Au point où j'en étais
à battre le fer
j'ai appelé l'homme classe
qui répond présent
alors que,
je l'apprends plus tard
il avait rencart avec mon meilleur ami silencieux depuis un an
(oui, à partir de là, c'est la séquence on ressort les vieux dossiers)
et qui lui a présenté sa nouvelle conquête
ah bon tu me fais des déclarations alors que tu n'es pas seul
soit
on parle de nous
tiens on ne savait pas grand chose finalement
je suis séduite par son estime et par les effets d'une nouvelle maturité
que je lui plaise à ce point
on boit des verres, on dîne
il me prend la main
je l'embrasse
je me laisse embarquer chez lui
et là
retour de la tristesse
un familier de la jeunesse
la dissonance
des câlins qui ne sont pas ceux qu'on voudrait
j'annonce vite la couleur
c'est pas simple, entre dialogue, indépendance
et son désir à lui
son argumentaire
et la somnolence est teintée de soupirs
ici c'est très soigné c'est vraiment pas pour moi
avec ces perspectives désolées vers Marx Dormoy
tout ça reste très respectueux
je me dis que je ne me suis vraiment pas épargnée
deux cartouches grillées dans la même journée
bon voilà ça c'est fait
pas très fière de lui imposer ça
mais il le prend en souriant en râlant
au matin la nébuleuse grise orange chahutée par le vent
enfonce la tristesse dans l'orage
puis
tout ça bien déversé
le ciel se dégage d'un seul coup et je pars
je ne veux pas me laisser choir
oh putain
je sais que je peux endiguer l'émotion
je sais que je peux être seule
retour à la case dép
et l'autre qui me dit que je me saborde
sauf que le désir, tout le monde le sait
ça ne s'improvise pas
et j'y suis suffisamment rôdée quand même
pour ne pas me leurrer là-dessus
d'ailleurs moi j'ai pas prétendu ça auprès du grand jeune homme en noir
j'ai arrêté cette carte-là
j'ai même pas dit c'est dommage
j'ai dit : c'est mieux
pourtant dès que je baisse la garde,
je pense quand même un peu
putain on aurait été heureux
mais
de m'être décentrée
je n'en suis pas si sûre
c'est la bouteille qui parle
pourtant, si j'étais prête à essayer
c'était bien parce qu'il est plus réglo
plus mûr
plus équilibré
que mes anciens
la bonne voie dit la brunette
ouais ouais
le lent cheminement continue
vers quelqu'un
qui sera celui
y en a-t-il un qui
samedi 30 octobre 2010
vendredi 29 octobre 2010
Chute.
C'était beau de se faire quitter à Tolbiac
moins violent de parcourir ensuite les paysages désolés de l'arrière-France en images
que si nous avions été seuls dans une R5 au fond de je ne sais où
où tu m'aurais dit : non en fait tu sais finalement
là je n'aurais vraiment eu aucun recours
d'autant que nous nous serions aimés au préalable
là on coupe court
dans le vif
moins d'une semaine c'est réglé
alors oui
je suis amère
j'ai le goût de ton corps et de ton sperme encore en bouche
les subtiles rides émouvantes, tes expressions mobiles
ton regard pénétrant
le plaisir sauvage
quittés à regret
les espoirs contrariés
mais
c'est en soi une belle histoire
beau début-milieu-fin
loyauté appréciable
dialogue d'adultes, affinités
et pour finir je prends le temps de te dire
tout ce que je sais de toi
et tout ce qui me fait craquer
ta fantaisie ton magnétisme ton intelligence
et ta sincérité
beau jeu vraiment
je reçois la pareille
intelligence fine stratège et bien sentir les gens
discussion de haut vol
passionnée aventureuse
et mon goût de l'instant
parler de sexe quelques instants pourrait nous troubler mais
on maîtrise vraiment la partie
juste au moment de se laisser on n'est pas loin des larmes
j'ai le cœur qui bat je lui dis
mais comme je comprends tout
j'accepte depuis le début
depuis que je pressens
depuis que je suis assise face à lui
qui a deux mots à me dire
alors balance, vas-y
c'est triste
mais c'est un soulagement
je savais que ça aurait été compliqué
et lui, à mes appels du pied délibérés
s'est posé les vraies questions
a su, se connaissant, que si la flamme avait pris
le moindre instant libre il aurait voulu me le consacrer
alors
oui
on aura essayé.
