mercredi 15 janvier 2014

Gravité

Gravité voix de l'âme j'ai le sang qui bouillonne

La présence sans lumière
inerte
dérobée
le corps en vie à terre

bourdonne
en silence
je te suis diffractée

main tendue vers mon ombre
mon prochain
tout ce qui nous entoure

la formation du corps
l'histoire du corps

non pas seul
en tension
goutte à goutte fragmentée
dans ton trouble reflet

une flaque un océan
ou des rues inondées

je traverse

suspendue
aux nuées
un autre territoire
ton sentier escarpé
l'atmosphère chargée d'eau
qui m'égare vers toi

où végéter encore
en cellules palpitantes
aspirées
ondoyantes
circulaires
je ne suis plus qu'un corps

à Hanoï ou ici
fondue dans le décor
un instant une naissance
on peut mourir ici
surplombé par une ombre

l'ennui noyé
l'espoir

une fuite ou un essor
une chute
si longue qu'on dirait
une tension, un effort

sans boussole
non sans désir
de vaciller encore
de s'y faire croire
de se bercer d'espoir
d'enfance
ou d'avenir
ou de présence intense
d'étrangeté
de substance

sans tête
hémisphère inversé
le temps coule à rebours
à l'opposé du globe

je pourrais être ailleurs
mais clouée, fascinée
je te regarde perdre tes traits
dissous dans l'eau stagnante

où vibre la peau moirée
qui sinue à peine
reptilienne
me renvoie à moi-même
à ma discontinuité
à mon incohérence
épuisée
de fantasmes
d'amours invisibles
échappés
étreints dans un écran
projetés au bout du monde
ou maintenus au sol
sans illusion
sans aucun poids
sans histoire

vais-je encore m'abandonner ?
et suis-je encore vivante ?








mardi 3 septembre 2013

Je suis exsangue.

Comme une blancheur de l'âme. Me retrouve dans la zone, ce n'est plus la dead zone, c'est la zone sans espoir. Sans désespoir peut-être, pas non plus. Zone instable.

On tâche de s'accrocher au présent et presque c'est peine perdue.

Juillet territoire affectif écroulé, raccrochée aux branches, avec les amis ça ira, obligée. La mer le mémoire, actualisation permanente. Mais en même temps le petit film qui se jouait sans s'arrêter. "Peut-être". "Peut-être" c'est oui

Chaque matin je me réveillais, d'une tristesse. Rien n'y croyait en moi.

Ensuite ça s'est estompé, et là les jours sont raides mais les nuits, les réveils, reposée.

Hier le tremblement, fragilité, failli me briser.

Hier soir - découvert ce matin - enfin un mot dans la boîte. Deux jours dans le vide, mais la Suède tu vois. silence radio tout l'été. Et là en mode pas le temps mais je te fais signe quand je sais.

Un seul minuscule bout de verre mais je suis.

Obligée de tisser autour de ça. Un grain de sable une perle.

Aucune illusion, rationnellement. Et même sale con, ta lâcheté. Mais s'il n'y a pas ça, vide total.

Après les belles paroles, et les lettres "et si ?..."
"besoin de partager"
"trouble"
"te connaître"
"ta beauté"
" importance que nous accordons à"
"je ne m'inquiète pas pour"
"peut-être"

comment
comment
comment

je pourrais complètement m'en foutre

tout analysé,
sa fin du monde à lui
projection
instrumentalisation
transition

et moi le doigt dans l'engrenage
parce que
recommencer
d'essayer

pas passer à côté de
la vie

ok et là

j'ai sorti le grand jeu
c'était beau
du soleil sur la Butte

après un suicide
bouleversée je veux vivre

mais maintenant
tout - encore - à l'avenant

la vie devant nous tu sais

essayons

mais c'est terrible

on ne dit pas ça à quelqu'un qui fuit

quelqu'un qui fuit on n'en veut pas

mais alors pourquoi encore

suis-je prise aux filets
de ses mots trépassés

du souvenir ténu déjà à moitié disparu
des étreintes

une semaine, quelques mois
qu'il a zappés comme nuls et non

lui venu me chercher et moi retournée
comme sa diversion
le miroir encore vif de défuntes illusions
puis
c'était vraiment moi, pas l'autre
celle qui part
et moi je suis nouvelle
trop dispo pour Narcisse blessé


suis-je si maso

est-ce le fantasme impossible à lâcher
l'amour le prince le film la maison peuplée partagée

conflit
je me bats
plutôt ailleurs quelqu'un d'autre une autre fois

plutôt l'indépendance tant pis qui m'aime me suive des courageux y en a

mais il me faut
pour survivre
m'assurer que les liens perdurent
que les relations comptent
que l'intimité partagée n'est pas vouée
à la vacuité
au néant

sinon c'est comme mourir
mourir effarée

il faut que j'aie compté

quelle émotion j'y ai mise
que toi non

l'identité en jeu

pas faute d'avoir tenu des caps
avoir raison gardé

toujours entièrement jetée
la sauveuse exposée
sirène muette
et tuée






mardi 17 juillet 2012

Le ciel est nettoyé si bien qu'on se croirait presque en été.
Mais c'est trop tard, le corps bousculé
L'impression d'avoir traversé une tempête, juste une cuite, un week end, une averse incessante à brouiller le canal
les cheveux
le cerveau
tous les muscles
et les espoirs sans doute

