jeudi 11 août 2011

Comme un mec

Ainsi que je crois vivre, brièvement ces quelques jours

Parce que je vois personne

et j'ai même pas envie

et le contraire d'hyperactive pour une fois

juste rien

dormir

lire le journal en terrasse

- peut-être la transition qui se digère, trois ans d'amertume, les trucs qu'on a fait resurgir sur un chemin douanier avec la sœur d'élection qui tout ce temps-là s'est planquée, comme si c'était légitime, comme si c'était avouable, comme si c'était autre chose qu'une faiblesse de l'âme -

- peut-être la rentrée qui se prépare -

the right time at the right place, on me dit

ça reste un peu abstrait

j'ai beau annoncer les trucs en ligne, le docu le roman, tout ça

j'arrive pas non plus à préparer les trucs du vrai boulot

le trac et la paresse

pas sûre d'y arriver, genre un peu l'imposture

mais bon je sais aussi que tout ça se bricole

sur le terrain

pour l'instant c'est le suspens

d'aucuns ont prétendu que paris l'été c'est le pied

mais franchement y a rien

ett, intacte, grossissante, une foule à tomber dans les pommes ou à tuer tout le monde
au goulot de la 4 à gare du nord

peut-être pour ça
pas bouger

se limiter à quelques mètres carré

c'est bizarre quand même

ou alors c'est un laps de repos
après tout ce temps à courir avec l'impression du sur place

mais qu'à cela ne tienne
il faut repeindre ces murs
et balancer une lecture

bon voilà

y a des affaires en cours

on va pas s'inquiéter d'être tranquille non plus

jeudi 14 juillet 2011

Conclusions :
1/ ils finissent tous par se repointer, même des années après (quand c'est sans danger), tous.
2/ Pour le goût de reviens-y, aucun scrupule : toutes les techniques sont bonnes. Générosité zéro.
3/ oui mais... les no-life, c'est vraiment pas sexy
4/ conclu des conclus : tel est le deal, une dose d'immoralité, une dose de tendresse, ne pas se brader, ni ses principes non plus ; et les mains dans le cambouis.

Idem pour le contraire, briguer l'aplomb et l'intelligence contre la distance.

(Toujours un truc de la mesure qu'on ajuste.)

Le chevalier de province appelait ça ma réactivité.

Je postule que c'est plus fort que l'inertie.

Donc je m'annonce gagnante de la guerre froide avec le vieux loup, puisque je ne guerroie pas.
Parmi les manières de célébrer la fêt. nat.

franchement, celle-là je ne l'imaginais pas

en pétard pour commencer à cause du vieux loup qui pour la troisième fois de la semaine
me tient loin de sa tanière et de sa meute

que je vive ici n'y change rien
il m'évite et divise les amis
putain l'ambiance

j'opte pour l'option montmartroise
tant pis pour l'ancien amant revenu des îles

tant d'années ont passé
une de plus ou de moins
il choisit son clan

froideur et champagne et bons mots avec l'autre bout de la bande à la butte
bousculades et fatigue

à deux heures c'est plié

13 juillet validé

quand au milieu de la nuit
appel alcoolisé
c'est l'ex des îles
il débarque

pas le temps de bien capter que déjà je fais le café
bien sûr
c'est qu'il n'a pas où dormir
bien sûr
c'est qu'il avait sincèrement envie de me voir
et bien sûr
qu'une petite célib
(et les ex c'est sexy)
dans la semaine de break conjugal + 2 rejetons
ça fait envie

alors franchement je ne sais pas comment
on parle une heure café bière clope
je ne vais pas le foutre dehors

j'arrive à croire que juste dormir c'est possible
bien sûr
on dort pas

mais je résiste
au cœur qui bat
à l'appel du ventre

parce que je connais trop les revers
amers

parce que la partie serait trop facile, mec
au bout de cinq ans
je t'aime bien mais je n'ai pas oublié

et parce que les triangulations de merde
bof

on parle
on rit
il se blottit

ah le monde étrange des hommes

on dort

bien sûr
le corps profite de la somnolence
à un moment c'est trop tard
fantasme et fatigue et la chair

et puis le plastique résout toutes les contradictions
coupe
tes velléités

alors le jour est suffisamment installé pour que
ce soit l'heure des croissants

apparition sitôt repartie qu'infiltrée
visite nocturne

je ne m'en veux pas de ma tolérance
excessive

c'est comme une parenthèse

et puis
alors que depuis longtemps entre toi et moi pourtant
tout est résolu
cette nuit j'ai repris la main

sur toi, romantique pervers qui prétends
que c'était une question d'instants
et que ç'aurait pu être moi

c'est flatteur

mais je ne regrette pas

et total respect pour celle qui s'est affirmée face à toi

dans la foulée dans deux heures

un verre entre inconnus

disons que pour une fois l'adaptation
a des allures de fusée

dimanche 3 juillet 2011

Ils sont partis
pas si tard
soixante-quinze zéro dix-huit

voilà

c'est simple

I'm back

comme si j'avais toujours habité là

ma sœur d'élection
énonce à haute voix

:

ce sera plus simple
pas besoin de déplier le canap'
toi là-bas ça aura été
comme des vacances

c'est l'évidence

Je suis là

j'avais juste besoin de mûrir

ici chez moi

chez moi
- pour de bon

j'ai pas encore réalisé

mais ces murs sont les miens
(-25 ans)

pourtant au moment de signer
déjà prête à me barrer

puis coup de blues au bord de la Seine

comme le champ des possibles soudain restreint
à cette vie urbaine trépidante
vite je rentre et j'oublie
lendemain j'arrête pas

trois jours à peine
déjà s'éloignent
les immenses plages de vacuité
de l'inertie du sud