Merci pour la loyauté
puisqu'il y a eu une lutte
il aurait pu me faire faux bond aussi
je ne sais pas pourquoi, mais je l'envisageais dans les options
Et je ne sais pas pourquoi
deux personnes qui auraient tout pour se plaire
abandonnent d'emblée comme ça la partie
je fume une clope regard perdu le long des rails
c'est d'une beauté post-moderne
aux couleurs de ma mélancolie
je bois un café hors de prix en brasserie
personne répond au téléphone
un 29 octobre 2010 à Paris
dans le métro je me redis
sans y croire parce qu'il est trop tôt
bercée par la tristesse
alors ma vieille
est-ce le signe à saisir pour se ranger des voitures
pour passer aux choses sérieuses
pour honorer le scénario de film de genre
troquer l'assistant réal contre un prod
qui m'offre le luxe sur un plateau ?
Ce serait par dépit, je n'y croirais pas
mais c'est un vrai homme de qualité
séduisant et qui me connaît
hier en planant j'arrivais à m'observer : on souffre toujours de réalité
alors qu'on est heureux dans les vapes
je me sentais bien comme si tout était en harmonie
mais je n'ai pas voulu rester dupe de moi-même
c'est pour ça, j'ai négocié ma chute
et maintenant faut que je m'en remette
est-ce trop tôt pour les vraies questions ?
vais-je abuser de la situation, me consoler comme une connasse dans les bras
d'un type qui ne me fait pas vibrer
et dont par surcroît il y a des années
j'ai baisé le meilleur ami ?
Oui mais est-ce que je vais encore passer toute ma vie à me mettre en péril ?
Pour finir amère quand il sera trop tard
putain merde
peut-être qu'il est trop tôt
pour se poser les vraies questions
mais peut-être aussi
que c'est exactement maintenant
le vrai moment
avec mes tripes sur la table
à la fin d'une histoire
éclair
où j'apprécie toujours pleinement pour ce qu'il est
celui qui m'a congédiée
aucune animosité
et rien de plus à réclamer
tu me diras, j'ai provoqué la chute moi-même, pas froid aux yeux
aussi parce que je voyais
que je pourrais me retourner
finalement
avec tout ça
me sens quand même bien claquée
à vraiment pas savoir quoi faire
je pourrais rentrer à Mars
mais je ferai pas ça
là-bas c'est pas chez moi du tout
c'est un terrain de jeu et de voyage
j'ai encore quelques heures quelques jours
pour déterminer où est ma maison intime
or si ce soir j'allais rejoindre en banlieue
ceux de ma famille que j'aime bien
je sais ce que je viendrais y chercher
un encouragement
à me caser
dans l'histoire de luxe
alors attention
et puis au fond
il faut que je me rappelle
que j'ai encore du temps quand même
oui ben si c'est ça
je voudrais juste m'auto-annuler
là maintenant
on cherche toujours des expédients
pour atténuer la souffrance
et là, c'est rien
c'est du sentiment qu'on regrettera aux heures de la vieillesse
et de la maladie
moins violent de parcourir ensuite les paysages désolés de l'arrière-France en images
que si nous avions été seuls dans une R5 au fond de je ne sais où
où tu m'aurais dit : non en fait tu sais finalement
là je n'aurais vraiment eu aucun recours
d'autant que nous nous serions aimés au préalable
là on coupe court
dans le vif
moins d'une semaine c'est réglé
alors oui
je suis amère
j'ai le goût de ton corps et de ton sperme encore en bouche
les subtiles rides émouvantes, tes expressions mobiles
ton regard pénétrant
le plaisir sauvage
quittés à regret
les espoirs contrariés
mais
c'est en soi une belle histoire
beau début-milieu-fin
loyauté appréciable
dialogue d'adultes, affinités
et pour finir je prends le temps de te dire
tout ce que je sais de toi
et tout ce qui me fait craquer
ta fantaisie ton magnétisme ton intelligence
et ta sincérité
beau jeu vraiment
je reçois la pareille
intelligence fine stratège et bien sentir les gens
discussion de haut vol
passionnée aventureuse
et mon goût de l'instant
parler de sexe quelques instants pourrait nous troubler mais
on maîtrise vraiment la partie
juste au moment de se laisser on n'est pas loin des larmes
j'ai le cœur qui bat je lui dis
mais comme je comprends tout
j'accepte depuis le début
depuis que je pressens
depuis que je suis assise face à lui
qui a deux mots à me dire
alors balance, vas-y
c'est triste
mais c'est un soulagement
je savais que ça aurait été compliqué
et lui, à mes appels du pied délibérés
s'est posé les vraies questions
a su, se connaissant, que si la flamme avait pris
le moindre instant libre il aurait voulu me le consacrer
alors
oui
on aura essayé.
