jeudi 24 mars 2011

c'était un beau moment
à l'écoute
(le voyage, l'écriture, sincère simplicité
- et générosité)
il y a le livre et il y a l'homme
être beau c'est une chose
être adorable : la cerise

juste
malgré le sourire l'intérêt
et même presque une douceur
et le partage

je m'aperçois
une fois rentrée
à quel point c'était hard

parler de mort d'enfant
le lendemain

le lendemain
de

la perte

d'une étonnante innocence
on le sait bien, pourtant, qu'on n'est pas préservés
on le sait bien

lui il avait un an
et eux ils ont mon âge
et pendant ce temps
de soir affable d'écoute et de sourires
ils vivent en sursis

un monde effondré

et ce soir celle qui nous a emmenés
pendant des dizaines de minutes dans l'habitacle
nous a parlé
de la mère folle
du père mort, lui aussi un platane

et puis c'était la vie,
juste

il faut affronter

la naissance du deuxième
pas reproduire

pas se laisser grignoter

j'en reviens pas d'être aussi triste
j'en reviens pas de cette peine
c'est con hein : fini fini, la couleur du jour sera plus jamais la même

mercredi 23 mars 2011

Aucun sens

Choc
ciel assombri
le seul truc possible
seul hommage
un cierge
non des attitudes d'emprunt mais respect pour toi
qui ne t'es pas encore réveillée
et à qui mentalement j'envoie tout mon espoir
de retour
au monde où ton enfant n'est plus
depuis cette nuit

et aussi à cet homme qui malgré les aléas sans importance des désaccords et des intermittences
est un ami
est ton élu
est le père que tu as choisi
pour ce petit garçon qui n'est plus

rien à dire aucun sens
muette, mon amitié
sincère
comme la tristesse

mardi 22 mars 2011

Ironie du sort

Je pourrais me faire prendre par les sentiments
(ce ne serait pas la première fois)

un jeune homme qui aussi sereinement me déclare sa flamme
avec aplomb
en précisant que ce n'est pas toujours aussi simple
et qu'il le fait parce que je peux l'entendre

qu'il est heureux

il admet que ce ne serait pas malin de commencer un truc

mais comme ça c'est dit

et qu'on peut quand même se voir

terrain glissant, je mets en garde

vite j'écris pour ne pas trop m'attendrir
j'ai peur du bouleversement

la confiance des corps des sourires
tout ça loin des tourments

faut-il que je connaisse les impasses et les revers d'illusions
faut-il que je connaisse mes contradictions

pour ne pas tout brader au nom des missions cœur vaillant rien d'impossible

je suis touchée

dimanche 20 mars 2011

En attendant la radioactivité

Sexe accordéon et alcool

au programme du printemps
encore une fête magistrale
dont le parquet met des mois à se remettre
d'ici là je serai partie

et moi j'en ai pour plusieurs jours
- j'ai plus vingt-cinq ans
au contraire du jeune amant, qui ne les a pas encore -
ouh là là ça frise les Liaisons dangereuses tout ça
F qui capte tous les 06 qui traînent
et moi qui cède au jeune éphèbe
mais c'est pas décadent
plutôt bon enfant

léger léger et généreux
avec les bulles et les propos incohérents
de belles valses, des rocks connexions
des étreintes
du rhum dans l'autre pièce
du verre brisé
un ticket d'euromillion
un pendule qui dit oui et qui dit non
des inconnus qui sont les derniers à partir mais qui descendent les bouteilles
un athlète dans mon lit au sourire doux et ferme
le retour évident de ce moment familier et chéri
de l'âcreté dans l'atmosphère au point suspendu
où subitement la chaleur afflue et se retire
palpitations palpables sous la peau
et tu es là tu me regardes
- les plaisirs partagés
comme la gueuledeb' -
la fête fait son effet rituel
j'ai deux-trois messages reconnaissants dans la boîte aujourd'hui
et je vote décroissance dans les vapeurs d'alcool
- au pays de Candy -

Nouvelle saison, nouvel amant

Et celui-ci me va comme un gant

vendredi 18 mars 2011

La frime

Ttfaçon m'en fous, ma jumelle m'a dit
> Tu rencontres les mecs les plus intellos-sexy du pays

(Mais faut pas les fréquenter, c'est tout)
(Laissons ça aux admiratrices et aux présentatrices)
(L'ego et les flashes, fatiguant)

Me réjouis de rester dans le corps
des passeurs de l'ombre
et les laboratoires

jeudi 17 mars 2011

L'amertume

Il est coutume de penser qu'on perd des amis dans l'adversité
- On en perd aussi dans les réussites, là où, ironie du sort, on récupère quelques anciens : vases communicants. -

L'étendue de ma colère qu'il me semblait, presque, maîtriser
avec un détachement qui d'ailleurs me surprenait un peu
n'a d'égale que l'amertume ce soir éprouvée

des détails : un fichier retiré de la Toile, que je devais commenter
pour l'avoir mis en œuvre ;
un silence éloquent

au moment où je retire ma confiance
je m'aperçois qu'elle tenait sur du vide
à moins qu'en écho à mon dépit muet
l'agressive offensée
ne se drape
pour s'attribuer la primeur de la victimisation

mais aujourd'hui toutes les indulgences consenties chaque semaine
ressemblent à des aveuglements
je suis sans regret, mais amère

effarée de ces fourberies étriquées
et au passage :
quelle mansuétude sans objet accordé-je à F même
qui fait fi comme une fleur des étapes accomplies -
j'ai beau faire celle qui s'en fout
qui a d'autres chats à fouetter
qui est indépendante et qui s'arrange du fait accompli
genre j'évite le conflit
sans rancune, jamais
je déclare forfait d'avance
pour conquérir mon champ libre
- reproduire indéfiniment la scène de fuite hors du donjon du père
à qui je me suis enfin confrontée
à rappeler un matin deux-trois fois
après ses raccrochages précipités
(le discrédit jeté comme depuis toujours sur mes projets)
pour des histoires de thunes qui ne sont rien d'autre
que des enjeux d'amour et de pouvoir -
peut-être que ces étapes-là, une fois passées,
m'ayant consolidée
m'ayant remise sur mes rails
me révèlent par petites touches l'ampleur de la saloperie
même pas planquée derrière les misérables mimiques
de la séduction et du talent
de ceux que je prenais pour des proches

le talent, piètre pantomime
des pleutres qui jouent les écorchés vifs
en dénonçant leurs clones mêmes

écœurée, je suis encore entière
je reconnais les miens
et je reviens parmi mes pairs