jeudi 19 janvier 2012

Insomnie des grands chantiers
après son message, sonde à peine sibylline
ce matin salve d'ambivalence,
il est question, sous couvert d'imaginaire et d'épisode hors champ,
de code amoureux
de transports et d'élans

je soutire comme par jeu les intentions - mais rien n'est moins clair
et finis par solliciter une invite au resto, avec désinvolture
(mais faut qu'on parle)

je ne me réjouis pas
je suis inquiète

séduite (seducere)
suis divisée détournée

soir
la vieille complice me somme de me protéger
de veiller à ce prix
qui vaut qu'on ne cède pas
aux sirènes
du besoin d'affection et de reconnaissance
pour un mâle flottant
me rappelle à la cohérence

puis
inspire / expire / poids dans le sol
évacuer les préoccupations
qui remuent en sourdine

sonder en moi une réponse
une évidence
une familiarité
qui ne vient pas
pleine contradiction
j'ai craqué pour encore un homme ambigu, fuyant, brillant, gentil mais égoïste
passionné créateur alambiqué
féminin
et dans quelles conditions

et ce spécimen-là
vraisemblablement est en train de craquer aussi
pour la piquante, marrante, indépendante
qu'il s'imagine que je suis

moi qui ne rêve que de nid douillet, de famille blagueuse, de tablées amicales, de câlins protecteurs, de petits plats, d'attendrissement
(et de voyage aussi)

lundi 16 janvier 2012

Putain j'ai mal au coeur...
(Un truc des jours qui passent, souquer à contre-courant
s'éviter les projections
tenir à distance les tentations
refaire partir la machine aux mille projets
mais voilà, il reste ça
et bien que la tendresse et l'attention ne soient pas interdites à l'amiable
je me retiens - je me tiens - je me préserve - je me réserve
j'ai mal au coeur
encline secrètement à adresser tant de douceur à ce garçon exceptionnel
dont je ne suis pas dupe
et qui m'a séduite en me la jouant à l'envers
et à qui je fais cadeau du temps dont il a besoin
au risque, mais c'est la vie, que ce soit voué à d'autres horizons
- c'est dire combien
déjà
et comme toujours malgré moi
je tiens à lui)

vendredi 13 janvier 2012

Poésie pour la nuit comme une poire pour la soif
A la mairie ils n'ont toujours pas viré les sapins allumés
13 janvier 2012
sur les marches un jeune homme à bonnet caresse une lumineuse
tablette
des échalas métisses ronchonnent dans le réduit en grignotant leurs nems
CB à partir de 8 euros
trottoirs guirlandes chapeaux
attention peinture fraîche
aux boîtes aux lettres le nouveau s'appelle Swan
au pied de l'escalier mon panier revenu
dimanche, constatant son absence,
j'avais réagi désinvolte
- quelle importance, puisque j'y gagne
imminent
un homme
(je l'espérais)
ce soir, mon panier revenu
presque une larme dans l'escalier aux haleines de vernis
d'avoir brisé à minuit
la rêverie d'une idylle
qui s'immisçait ici
Heureusement qu'il y a un ciel limpide où perdre le regard à la vitre du train - la fée mélancolie s'invite en passagère - les mots s'appliquent à épancher son jeu trouble et douceâtre. Un contrôleur perd l'équilibre, moqué par les confrères bourrus, diversion d'un sourire.
Juste un peu plus vivante certains matins comme ça.
Pensées.

mercredi 11 janvier 2012

Pécho 2012 : checked
un beau travail d'équipe, je m'apprête à écrire à la plus éloquente des copines
avec qui je projetais ça l'autre soir au bar

Y avait du oui
y avait du non

Je ne m'y étais pas trompée
intuition sur toute la ligne
ses hommages subtils au texte
ses intenses encouragements

son indécision même
et cette sincérité
excessive, à s'exposer, exigeant la pareille

alors, improbable et belle
surgit la sempiternelle question : estime, reconnaissance oui mais

que faire du corps ?