Merci pour la loyauté
puisqu'il y a eu une lutte
il aurait pu me faire faux bond aussi
je ne sais pas pourquoi, mais je l'envisageais dans les options
Et je ne sais pas pourquoi
deux personnes qui auraient tout pour se plaire
abandonnent d'emblée comme ça la partie
je fume une clope regard perdu le long des rails
c'est d'une beauté post-moderne
aux couleurs de ma mélancolie
je bois un café hors de prix en brasserie
personne répond au téléphone
un 29 octobre 2010 à Paris
dans le métro je me redis
sans y croire parce qu'il est trop tôt
bercée par la tristesse
alors ma vieille
est-ce le signe à saisir pour se ranger des voitures
pour passer aux choses sérieuses
pour honorer le scénario de film de genre
troquer l'assistant réal contre un prod
qui m'offre le luxe sur un plateau ?
Ce serait par dépit, je n'y croirais pas
mais c'est un vrai homme de qualité
séduisant et qui me connaît
hier en planant j'arrivais à m'observer : on souffre toujours de réalité
alors qu'on est heureux dans les vapes
je me sentais bien comme si tout était en harmonie
mais je n'ai pas voulu rester dupe de moi-même
c'est pour ça, j'ai négocié ma chute
et maintenant faut que je m'en remette
est-ce trop tôt pour les vraies questions ?
vais-je abuser de la situation, me consoler comme une connasse dans les bras
d'un type qui ne me fait pas vibrer
et dont par surcroît il y a des années
j'ai baisé le meilleur ami ?
Oui mais est-ce que je vais encore passer toute ma vie à me mettre en péril ?
Pour finir amère quand il sera trop tard
putain merde
peut-être qu'il est trop tôt
pour se poser les vraies questions
mais peut-être aussi
que c'est exactement maintenant
le vrai moment
avec mes tripes sur la table
à la fin d'une histoire
éclair
où j'apprécie toujours pleinement pour ce qu'il est
celui qui m'a congédiée
aucune animosité
et rien de plus à réclamer
tu me diras, j'ai provoqué la chute moi-même, pas froid aux yeux
aussi parce que je voyais
que je pourrais me retourner
finalement
avec tout ça
me sens quand même bien claquée
à vraiment pas savoir quoi faire
je pourrais rentrer à Mars
mais je ferai pas ça
là-bas c'est pas chez moi du tout
c'est un terrain de jeu et de voyage
j'ai encore quelques heures quelques jours
pour déterminer où est ma maison intime
or si ce soir j'allais rejoindre en banlieue
ceux de ma famille que j'aime bien
je sais ce que je viendrais y chercher
un encouragement
à me caser
dans l'histoire de luxe
alors attention
et puis au fond
il faut que je me rappelle
que j'ai encore du temps quand même
oui ben si c'est ça
je voudrais juste m'auto-annuler
là maintenant
on cherche toujours des expédients
pour atténuer la souffrance
et là, c'est rien
c'est du sentiment qu'on regrettera aux heures de la vieillesse
et de la maladie
Chute ?
Tu sais
moi aussi j'ai été trahie
mais j'ai envie de te faire confiance
(c'était simple de dépister tes flirts
ton envie de fuite
comme
nécessité de se rassurer
de se prouver une liberté
la journée à réfléchir à la stratégie de réaction
- à l'amour
comme à la guerre
comme au jeu d'échec -
je pourrais
ne rien dire
laisser couler
poser cartes sur table genre : la règle c'est ça
mais :
non
je me repasse la scène de la gare dans Les Poupées Russes)
c'est toujours un pari
moi aussi j'ai été trahie
mais j'ai envie de te faire confiance
(c'était simple de dépister tes flirts
ton envie de fuite
comme
nécessité de se rassurer
de se prouver une liberté
la journée à réfléchir à la stratégie de réaction
- à l'amour
comme à la guerre
comme au jeu d'échec -
je pourrais
ne rien dire
laisser couler
poser cartes sur table genre : la règle c'est ça
mais :
non
je me repasse la scène de la gare dans Les Poupées Russes)
c'est toujours un pari
mercredi 27 octobre 2010
Coup de théâtre.