ça ne fait rien
la nuit je ne dors pas joyeuse comme une gamine
pourtant il n'y a rien que des soirées parisiennes
comme dans un tube ringard de 98
soirées parisiennes sans lendemain sauf de cuite
perspectives débandantes de mecs casés instables mais dispos
compliqués
mégalos
intéressants
et courtisés bien sûr
j'ai trouvé la parade qui consiste à ne rien faire sauf tchatcher
moqueuse
joueuse
je mets les voiles
agencer l'échiquier

cap sur le Sud
la nuit je rêve de fenêtres ouvertes sur la mer
rêve réalité une poignée de jours
je me suis remise à la tâche
il y a ça aussi
évidemment ça chavire tout
j'ai beau faire semblant de rien
du pain sur la planche et le coeur sur la table
un tout petit mois et comme ici on ne s'ennuie pas assez
les jours sont courts

divertissement
je rêve de fenêtres ouvertes sur l'abîme
car je sais bien
réclusion nécessaire
qu'importent les chroniques les bluettes
il faut parler de ce qui se trame
des coulisses de la bagatelle
libertinage séduc jonglage narcisse plaisir
cette vaste mascarade


lundi 26 mars 2012

Il y a des jours comme ça

où malgré les combats
accablée

ma jupe se déchire
c'est comme une ancienne peau qu'on me retire

je pleure au cinéma
même pas au moment où

ma cousine a une fille
aujourd'hui

il y a deux jours j'ai éconduit
l'ultime soupirant
jamais de faux semblants

et celui que j'appelais l'immature
commodément pour m'en défaire

me réécrit après un grand silence
un long message où il parle d'un rêve
j'y apparais au loin

moi j'ai rêvé d'une fête, une bicoque au Chili
un séducteur un peu macho m'entraînait à part
me volait un baiser avant de décamper
à l'insu des amis
- lesquels, ceux du rêve, je ne sais plus
parmi ceux d'aujourd'hui il y a celle qui
dit des choses qui me touchent et me blessent et me révèlent peut-être
elle dit que c'est étrange, ma distance aux affects
or c'est faux
mais c'est vrai aussi
et comment je peux faire
avec tous ces sens interdits
tourner en rond des plombes

jusqu'au moment où

clouée d'inanité intime
je n'ai plus le choix
les sentiments tapis remontent
du fond intime sans âge

on s'agite, on remonte le courant
rien à faire, l'histoire intérieure prend un de ces temps
fait fi des impatiences

et m'éclate brièvement au visage
bulle d'huile brûlante

après je me remets à croire
optimisme foncier
cheminement solitaire, mais ça va pas durer
c'est pas l'inanité

J'interprète l'étape
(ce qui s'écrit existe)

et mon ancien amour
vivant m'habite encore
m'apprend qu'il a passé du temps auprès de moi
d'avoir lu toutes mes pages
ému d'y reconnaître
un trait
un paysage





Il y a des jours comme ça

où malgré les combats
accablée

ma jupe se déchire
c'est comme une ancienne peau qu'on me retire

je pleure au cinéma
même pas au moment où

ma cousine a une fille
aujourd'hui

il y a deux jours j'ai éconduit
l'ultime soupirant
jamais de jeux de faux semblants

or celui que j'appelais l'immature
commodément pour m'en défaire

me réécrit après un grand silence
un long message où il parle d'un rêve
j'y apparais au loin

moi j'ai rêvé d'une fête, une bicoque au Chili
un séducteur un peu macho m'entraînait à part
me volait un baiser avant de décamper
à l'insu des amis
- lesquels, ceux du rêve, je ne sais plus
parmi ceux d'aujourd'hui il y a celle qui
dit des choses qui me touchent et me blessent et me révèlent peut-être
elle dit que c'est étrange, ma distance aux affects
or c'est faux
mais c'est vrai aussi
et comment je peux faire
avec tous ces sens interdits
tourner en rond des plombes

jusqu'au moment où

clouée d'inanité intime
je n'ai plus le choix
les sentiments tapis remontent
du fonds intime sans âge

on s'agite, on remonte le courant
rien à faire, l'histoire intérieure prend un de ces temps
fait fi des impatiences

et m'éclate brièvement au visage
bulle d'huile brûlante

après je me remets à croire
optimisme foncier
cheminement solitaire, mais ça va pas durer
c'est pas l'inanité

J'interprète l'étape
ce qui s'écrit existe

et mon ancien amour
vivant m'habite encore
m'apprend qu'il a passé du temps auprès de moi
d'avoir lu toutes mes pages
ému d'y reconnaître
un trait
un paysage





mercredi 25 janvier 2012

Je me suis trompée.
Séduite par un mec bien. Un homme loyal et sincère.
Bonne nouvelle dîtes donc.
Certes, puisqu'il y a de l'écoute, du respect, de l'attention, de l'estime, de l'affection.
Mais rien de possible pour cette même raison.
j'ai besoin d'aller au bout de mon engagement, il dit ça comme ça
c'est une formule particulière
qui n'est ni un mensonge ni une promesse ni un programme
c'est une posture et des valeurs

pour la tierce c'est dur

y gagner un intime et y perdre un espoir

composer avec les inclinations

le chemin qu'on emprunte est exigent mais je le connais

je te préviens, maintenant tu comptes pour moi
j'ai balancé
moi aussi tu comptes pour moi
- l'émotion a flotté un instant
au rez de son regard baissé

vaincue
par la force des choses
à m'avouer vulnérable
je laisse la main à Dame Fortune
et une ode aux belles âmes

vendredi 20 janvier 2012

Humeur douce et presque égale
j'étais désaccordée, recaler l'harmonie
tout n'est pas résolu, mais je sais où j'en suis
il y a de la perspective
dans mon champ
fallait régler l'optique
retrouver la profondeur

savoir que je peux dire : je suis séduite
c'est-à-dire dépossédée

me ramène à moi-même
au jeu des paradoxes
et de l'épreuve du feu

et suis pas la seule embarquée
alors
faut voir ce que ça raconte

ce matin on me dit : "la vie ne prévient pas"
épuisées les conjectures
il ne reste que ça