je suis là c'est chez moi
inondé de soleil
les enfants escaladent les cartons
les parents enchaînent les bouteilles
les sourires
soirée parmi les soirées

j'ai ma place
ici autant que là-bas
mais c'est ici
que je me reconnais
va savoir pourquoi

va savoir pourquoi

mardi 28 juin 2011

Mode buldozer

c'est la période impec
pour acheter des pizzas surgelées
pour boire alone en sueur
crasseuse

abattre
la besogne

ceux qui comptent explosent le canapé

la vieille complice me fait un plan petite fille abandonnée
au téléphone

et
à J-2
un homme, fût-il ex (de fraîche date)
(estimé)
qui ne rappelle pas

alors qu'il est sollicité
et qui
ce soir-même
limite son accès on line

eh ben je vais te dire
c'est un homme dérobé
planqué

c'est moyennement classe

putain la désillusion
complète

heureusement je suis un warrior
j'exulte déhanchée devant le miroir demain quitté
trois ans que j'en chie les copains

et dans deux jours
basta

c'est fini

on ne m'aura plus
à ces petits jeux de la pusillanimité
je suis toujours vivante
en pleine forme
ceux qui comptent sont révélés

et je mijote la lettre élégante
que tu recevras
avant ton départ (si j'ai le temps - ce qui sera superbe, parce que tu fais le mec débordé
mais là tu vois
déménagement
interview
chronique
relecture 270 pages
signature pour 25 ans
j'ai une bonne longueur d'avance)

ou
le temps de feindre l'oubli
à ton retour

ma colère sera digérée

je suis désolée baby
on ne m'oublie pas

c'est la conséquence de la conquête
des filles entières et passionnées

oh pas de plan hystérique

bien mieux
plus politique

la finesse de reconnaître
en toute sincérité
(paradoxale, of course)
(l'art de retourner les prises)

la beauté brève de l'amour fou
soixante jours ça suffit
je me souviendrai de toi toute ma vie

la débandade
décevante

l'instrument d'homme déconfit

oh bien sûr on pourrait dire
elle fait peur elle les fait fuir

connerie

ça au moins je sais
à force

beaucoup d'ambition
et pfuit disparition

il faut du coeur monsieur

et ce que je sais

c'est que ceux qui comptent
aussi difficiles aient été nos passions
exigeantes nos histoires

vous étiez là
toujours

sauf une fois le marin, mon amour absolu
sauf le marin piégé quand moi j'étais au sud du monde
aux abonnés absents
salaud

sauf une fois le marin
quand moi j'avais l'âge
du pusillanime
chevalier

à ton âge baby j'étais au sud du monde
toute seule
déjà
à lire Cendrars et Pratt
à tenir bon dans l'inertie
de l'hiver austral

Haut les coeurs
et vade retro les petits joueurs

samedi 25 juin 2011

Il y a une folie

que je jugule depuis deux-trois ans
depuis mon retour d'I.
depuis la nuit des temps

que mon amour n'a pas comprise
et pourtant

elle a sa place

c'est elle qui me fait écrire
pousser les portes
nier le joug

instrument de ma fragilité
qui m'a conduite dans les bras
presque trois ans durant
d'un passionné
et qui m'a laissée exsangue
au bord de l'identité

alors
de force
soigneusement
patiemment
l'ai canalisée

et soudain j'ai aimé aussi fort un très tranquille et rigoureux personnage
que j'avais aimé l'inverse
mais ils ont peur de la même chose :
leurs ombres

et moi
en eux
je ne puise que
la projection d'un vain espoir
à la surface meuble du chaos

pourtant
je ne désire rien que de très normal

c'est moi qui ne le suis pas

- oui,
comme tout le monde

et là,
juste accepter
le vent de fantaisie
le risque du sentiment
de l'obsession
d'une progressive lassitude
d'une suite

le risque de l'oubli
le risque du cap
le risque d'assumer ce que je désire
et que je construis

comme d'habitude
à distance

de manière contournée

A un moment ça arrive
voilà

qui suis-je

et je veux quoi

eh bien comme vous
comme vous tous

la même

lundi 20 juin 2011

Face à tout ça
je fais ce qu'il y a à faire

(aïe mes cheveux)

la pente savonneuse

tous les soirs en terrasse avec les mêmes on recommence
ceux qui vivent intensément
le changement

pourtant il ne se passe rien
on s'éternise juste des heures
on parle on rit on boit

et hier soir, pause :
c'est à F que j'ai proposé un ciné
en 10 minutes on a quitté la salle
(navet pseudo-expérimental)
et pareil, blanche au soleil

et alors
l'alcool et la parole
ont coulé
autour de plats trop épicés
ça a duré des heures
on n'a même pas parlé d'écriture
mais on n'a fait que ça
le pouvoir
les valeurs
l'amour
le désir
au détour de nos histoires livrées en vrac

j'ai levé enfin le voile
sur la coïncidence de la première soirée
ça l'a même pas surpris
mais déjà on avait trop bu
et ce matin il aura oublié

il ne restera que cette complicité avérée
qui s'installe

évidemment il y avait un risque en rentrant
mais je tanguais trop
en plus chez moi j'avais vidé tous les placards
et il avait à faire ce matin à neuf heures

alors parfait
on s'est claqué une bise affectueuse
F mon amant ami mon frère
qui a trinqué au deuil de Marseille qu'il m'aide à faire

ce matin rêves chaotiques de cycles qui se ferment
la tête en bois mais j'ai recouvré le goût d'être dans ce corps
quand même inquiète de l'entreprise monumentale
quitter cette demeure des espoirs déçus
pour investir le tout petit logis
que soudain je flippe d'acheter
(ça fait ça à tout le monde il paraît)

Bref
l'âge adulte, donc
(probablement)