d'accorder au désir l'hommage qu'il requiert
c'était donner du jeu aux valeurs
non sans intelligence

on se découvre à peine mais on s'est éprouvés
la plume parfois impérieusement suscite l'intimité
(le style c'est le corps littéraire de l'auteur)

ce n'est pas une histoire faite pour la vie concrète
mais pour les mondes secrets
contingences suspendues
au corps à corps hâtif
élégant et fougueux
aux caresses frisson parfum
aux paroles inextinguibles
aux regards couleur lointain
aux récifs du soi-même heurtés dans l'intermède
aux peines dégoupillées
patiemment sans concession
à rebours des minutes qui aspirent vers un envol
encore un
(d'un transport l'autre)

à la nuit blanche voler ses flashes
peau douce lèvres mouillées sourire vraiment réjoui
la ritournelle émue des beautés saluées
l'homme debout dévêtu puissant et vulnérable
svelte délié impétueux

tu m'as écoutée attentivement
mais entends-tu les femmes ?
car tu ne t'es pas abandonné
au jeu du on-se-dit-tout c'est la carte handicap

tu es venu
encore une histoire tendre
hors champ

les ondes de douceur dans la zone des pensées
exhumée depuis lors des profondes solitudes

samedi 7 janvier 2012

Le choix d'une distance, ou d'une pureté, que sais-je, d'une intégrité
en bordure du monde des contingences (contraintes, anxiétés, grands conforts)
et
de la vie d'observations
de jugements mutuels
qui alimente toute société

expose à plus de vie
à plus d'amour
à plus de solitude aussi

la grande aventure

no compromise

parfois on rencontre des alter ego
écorchés et compliqués
entre l'excès de méfiance et l'excès d'abandon

pourtant

de nouveau

j'y crois

bonne humeur revenue

truc de la vie en mouvement

merci

merci mes amis mélancoliques dont la générosité
dont le goût de la vie
combat
combat depuis des mois
et d'autres des années
chaque minute
la nuit

samedi 24 décembre 2011

Un mois plus tard et même si je m'observe
avec circonspection
cette quiétude, ce temps qui passe
cette énergie
un peu vaine
tous ces trucs à faire
balader les parents dans paris aux lumières dans la foule
endiguer leurs tensions, leurs blocages, leur gentillesse
leur frustration tellement sophistiquée qu'elle leur dicte leurs certitudes crasses

endiguer leurs remarques débiles et leur enthousiasme juvénile
adulte devenue

revenir à soi
me sens prête
à nouveau
aux affrontements
comme/avec les autres
comme jung/fassbender si justement perçu chez cronenberg
le contrôle et l'abandon
ou : exposer l'ego
encore le grand bain
pour l'altérité, grande aventure
la seule qui vaille ?
non, je ne le crois plus

bref, à risquer le coup
à dire ok rien n'est parfait dans les perspectives
la conjoncture
mais c'est ça ou rien
et d'ici aux horizons d'idylle
il y a des chemins de traverse
pour le savoir : prends la route

pour l'instant rien, on ne se brade pas
je ne suis pas dupe des jeux bidons des soirées sans lendemain
la preuve : même les dragues engoncées et muettes ne sont pas sans conséquence
les vieux trucs surgissent - après mon départ, des drames en direct entre les hôtes
et ça n'en finit pas
il y a des milieux, franchement, quel manque de bon sens
comme dans les sous-couches chez Desplechin
ce soir pacifiquement
un conte de Noël premier degré pour une petite blonde
la trêve, sans enjeux
avec les vieux copains tout va bien
malgré les vacances d'antan
deux ans ont passé quand même

et s'il n'y avait pas
le vieux loup rancunier pour les piqûres de rappel
on n'y penserait même plus

tout ça va ensemble
je n'ai pas à expier indéfiniment des malaises du passé
les relations c'est vivant

j'ai encore un peu peur
mais
pour être retombée sur les vieux messages pas envoyés
je sais
que mes colères étaient légitimes
qu'au fond je tiens la barre

et qu'on se remet bien
des déceptions
(c'est pas une maladie)

Non je louperai pas le coche

Oui misons sur le grand retour du désir
(horizon deux mille douce)