vendredi 26 septembre 2008

fugace et pleine
une euphorie
lessivée
de soir en bout de semaine
en petit bout joyeux de semaine

ici où des mots des meubles un quotidien
partir au boulot tous les matins
pas encore vraiment senti autre chose que la fatigue
parfois un air de la mer

un air de la mer...

à fredonner comme un sourire
comme le sein ténu de l'amant entre les lèvres aux petites heures du matin

comme les départs les retours les départs

les retours

(ne te retourne pas)

jeudi 28 août 2008

Des heures de lecture et des heures de train
des jours de trac
le dos en vrac

et quelques minutes de voix
qui ne tremble pas

à descendre à bout portant une imposture littéraire

loyalement

à commencer un nouveau métier

aiguiser le regard
affûter le propos

réfléchir en live à : écrire et à : lire
et le dire

au retour le regard d'un quadra chaque fois que je lève les yeux
il me voit lire

sur le quai il embrasse une blonde à pleine bouche
avec amour je crois

- curiosité -

les courbes de M. la fière se découpent dans le couchant
un air moite et salé m'accueille comme un petit animal frétillant
je trouve des planches de bonne facture dans la rue
en chemin un homme compatit, c'est lourd,
un papi recommande de les porter autrement
et j'arrive
c'est là j'habite ici

mon amour n'est pas là mais c'est sa maison
c'est simple comme le poisson au micro ondes même si c'est plus noble - et bien meilleur.

samedi 9 août 2008

élément modificateur

J'écoute
des histoires de rémission
témoignages et critiques d'il y a un an
lignes (é)lues
dans les livres de l'an sept

incrédule
qu'on m'offre cette tribune
pour parler de pages que je n'ai pas encore lues
je me demande bien pourquoi
moi

en quelques jours
en moins d'un mois

la vie s'est éclairée
comme un clin d'oeil d'une bonne étoile

l'aurais-je boudée, ingrate, les mois précédents ?

je retrouve
l'homme que j'aime
amour flamboyant
attentif et vigilant
si difficile soit-il
c'est peut-être beau comme un chemin à tracer

et -
au jeu de billes j'ai gagné
un poste pour l'année
à M.
nouveau port

à quitter à retrouver
d'un coup de train
chaque semaine

(si ça marche, je ne cesse de souffler -
si ça marche... car je crains qu'on ne repère l'imposture, enfin... l'incompétence, la... la... l'inconséquence)

et puis loyale
fidèle à la dame littérature
à qui j'ai voué mes années
j'espère savoir
le verbe haut
trouver les mots pour ciseler la critique
juste
éloquente
partisane

saluer l'œuvre :
mission de confiance

or je suis fort étonnée d'en être investie
fort flattée
fort réjouie
et fort intimidée

jeudi 26 juin 2008

C'est compliqué l'amour
a dit son père
quand il a su que je ne venais pas

Cependant

je suis venue

après quelques messages
sur répondeur

-...-
appels
en
absence
-...-

jeudi jour d'orages à Paris
du matin au soir tout s'est retourné
il a dit non
j'ai dit merde
puis j'ai dit : soit.
...
alors il a dit : allez, on essaie.
j'ai - oh !
mais ?!

j'ai tout lâché dans un triangle blanc
et pleuré quand enfin les mots d'amour ont été prononcés.

puis
anxiété
entre-deux

week end vert

lundi j'ai dit que je ne viendrais pas
trop court trop cher et pourquoi toujours moi

puis

je suis venue

on a bu du champagne au bord du R.
Il n'a pas plu

des coureurs passaient dans un sens
puis dans l'autre
des femmes voilées

un homme
un chien
le même homme deux minutes plus tard
mais non c'était son frère

on buvait
on s'embrassait on parlait, enfin surtout moi

régal gourmand des soirs d'été
trop de fumée sensible
le soir les caresses
pour l'une des rares fois
nous ont endormis

cette peur d'enfant derrière le plexus
soupirs soupirs

plus jamais jamais, dis !
mais on sait bien que c'est comme ça la vie

alors en adultes le lendemain
jouer

à l'érotisme
complice

il faudra un peu de temps
et des voyages...

