant très chouette
pour un programme confort

(Au moment du point final, le troisième protagoniste
apparaît :
texto : "dispo ce soir ?"
surfing on the wave : "why not"...)

Princesse attitude, ouais, enfin
le grand jeu des minauderies
mais fair play
je prends des risques, il me faut des soupapes

salut, c'est moi
je reviens dans la course

mardi 26 octobre 2010

Putain j'ai déjà des problèmes de couple
me balancé-je à moi-même comme une blague

la nuit retour du refoulé, comme par hasard rêve d'une dispute avec mon père
le jour j'échoue à garder le recul, au bout d'un moment, vaincue, je diffère
le moment d'avoir moins froid aux mains aux pieds
le moment d'être moins inquiète
car il ne rappelle pas
c'est donc qu'il s'en fout
c'est donc que je suis la dernière roue
le jour j'ai beau faire avancer mes affaires, plus rien n'a de goût

puis au moment où le soir enfin ça n'a plus d'importance
à réchauffer les pâtes avant un verre au bout de la 12
il appelle
bordélique rigolo désinvolte
je comprends rien à son orga
tain la semaine où je suis là t'as zéro dispo
je dis y a l'orga, ok, et puis y a l'envie
ce salaud répond que l'envie d'abord c'est de voir son gamin
je le sais que t'as un gamin, j'ai bien compris
ça va être compliqué cette histoire
oui mais au moins on aura essayé il répond
tout ça dans la plus courtoise sympathique discussion

réponse drôle disent les copines
blague de bon augure

mais quand même, des scuds, hein. C'est qu'un début, alors c'est too much, non ?
et puis non, c'est un début, c'est maintenant
que se joue la mise en place
déjà le moment
que j'aiguise ma réplique insidieuse
parce que mes vieux dossiers se rouvrent à l'exacte page où
je les avais laissés en plan
tu crois que t'es toute fraîche, à peine éclose
et en fait t'as huit ans de couple dans les pattes
(oh les contrariétés qui remontent...
le combat de la dispo...)

alors
voilà mec
c'est pratique une meuf à marseille
à qui accorder une demi-heure par semaine
mais je ne serai pas la cinquième roue
je sais pas moi, quand on a envie d'une histoire
on prend des risques
on pense peut-être à revoir ses priorités

je peaufine ça et je vais te la balancer candidement comme si de rien
en deuxième partie de soirée après avoir moi-même passé un moment avec un vieux copain
et sans scrupule en plus
les bonnes techniques d'éducation
faudrait au moins que cette année m'ait servi à prendre de la graine
à devenir la parfaite chieuse que le monde nous envie
ne céder sur rien et jouir de tout
il paraît que ça les fait kiffer
(oh la grosse machote)
(non mais là je me mets des objectifs mais c'est parce qu'en vrai je cède bien trop vite sinon)
(à part ça, le gingko ça a l'air de marcher)
(sans ces précautions, jamais je ne pourrai revivre dans la foule en dessous de 15 degrés)

dimanche 24 octobre 2010

Dans la vie,

il y a aussi

des périodes

comme ça :

exaltantes, trépidantes, à 200 à l'heure que du bonheur

réactiver toutes les fonctions assoupies

voyage, radio, sexe et grandes amitiés
tournée des bars
et l'écriture, mais oui,
aussi

ah ben voilà !

A un moment en trois jours j'ai relié les trois cités de mes dernières années
mes quatre dernières maisons
à I. à Marseille à Paris

- Chronique de la mélancolie dans la boîte
et bientôt sur les ondes, messieurs dames
mélancolie orientale, cela va de soi
oh la sentimentale ;
le beau gosse de l'émission prêt à renouveler l'expérience
quand je veux : voie royale -

puis

dans le froid saisissant de la capitale
que je jauge (saurai-je m'y réhabituer ? Et ce stress, ces nuages bas, ces tous petits appartes)
(J'ai envie de revenir)
(Eh oui...)
Je lui donne rendez-vous au bar des bonnes humeurs
hommage aux souvenirs
des beaux moments de Ménilmontant
puis,
doublé gagnant
je l'entraîne
au resto des belles occasions
alors, finalement, parigot d'adoption, je te fais découvrir ton quartier ?!
De grands rires en doux baisers, monsieur roule sur les trottoirs et m'attend aux sorties des stations, un seul casque il est bien embêté
mais du décalage, on fait un jeu
qui ressemble à du petit film parisien
jusqu'aux toits du XXe à travers la croisée
et les ébats qui devaient bien arriver
explosifs
dans l'ivresse s'y adonner sans trop savoir si c'est vraiment le genre prisé
bousculade festive

quelque chose en moi croit à cette connivence
toute cette simplicité

mais bien sûr il faut du temps
de la marge

depuis lors le silence
je laisse se déposer les éclats
de première nuit
où comme à chaque nouveau début la somnolence épuise
les sursauts du corps
les images incohérentes
le réveil du désir
les suées et les baisers
se pelotonner familièrement entre des bras inconnus
d'évidence

il n'est pas contre
il y a une retenue
une pudeur ?
une peur ?
je modère mes ardeurs

chez lui c'est rouge et blanc
il y a des livres de photo
les surprises y sont beaucoup moins dépaysantes
que dans la chambre exiguë du chevalier des steppes
dans la ruelle secrète du quartier noctambule à I.