Mon petit film parisien gentillet se complexifie
entrée en lice
du jeune homme de bonne famille
Le vieux pote
qui
arrive à la bourre
séduisant
on est content de se voir
m'emmène à une projection
sur le boulevard vers Gare de Lyon,
on se dit, alors, et toi ?
Comme un aveu de résignation
et de maturité
il dit qu'il rêve de s'installer
las des coups des soirs et des plans sans lendemain
et après
au pot des prods
à la faveur d'une blague
genre t'as vu on se retrouve tous les tremblements de terre
on est familier
on débriefe
on fera pareil à 60 ans
Oui, il me dit
dans notre apparte du 5e
je relève la blague
tu veux dire qu'on sera mariés ?
Et là : déclaration
12 ans qu'il me kiffe
et tout ce qu'il me dit de moi
me montre qu'il m'a bien cernée
la question des origines
des fuites et du gros potentiel de casse-couillerie
demain à 14h visite d'apparte il balance comme une perche
tes parents ils m'adorent déjà
tout ça au verre de rouge
et sur la route de mon renc vers Bastille
portant mon sac il m'annonce le programme, les enfants
et : tu seras très amoureuse de ton mari
et : pas profiter du besoin d'affection ni de la solitude
de ton année pourrie
c'est maintenant que tu peux choisir
et : prends ton temps
ça me touche
je chahute ses arguments
j'en redemande
quelle classe, sa sérénade
il me laisse
rejoindre les bras de l'inconnu
soudain mis en balance
l'inconnu évidemment mécontent
de m'appeler en vain depuis 10 minutes
oh, pardon, je dis
désinvolte
consciente de jouer mon rôle
de princesse
souriante
expectative
je l'observe
ses bâillements
sa réserve
ses changements de programme
les accessoires de sa méfiance
on va chez lui on fait l'amour
on fait l'amour vibrant
avec du rire et des jouissances et des caresses
des cris et du jeu
la nuit il est malade
une intox alimentaire tu parles
ça remue, là-dedans
au matin de fil en aiguille de bavardage
on aborde (déjà) les vraies questions
il révèle son ambivalence
il dit qu'il est instable
le passé les trahisons tout ça
oh là là je te jure pourquoi toujours comme ça
le monde moderne, il dit, l'individualisme
je pense à l'autre
je n'en parle pas
mais ça me donne l'aplomb pour tout balancer
ça tombe bien cette discussion, j'allais te glisser une réplique sur les priorités
Lui : oui, tu sais, moi, je sais pas
si vraiment je veux
ou pas
ma vie...
pis si tu me demandais mon sentiment physique, là
ben ça va pas
ah voilà, maintenant tu vas l'associer à moi ce mal de ventre
ok je t'appelle il conclut
alors non, on va pas faire comme ça.
Je pourrais être à ta disposition
mais je ne veux pas
être tout en bas de ta liste des tâches
au passage, je suis sdf dimanche soir, tu m'accueilles ?
t'as un dîner ? D'accord, invite-moi
Une meuf, c'est comme un enfant, pas le choix
(quitte à faire la chieuse, je regarde jusqu'où t'encaisses)
bon allez à demain
prends bien soin de toi
je ne sais plus ce que je lui balance sur le mariage
puis, tandis qu'il se tord sur le canap
et avant même qu'il ne s'insurge,
"nan jdéconne"
et je me tire
heureusement qu'au bout de la 2
y a la brunette
aurait-elle pu sincèrement me conseiller la voie de la sécurité ?
Oui mais non
elle approuve sur toute la ligne
m'adoube dialoguiste
jugeant positivement les atouts du garçon inconnu
instable, indisponible ? Les excuses qu'il se donne
introspection, écoute, joie de vivre, très bien tout ça
et tu ne vas pas te caser
avec un mec, au demeurant très chouette
pour un programme confort
(Au moment du point final, le troisième protagoniste
apparaît :
texto : "dispo ce soir ?"
surfing on the wave : "why not"...)