Demain
encore une fois - je pars à I.

mercredi 18 juin 2008

idzap

en juin le défaut c'est que le jour prend un temps infini à finir
et après dans le tgv la lumière blanche

rendait impossible

l'intimité feutrée

avec l'inconnu
que la chance et la sncf avaient placé à mes côtés
trop court trajet

profil sitôt aperçu
que convoité follement

savoir si

c'est l'effet du transport
transitoire
entre M. et Paris

si c'est l'effet
de la vie qui revient à
son expression la plus croqueuse

si c'est l'effet
du cap enfin joyeux fêté au champagne dans la grisaille d'un square d'été avec ces
tendres tendres amis

si c'est l'effet
de la gourmandise nocturne
de la veille du départ
goûtée en catimini avec celui qui ne se décidait pas à partir

venu me demander s'il pouvait
rester

oui mais alors on dort

en même temps c'est ton anniversaire tu ne vas pas refuser les cadeaux non plus
boire la coupe jusqu'à la lie

à même les sexes en fête
il rit quand il jouit
tous mes liquides pétillent

le lendemain à M.
je suis cuite

et ce soir
le sourire d'un inconnu me chavire

on va jusqu'à Bastille boire un verre
je n'ose l'embrasser
c'est presque muet
j'ai la gorge nouée
d'avoir les sens en feu

la vie bascule
les profonds désespoirs se renversent

Appétit
ouvert

samedi 7 juin 2008

J'ai décousu

ce qui se tramait entre un autre homme et moi
en allant le voir
( lui )

pleine d'aplomb, de pudeur
et de grâce peut-être

dans la grisaille froide s'attardant sur les vallons verdoyants
traînant entre les vieilles pierres des églises villageoises
entre 12h et 15h seule l'église est ouverte
et la pluie intermittente


rouler

la vie a filé

parler parler
soulagés de l'immensité du chagrin
sans savoir si

après

le désir
vacillera

le désir vacille nécessairement

à quel espoir se fier

je suis venue pour t'empêcher de tout gâcher
je voudrais qu'on s'accompagne

(pour autant je ne sais plus si c'est lui
celui qui
y en a-t-il un qui
qui soit celui -
au diable projections
rêves inavoués de satisfactions intimes
- car tel est l'enjeu)

et le retournement
évidemment

se produit

il s'avance
il se manifeste

pendant ce temps-là
statu quo

mais rien ne se suspend vraiment
l'autre homme
ne peut vraiment avoir si légèrement tiré le trait dont je lui incombe la responsabilité

une très ancienne amie
larmes aux yeux
revient toquer à la porte de mes dérobades
j'ai les cartes en main elle dit

pendant ce temps-là
je reprends tout le reste à mon compte
ayant absorbé l'énergie amicale de ceux qui m'ont soutenue
je fonce
vers la vie d'après
sans jamais me poser dans celle-ci
toujours se dégager un jet de pierres plus loin

alors quoi

alors quoi ?

je dilapide
tout ce qu'on m'offre en le vouant à un homme qui me jette
y compris dans un pauvre moment de rush
parce que ce n'est pas le moment de parler au téléphone
qu'il dit
puis il s'excuse platement

je ne sais pas si j'ai peur ou si juste je suis profondément fragile
à me faire croire le contraire parce que tout le reste va
j'ai déjà joué à ce jeu-là
rouvrir la cicatrice
et remuer le couteau dans la plaie

comment pourrais-je prétendre me comprendre
ni comprendre celles qui jurent leurs grands dieux merde
que l'amour juste c'est simple
y a pas à théoriser des plombes
y a pas à revenir sur un truc mort ou moribond
sauf à agoniser en eau de boudin

comment pourrais-je prétendre me respecter
en n'essayant pas de sauver du feu
l'amour porté aux nues si profond entre nous

si j'accepte de croire que vivre un grand amour ne dispose pas à le consolider
que vivre un grand amour c'est pas un truc qui dure
et qu'on n'est pas tenu de le faire durer

mercredi 28 mai 2008

Foin des luttes

demain partance pour V.

A se surprendre soi-même
pour bien se faire comprendre
pour bien se faire expliquer
pour bien voir de mes yeux voir
pour sentir de mon cœur sentir

ce soir ciel de nuit jamais noire
19 °

demain partance pour V.
et demain retour

le cycle