lundi 24 novembre 2008

Lundi goût soleil fraîcheur éclatante

les grondements précipités nocturnes n'ont pas eu raison de l'altière phocéenne

il y a de ces week end...
c'est la première de mes sept crémaillères (sans compter les emménagements qui n'ont pas été fêtés) qui me fait l'effet d'un passage

pourtant une seule de mes amis de cœur dans le joyeux mélange :

la gaîté, la danse, les hôtes du lendemain et la balade au Panier à chanter à tue-tête dans le froid soudain abattu sur Marseille insolente

ça y est c'est foutu me balance l'amoureux
pire qu'un PACS
tout le monde nous prend pour un couple

eh oui mon pote
et c'est vrai qu'il était mignon, le jeune musicien au sourire mutin
débarqué vers minuit

désirs vivants

pendant ce temps
mes plus anciens amis amoureux
mes plus proches amis aimés

dans l'œil du cyclone

tenir la barre

étonnantes sautes d'humeur d'un truc qu'on aurait appelé destin
si on pouvait se soulager
- à peu de frais -
de toute responsabilité

mardi 4 novembre 2008

Des festins de sommeil en ce moment, je me lève rassasiée, avec ces trucs qui se digèrent lentement
la grosse colère qui m'a emportée, incrédule, dans sa rafale
il y a deux semaines

avec le sentiment d'impuissance
j'avais beau tempêter m'indigner me raisonner
saloperie de saloperie

tentation d'amalgame entre le bordel social et le minuscule microcosme
d'adultes en charge d'enfants
il me reste encore des pans d'idéal
sans lesquels cet engagement n'a aucun sens

tentation d'évasion
ailleurs autrement ne pas louper l'accomplissement
créatif

regardez-les, eux, ils n'ont aucun doute : alors !...
me balance, bonhomme, l'historien
on vient de gloser dans l'atmosphère feutrée sur des bouquins très contents d'eux
alors ! qu'est-ce que vous attendez...

oui, on dirait bien que ces jours-ci à mon insu quelque chose comme un tournant
on ne fonce pas impunément en deux mois dans deux trois nouvelles voies à la fois
Paris Marseille et un logis d'amoureux

hier à l'abri de la pluie une journée d'insignifiance parfaite on n'a couru après rien
avec juste l'éclat de son sourire au bord de mon regard
la joie de l'évidence
il confiait des trucs persos à la fumée qui s'envolait dans l'humidité orageuse qui n'en finit pas de se répandre - encore une colère impuissante
comme on ouvre avec timidité un poing fermé
des choses que peut-être déjà je savais
qu'il m'avait déjà dites
mais c'était avant
avant de mettre un pas dans le cocon d'une vie pour deux

il me fait encore promettre qu'on restera amants
pas de cette vie de famille
toutes portes closes
décidément je ne comprends pas d'où lui vient cette peur-là
peut-être de moi
peut-être de lui

toutes choses relues au faisceau inquisiteur de l'amitié
entre amies en goguette entre deux gouttes de pluie...

c'est la semaine où un nouvel hiver s'impose

vendredi 17 octobre 2008

Au bord de l'équilibre

verres cassés
en prise aux portes
bousculée

fatigue physique

mais

je ne peux pas m'arrêter
une intox de boulot

une fringale de l'œil et de l'ouïe
lire écouter

comme si la vie était trop étroite
le cerveau turbine
alors : danser

of course je compense
l'absence

de monsieur

qui turbine pareil
amiens paris francfort
barcelone

moui

bon c'est quand qu'on
alors dis donc ce gouffre, là
le vide du ventre c'est quand qu'on

sublimation non mais j'te jure

tandis que tous les mythes modernes s'effondrent avec complaisance et sourires sophistes
ici et là on s'offusque - mais comment donc !? - risible pantomime
(ou tragédie cyclique)

mercredi 1 octobre 2008

je mets un film sur le portable
pour la chambre d'hôtel
au bord de l'Atlantique

il fera frais
et gris

deux jours volés à la Méditerranée
où absurdement je ne me baigne pas
frissons état second
victime d'un refroidissement au point le plus chaud du pays

à traverser pour retrouver la clique aux mélodies clinquantes des Balkans et d'Anatolie
sur une rive de l'Atlantique

tracer d'étranges voyages
volés à la monotonie

et lundi
Paris
où évoquer la très belle
la lente majesté
l'écriture d'Algérie

vendredi 26 septembre 2008

fugace et pleine
une euphorie
lessivée
de soir en bout de semaine
en petit bout joyeux de semaine

ici où des mots des meubles un quotidien
partir au boulot tous les matins
pas encore vraiment senti autre chose que la fatigue
parfois un air de la mer

un air de la mer...

à fredonner comme un sourire
comme le sein ténu de l'amant entre les lèvres aux petites heures du matin

comme les départs les retours les départs

les retours

(ne te retourne pas)

jeudi 28 août 2008

Des heures de lecture et des heures de train
des jours de trac
le dos en vrac

et quelques minutes de voix
qui ne tremble pas

à descendre à bout portant une imposture littéraire

loyalement

à commencer un nouveau métier

aiguiser le regard
affûter le propos

réfléchir en live à : écrire et à : lire
et le dire

au retour le regard d'un quadra chaque fois que je lève les yeux
il me voit lire

sur le quai il embrasse une blonde à pleine bouche
avec amour je crois

- curiosité -

les courbes de M. la fière se découpent dans le couchant
un air moite et salé m'accueille comme un petit animal frétillant
je trouve des planches de bonne facture dans la rue
en chemin un homme compatit, c'est lourd,
un papi recommande de les porter autrement
et j'arrive
c'est là j'habite ici

mon amour n'est pas là mais c'est sa maison
c'est simple comme le poisson au micro ondes même si c'est plus noble - et bien meilleur.

samedi 9 août 2008

élément modificateur

J'écoute
des histoires de rémission
témoignages et critiques d'il y a un an
lignes (é)lues
dans les livres de l'an sept

incrédule
qu'on m'offre cette tribune
pour parler de pages que je n'ai pas encore lues
je me demande bien pourquoi
moi

en quelques jours
en moins d'un mois

la vie s'est éclairée
comme un clin d'oeil d'une bonne étoile

l'aurais-je boudée, ingrate, les mois précédents ?

je retrouve
l'homme que j'aime
amour flamboyant
attentif et vigilant
si difficile soit-il
c'est peut-être beau comme un chemin à tracer

et -
au jeu de billes j'ai gagné
un poste pour l'année
à M.
nouveau port

à quitter à retrouver
d'un coup de train
chaque semaine

(si ça marche, je ne cesse de souffler -
si ça marche... car je crains qu'on ne repère l'imposture, enfin... l'incompétence, la... la... l'inconséquence)

et puis loyale
fidèle à la dame littérature
à qui j'ai voué mes années
j'espère savoir
le verbe haut
trouver les mots pour ciseler la critique
juste
éloquente
partisane

saluer l'œuvre :
mission de confiance

or je suis fort étonnée d'en être investie
fort flattée
fort réjouie
et fort intimidée