Princesse attitude, ouais, enfin
le grand jeu des minauderies
mais fair play
je prends des risques, il me faut des soupapes
salut, c'est moi
je reviens dans la course
Mon petit film parisien gentillet se complexifie
entrée en lice
du jeune homme de bonne famille
Le vieux pote
qui
arrive à la bourre
séduisant
on est content de se voir
m'emmène à une projection
sur le boulevard vers Gare de Lyon,
on se dit, alors, et toi ?
Comme un aveu de résignation
et de maturité
il dit qu'il rêve de s'installer
las des coups des soirs et des plans sans lendemain
et après
au pot des prods
à la faveur d'une blague
genre t'as vu on se retrouve tous les tremblements de terre
on est familier
on débriefe
on fera pareil à 60 ans
Oui, il me dit
dans notre apparte du 5e
je relève la blague
tu veux dire qu'on sera mariés ?
Et là : déclaration
12 ans qu'il me kiffe
et tout ce qu'il me dit de moi
me montre qu'il m'a bien cernée
la question des origines
des fuites et du gros potentiel de casse-couillerie
demain à 14h visite d'apparte il balance comme une perche
tes parents ils m'adorent déjà
tout ça au verre de rouge
et sur la route de mon renc vers Bastille
portant mon sac il m'annonce le programme, les enfants
et : tu seras très amoureuse de ton mari
et : pas profiter du besoin d'affection ni de la solitude
de ton année pourrie
c'est maintenant que tu peux choisir
et : prends ton temps
ça me touche
je chahute ses arguments
j'en redemande
quelle classe, sa sérénade
il me laisse
rejoindre les bras de l'inconnu
soudain mis en balance
l'inconnu évidemment mécontent
de m'appeler en vain depuis 10 minutes
oh, pardon, je dis
désinvolte
consciente de jouer mon rôle
de princesse
souriante
expectative
je l'observe
ses bâillements
sa réserve
ses changements de programme
les accessoires de sa méfiance
on va chez lui on fait l'amour
on fait l'amour vibrant
avec du rire et des jouissances et des caresses
des cris et du jeu
la nuit il est malade
une intox alimentaire tu parles
ça remue, là-dedans
au matin de fil en aiguille de bavardage
on aborde (déjà) les vraies questions
il révèle son ambivalence
il dit qu'il est instable
le passé les trahisons tout ça
oh là là je te jure pourquoi toujours comme ça
le monde moderne, il dit, l'individualisme
je pense à l'autre
je n'en parle pas
mais ça me donne l'aplomb pour tout balancer
ça tombe bien cette discussion, j'allais te glisser une réplique sur les priorités
Lui : oui, tu sais, moi, je sais pas
si vraiment je veux
ou pas
ma vie...
pis si tu me demandais mon sentiment physique, là
ben ça va pas
ah voilà, maintenant tu vas l'associer à moi ce mal de ventre
ok je t'appelle il conclut
alors non, on va pas faire comme ça.
Je pourrais être à ta disposition
mais je ne veux pas
être tout en bas de ta liste des tâches
au passage, je suis sdf dimanche soir, tu m'accueilles ?
t'as un dîner ? D'accord, invite-moi
Une meuf, c'est comme un enfant, pas le choix
(quitte à faire la chieuse, je regarde jusqu'où t'encaisses)
bon allez à demain
prends bien soin de toi
je ne sais plus ce que je lui balance sur le mariage
puis, tandis qu'il se tord sur le canap
et avant même qu'il ne s'insurge,
"nan jdéconne"
et je me tire
heureusement qu'au bout de la 2
y a la brunette
aurait-elle pu sincèrement me conseiller la voie de la sécurité ?
Oui mais non
elle approuve sur toute la ligne
m'adoube dialoguiste
jugeant positivement les atouts du garçon inconnu
instable, indisponible ? Les excuses qu'il se donne
introspection, écoute, joie de vivre, très bien tout ça
et tu ne vas pas te caser
avec un mec, au demeurant très chouette
pour un programme confort
(Au moment du point final, le troisième protagoniste
apparaît :
texto : "dispo ce soir ?"
surfing on the wave : "why not"...)