Ici, ça pourrait être ma nouvelle nouvelle vie
de petite nénette cultureuse
- comme tout le monde, quoi -
écrit-elle depuis le nid de Belleville
dealé avec la comédienne
contre mon grand traversant plein de soleil et de bruit

Je repasse devant la terrasse où l'an dernier même époque à la faveur du déjeuner avec F.
je l'avais rencontrée
la comédienne
installée depuis lors à Marseille

pendant tout ce temps tu crois que tu galères
un an après tu repasses, état des lieux, et quand même c'est la classe
réjouie du chemin parcouru

en revenant ici,
saurais-je préserver l'espace intime
pour comprendre les enjeux
des relations des désirs des affections
des amours des amitiés
mieux que je n'ai su le faire
il y a quelques années ?


Marseille me semble s'éloigner à vitesse grand V
complètement incongrue
le lieu de la distance à soi
salutaire, voire féconde

faut pas que j'oublie
je vais y rentrer

et surtout, surtout, pas de précipitation
depuis les starting blocks
(oh les plans sur la comète)
(et les risques de faux pas)
(mais tu sais quoi ? je suis confiante... réflexion à l'appui)

donc :
si tournant il y a à négocier
il faut ménager le truc

(m'enfin à me relire
les choses ont l'air bien claires)

mercredi 20 octobre 2010

presque - pas tout à fait - rendez-vous

et j'avais beau en rêver

ça me déboussole

ça me déconcentre

retour du vivant

pour l'instant je tiens le coup

mais c'est drôle ce truc

de se sentir au bord

de perdre tous ses moyens

(et si... ?
et alors lui, euh, mais ?
et moi je ?
mais est-ce que lui, moi, nous,
...
(je me fais des films ou bien euh,
hmmm...))

au secours !
(oh oui !!!)

samedi 9 octobre 2010

Et il rappela

sans avoir écouté

je laisse sa voix témoigner d'une posture tranquille

alors ok, je rappelle à mon tour :

je rappelle, j'ai entendu, faut que tu saches
je t'ai laissé un message pas sympa

efface-le

dans le dialogue qui a suivi

il y a l'histoire du temps, des obstacles

du téléphone perdu retrouvé

l'intention de venir mais tout trop compliqué voyons à ton retour

moi :
mais tu sais, je viens
à Paris, fin du mois

pas grave pour l'impossible
voyage inopiné aux frontières du continent -
je t'appellerai à mon retour
on visitera la capitale de la France
oui, faudra monter sur la tour Eiffel, personne jamais ne le fait
Ah oui ? Ah non, on va pas faire ça
oh et puis après tout c'est ton domaine
je te laisse la main
découvrons les rues secrètes de Paris

et pour ne pas
en finir comme si de rien :
quand même un truc, si je t'ai laissé un message pas sympa
c'est qu'on ne se connaît pas, alors y a de quoi s'interroger :
peut-être un jeune homme qui me fait le coup de l'arlésienne

Non, pas de plan répond-il
je ne suis pas accroché à mon tel
mais

Je suis là


Colère
désillusion

ça ne fera jamais qu'une de plus

colère accaparante, ne rien pouvoir faire d'autre que ruminer

j'envoie au matin un message comme une sonde légère

je laisse mon phone à la maison

deux heures après retour, rien

alors mesure exceptionnelle, les trucs où on s'arrache

désolée mais ça commence à devenir chiant cette disparition des ondes
un petit signe serait appréciable

si le soufflé est retombé
que je suis à côté de la plaque
j'aime autant le savoir
cio à bientôt j'espère

avec cette voix grave froide et courtoise
qui me conserve la dignité

alors que je fais un truc vraiment pas fastoche
dénoncer la fuite d'un inconnu
qui ne me doit rien qu'une réponse

un oui, un non,
un terminé
un oui oui tout va bien

L'Ange m'a dit qu'avec mon invite cash
au moins je saurais vite à qui j'ai affaire
on n'a pas de temps à perdre

elle n'a pas tort

me voilà bien
marrie

une fois de plus

au lieu de me dire que j'ai été trop vite
puisqu'aussi bien j'ai résisté à mes tentations de fille bouillante avant d'avancer à découvert

je comprends mieux les difficultés d'orga dont il me parlait
si tu rappelles jamais, coco, ça en dit long, c'est sûr

y a des fuites que je laisse passer, celle-là non

sensible aux conseils d'une jeune femme hier
j'ai relancé
un peu plus tôt certes

et me suis plus vite énervée
qu'elle ne l'aurait fait

j'avais juste besoin d'une autorisation
putain les relations homme-femme

je leur fais peur alors comme ça

bon ben j'en ai pas fini

y a du boulot encore
et le premier qui me dit que je dois fermer ma gueule
être plus mystérieuse patiente distante
un peu folle
ainsi attirante
ou
dépendante-rassurante

je lui mets un coup de boule