Princesse attitude, ouais, enfin
le grand jeu des minauderies
mais fair play
je prends des risques, il me faut des soupapes
salut, c'est moi
je reviens dans la course
mardi 26 octobre 2010
Putain j'ai déjà des problèmes de couple
me balancé-je à moi-même comme une blague
la nuit retour du refoulé, comme par hasard rêve d'une dispute avec mon père
le jour j'échoue à garder le recul, au bout d'un moment, vaincue, je diffère
le moment d'avoir moins froid aux mains aux pieds
le moment d'être moins inquiète
car il ne rappelle pas
c'est donc qu'il s'en fout
c'est donc que je suis la dernière roue
le jour j'ai beau faire avancer mes affaires, plus rien n'a de goût
puis au moment où le soir enfin ça n'a plus d'importance
à réchauffer les pâtes avant un verre au bout de la 12
il appelle
bordélique rigolo désinvolte
je comprends rien à son orga
tain la semaine où je suis là t'as zéro dispo
je dis y a l'orga, ok, et puis y a l'envie
ce salaud répond que l'envie d'abord c'est de voir son gamin
je le sais que t'as un gamin, j'ai bien compris
ça va être compliqué cette histoire
oui mais au moins on aura essayé il répond
tout ça dans la plus courtoise sympathique discussion
réponse drôle disent les copines
blague de bon augure
mais quand même, des scuds, hein. C'est qu'un début, alors c'est too much, non ?
et puis non, c'est un début, c'est maintenant
que se joue la mise en place
déjà le moment
que j'aiguise ma réplique insidieuse
parce que mes vieux dossiers se rouvrent à l'exacte page où
je les avais laissés en plan
tu crois que t'es toute fraîche, à peine éclose
et en fait t'as huit ans de couple dans les pattes
(oh les contrariétés qui remontent...
le combat de la dispo...)
alors
voilà mec
c'est pratique une meuf à marseille
à qui accorder une demi-heure par semaine
mais je ne serai pas la cinquième roue
je sais pas moi, quand on a envie d'une histoire
on prend des risques
on pense peut-être à revoir ses priorités
je peaufine ça et je vais te la balancer candidement comme si de rien
en deuxième partie de soirée après avoir moi-même passé un moment avec un vieux copain
et sans scrupule en plus
les bonnes techniques d'éducation
faudrait au moins que cette année m'ait servi à prendre de la graine
à devenir la parfaite chieuse que le monde nous envie
ne céder sur rien et jouir de tout
il paraît que ça les fait kiffer
(oh la grosse machote)
(non mais là je me mets des objectifs mais c'est parce qu'en vrai je cède bien trop vite sinon)
(à part ça, le gingko ça a l'air de marcher)
(sans ces précautions, jamais je ne pourrai revivre dans la foule en dessous de 15 degrés)
me balancé-je à moi-même comme une blague
la nuit retour du refoulé, comme par hasard rêve d'une dispute avec mon père
le jour j'échoue à garder le recul, au bout d'un moment, vaincue, je diffère
le moment d'avoir moins froid aux mains aux pieds
le moment d'être moins inquiète
car il ne rappelle pas
c'est donc qu'il s'en fout
c'est donc que je suis la dernière roue
le jour j'ai beau faire avancer mes affaires, plus rien n'a de goût
puis au moment où le soir enfin ça n'a plus d'importance
à réchauffer les pâtes avant un verre au bout de la 12
il appelle
bordélique rigolo désinvolte
je comprends rien à son orga
tain la semaine où je suis là t'as zéro dispo
je dis y a l'orga, ok, et puis y a l'envie
ce salaud répond que l'envie d'abord c'est de voir son gamin
je le sais que t'as un gamin, j'ai bien compris
ça va être compliqué cette histoire
oui mais au moins on aura essayé il répond
tout ça dans la plus courtoise sympathique discussion
réponse drôle disent les copines
blague de bon augure
mais quand même, des scuds, hein. C'est qu'un début, alors c'est too much, non ?
et puis non, c'est un début, c'est maintenant
que se joue la mise en place
déjà le moment
que j'aiguise ma réplique insidieuse
parce que mes vieux dossiers se rouvrent à l'exacte page où
je les avais laissés en plan
tu crois que t'es toute fraîche, à peine éclose
et en fait t'as huit ans de couple dans les pattes
(oh les contrariétés qui remontent...
le combat de la dispo...)
alors
voilà mec
c'est pratique une meuf à marseille
à qui accorder une demi-heure par semaine
mais je ne serai pas la cinquième roue
je sais pas moi, quand on a envie d'une histoire
on prend des risques
on pense peut-être à revoir ses priorités
je peaufine ça et je vais te la balancer candidement comme si de rien
en deuxième partie de soirée après avoir moi-même passé un moment avec un vieux copain
et sans scrupule en plus
les bonnes techniques d'éducation
faudrait au moins que cette année m'ait servi à prendre de la graine
à devenir la parfaite chieuse que le monde nous envie
ne céder sur rien et jouir de tout
il paraît que ça les fait kiffer
(oh la grosse machote)
(non mais là je me mets des objectifs mais c'est parce qu'en vrai je cède bien trop vite sinon)
(à part ça, le gingko ça a l'air de marcher)
(sans ces précautions, jamais je ne pourrai revivre dans la foule en dessous de 15 degrés)
dimanche 24 octobre 2010
Dans la vie,
il y a aussi
des périodes
comme ça :
exaltantes, trépidantes, à 200 à l'heure que du bonheur
réactiver toutes les fonctions assoupies
voyage, radio, sexe et grandes amitiés
tournée des bars
et l'écriture, mais oui,
aussi
ah ben voilà !
A un moment en trois jours j'ai relié les trois cités de mes dernières années
mes quatre dernières maisons
à I. à Marseille à Paris
- Chronique de la mélancolie dans la boîte
et bientôt sur les ondes, messieurs dames
mélancolie orientale, cela va de soi
oh la sentimentale ;
le beau gosse de l'émission prêt à renouveler l'expérience
quand je veux : voie royale -
puis
dans le froid saisissant de la capitale
que je jauge (saurai-je m'y réhabituer ? Et ce stress, ces nuages bas, ces tous petits appartes)
(J'ai envie de revenir)
(Eh oui...)
Je lui donne rendez-vous au bar des bonnes humeurs
hommage aux souvenirs
des beaux moments de Ménilmontant
puis,
doublé gagnant
je l'entraîne
au resto des belles occasions
alors, finalement, parigot d'adoption, je te fais découvrir ton quartier ?!
De grands rires en doux baisers, monsieur roule sur les trottoirs et m'attend aux sorties des stations, un seul casque il est bien embêté
mais du décalage, on fait un jeu
qui ressemble à du petit film parisien
jusqu'aux toits du XXe à travers la croisée
et les ébats qui devaient bien arriver
explosifs
dans l'ivresse s'y adonner sans trop savoir si c'est vraiment le genre prisé
bousculade festive
quelque chose en moi croit à cette connivence
toute cette simplicité
mais bien sûr il faut du temps
de la marge
depuis lors le silence
je laisse se déposer les éclats
de première nuit
où comme à chaque nouveau début la somnolence épuise
les sursauts du corps
les images incohérentes
le réveil du désir
les suées et les baisers
se pelotonner familièrement entre des bras inconnus
d'évidence
il n'est pas contre
il y a une retenue
une pudeur ?
une peur ?
je modère mes ardeurs
chez lui c'est rouge et blanc
il y a des livres de photo
les surprises y sont beaucoup moins dépaysantes
que dans la chambre exiguë du chevalier des steppes
dans la ruelle secrète du quartier noctambule à I.
Ici, ça pourrait être ma nouvelle nouvelle vie
de petite nénette cultureuse
- comme tout le monde, quoi -
écrit-elle depuis le nid de Belleville
dealé avec la comédienne
contre mon grand traversant plein de soleil et de bruit
Je repasse devant la terrasse où l'an dernier même époque à la faveur du déjeuner avec F.
je l'avais rencontrée
la comédienne
installée depuis lors à Marseille
pendant tout ce temps tu crois que tu galères
un an après tu repasses, état des lieux, et quand même c'est la classe
réjouie du chemin parcouru
en revenant ici,
saurais-je préserver l'espace intime
pour comprendre les enjeux
des relations des désirs des affections
des amours des amitiés
mieux que je n'ai su le faire
il y a quelques années ?
Marseille me semble s'éloigner à vitesse grand V
complètement incongrue
le lieu de la distance à soi
salutaire, voire féconde
faut pas que j'oublie
je vais y rentrer
et surtout, surtout, pas de précipitation
depuis les starting blocks
(oh les plans sur la comète)
(et les risques de faux pas)
(mais tu sais quoi ? je suis confiante... réflexion à l'appui)
donc :
si tournant il y a à négocier
il faut ménager le truc
(m'enfin à me relire
les choses ont l'air bien claires)
il y a aussi
des périodes
comme ça :
exaltantes, trépidantes, à 200 à l'heure que du bonheur
réactiver toutes les fonctions assoupies
voyage, radio, sexe et grandes amitiés
tournée des bars
et l'écriture, mais oui,
aussi
ah ben voilà !
A un moment en trois jours j'ai relié les trois cités de mes dernières années
mes quatre dernières maisons
à I. à Marseille à Paris
- Chronique de la mélancolie dans la boîte
et bientôt sur les ondes, messieurs dames
mélancolie orientale, cela va de soi
oh la sentimentale ;
le beau gosse de l'émission prêt à renouveler l'expérience
quand je veux : voie royale -
puis
dans le froid saisissant de la capitale
que je jauge (saurai-je m'y réhabituer ? Et ce stress, ces nuages bas, ces tous petits appartes)
(J'ai envie de revenir)
(Eh oui...)
Je lui donne rendez-vous au bar des bonnes humeurs
hommage aux souvenirs
des beaux moments de Ménilmontant
puis,
doublé gagnant
je l'entraîne
au resto des belles occasions
alors, finalement, parigot d'adoption, je te fais découvrir ton quartier ?!
De grands rires en doux baisers, monsieur roule sur les trottoirs et m'attend aux sorties des stations, un seul casque il est bien embêté
mais du décalage, on fait un jeu
qui ressemble à du petit film parisien
jusqu'aux toits du XXe à travers la croisée
et les ébats qui devaient bien arriver
explosifs
dans l'ivresse s'y adonner sans trop savoir si c'est vraiment le genre prisé
bousculade festive
quelque chose en moi croit à cette connivence
toute cette simplicité
mais bien sûr il faut du temps
de la marge
depuis lors le silence
je laisse se déposer les éclats
de première nuit
où comme à chaque nouveau début la somnolence épuise
les sursauts du corps
les images incohérentes
le réveil du désir
les suées et les baisers
se pelotonner familièrement entre des bras inconnus
d'évidence
il n'est pas contre
il y a une retenue
une pudeur ?
une peur ?
je modère mes ardeurs
chez lui c'est rouge et blanc
il y a des livres de photo
les surprises y sont beaucoup moins dépaysantes
que dans la chambre exiguë du chevalier des steppes
dans la ruelle secrète du quartier noctambule à I.
Ici, ça pourrait être ma nouvelle nouvelle vie
de petite nénette cultureuse
- comme tout le monde, quoi -
écrit-elle depuis le nid de Belleville
dealé avec la comédienne
contre mon grand traversant plein de soleil et de bruit
Je repasse devant la terrasse où l'an dernier même époque à la faveur du déjeuner avec F.
je l'avais rencontrée
la comédienne
installée depuis lors à Marseille
pendant tout ce temps tu crois que tu galères
un an après tu repasses, état des lieux, et quand même c'est la classe
réjouie du chemin parcouru
en revenant ici,
saurais-je préserver l'espace intime
pour comprendre les enjeux
des relations des désirs des affections
des amours des amitiés
mieux que je n'ai su le faire
il y a quelques années ?
Marseille me semble s'éloigner à vitesse grand V
complètement incongrue
le lieu de la distance à soi
salutaire, voire féconde
faut pas que j'oublie
je vais y rentrer
et surtout, surtout, pas de précipitation
depuis les starting blocks
(oh les plans sur la comète)
(et les risques de faux pas)
(mais tu sais quoi ? je suis confiante... réflexion à l'appui)
donc :
si tournant il y a à négocier
il faut ménager le truc
(m'enfin à me relire
les choses ont l'air bien claires)
mercredi 20 octobre 2010
presque - pas tout à fait - rendez-vous
et j'avais beau en rêver
ça me déboussole
ça me déconcentre
retour du vivant
pour l'instant je tiens le coup
mais c'est drôle ce truc
de se sentir au bord
de perdre tous ses moyens
(et si... ?
et alors lui, euh, mais ?
et moi je ?
mais est-ce que lui, moi, nous,
...
(je me fais des films ou bien euh,
hmmm...))
au secours !
(oh oui !!!)
et j'avais beau en rêver
ça me déboussole
ça me déconcentre
retour du vivant
pour l'instant je tiens le coup
mais c'est drôle ce truc
de se sentir au bord
de perdre tous ses moyens
(et si... ?
et alors lui, euh, mais ?
et moi je ?
mais est-ce que lui, moi, nous,
...
(je me fais des films ou bien euh,
hmmm...))
au secours !
(oh oui !!!)
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