samedi 16 février 2008

J'y repense.
Mais pas vraiment le temps de digérer, déjà que voler une heure d'un jour pour danser c'est. C'est pas évident. Alors écrire...!

Et puis chaque jour tant.
Il faudrait déjà que je puisse contempler ces salves d'événements émotifs à bout de bras.
Qu'il y ait cet homme de mes premières amours qui squatte dans le salon, perdu mais moins qu'alors, en suspension entre deux vies, celle du sud et celle d'ici,
...

Qu'il y ait des sommeils licencieux où les rêves sont teintés d'étranges fantasmes de tous jeunes hommes et de vieux séducteurs.

Qu'il y ait la première petite dans cette famille prompte aux cancans comme toutes (toutes ?!) les familles - épuisée pour elle, la toute petite dormant au beau milieu des fées plus ou moins
bien intentionnées du monde futile où elle s'amène. Enfin : plus ou moins à l'aise dans ce monde, les fées elles-même, je devrais dire.

Notre porte où toquent les plus ou moins potes parce qu'on y est bien dans ce havre. Depuis quand on n'a pas été seules ?

Alors moi-même : de passage
une rame sur des rails
qui se croisent

un écheveau

jeudi 31 janvier 2008

O le bonheur matinal de partager un thé d'avant l'aube sourire yeux battus - 8h la salle indigente envahie de lumière orange, ciel à la Magritte, au ras des vitres sinue la ligne lointaine d'un ruban d'immeubles et de cimes d'arbres décharnés - 13h marbres du Louvre - soupe épicée du Japon, confidences feutrées et rapides d'amitié resurgie d'il y a longtemps entre midi et deux dans une grande cantoche d'Orient
15h retour

(signes d'apaisement)

vendredi 18 janvier 2008

Presque une panne.
Bientôt, au bord de la route, peut-être que je retrouverai une minute ou deux pour goûter l'air du large, parce que là je suis en train d'oublier. Sous l'éternel même prétexte : pas le temps. L'impression que le temps m'échappe. Frustration des moments perdus, des impossibles vies parallèles. Donc la concrète même s'escamote.

Et pourtant

ce cap

qui accède à un statut crucial

En pleine contradiction
avec l'ambition de légèreté
volatilisée
dans je ne sais quel précipice de la conscience

ventre verrouillé

faut-il qu'il se risque à palpiter pour que je me sente là maintenant
qu'il se risque à recevoir ce qu'apportent les saveurs de la jouissance

y a-t-il toujours enfouie au fond de lui l'impérieuse nécessité de souscrire à la fécondité
oui

contradiction soit
que j'ignore ces appels
que j'ignore que mon corps et mes sens se sont taillés la belle par-dessus la barrière intérieure

alors : que je les apprivoise encore, coupée un peu de moi-même
coupée des rythmes secrets féminins

je ne sais pas

si c'est possible

sans tomber la barrière

à moins qu'elle ne se fasse oublier

- à quelles profondeurs sont plantés les désirs -

lesquels préserver et lesquels déjouer
tout ça pour que la vraie vie soit celle qui défile

ni celle de demain
ni celle d'hier

mais le temps est maussade
l'ennui ! s'installe.

comme d'hab, je m'acharne en vain sur une porte de sortie
du coup c'est pas la bonne

mais ici, peut-être...
me sentir des ailes.

vendredi 16 novembre 2007

Je vais lire jusqu'à minuit. Retrouver la lecture, interroger cette écriture qui ne vient guère, surtout pas si je la convoque.

Les redécouvertes du corps : le froid vif - l'azur piquant.

Il y a un de ces plaisirs en ce moment, délice enfantin. Pourvu que ça dure, non ?

Indéfinissable. RAS, circulez.

Non mais ce n'est pas que le bonheur soit fadasse à raconter, ce qu'on essaie de faire croire au lecteur depuis des plombes pour lui refiler de la littérature dépressive.

C'est qu'on prend moins le temps de l'apprivoiser, de l'interroger que son homologue. On éprouve moins de nécessité à le faire : c'est moins dur à vivre. Il se passe de mots, ce qui ne veut pas dire qu'il n'en mérite pas.

Et puis on le sent bien, à le vivre, que c'est un truc toujours sur la sellette. D'ailleurs en le vivant, on y croit à peine. Limite à se dire : ah c'est ça en fait ? Une sorte d'aptitude à la bonne humeur. Je suis presque étonnée de le vivre aussi bien.

mardi 30 octobre 2007

Retour à Istanbul

Envie de révéler I. pour une fois, tiens ! Comme si c'était le moment, brièvement, de faire se joindre la vie rêvée et la vie réelle.

Remonter la rue jusqu'à la terrasse qui surplombe Haydarpasa, presque le même angle que De l'aurte côté, troublant de voir cette humble rue dans un film primé à Cannes.

Retour à Istanbul donc. Autant dire : chez moi. Et d'ailleurs je suis chez moi, à la même place, en train de scotscher sur l'écran, de traîner au lieu de me précipiter dehors pour contempler le Bosphore.

A 17h il y aura une traversée vers l'autre rive, un thé, les retrouvailles de la danseuse.

Je suis arrivée sans autre émotion que celle de rentrer chez soi après quatre mois d'absence.

Et puis une fois ici, s'impose à moi l'évidence du choix de partir. Je suis rentrée en France, mais ici j'étais en sursis.

Je suis rentrée en France où je manque d'étrangeté, de langue gutturale, de mouettes, de muezzin, de cris de voix. De museau au vent dans les reliefs lumineux du jour à grignoter une broutille dans les rues mal équarries.

Je suis rentrée en France où ne manquent pas les cons et les traquenards sophistiques en matière de politique. Mais ici c'est pas mieux - comme on pouvait s'en douter. A deux doigts d'une éventuelle guerre, déjà commencée au demeurant, contre les Kurdes d'Irak. Il ne fait de nouveau pas bon vivre pour la minorité sur ce territoire si accueillant à ses heures.

Oh Turquie, belle salope bornée.
Tes éclairs de génie et toutes les grâces usurpées de tes mers, de tes coteaux -
Les insolences majestueuses et ruinées de tes villes.
Tes chemins de traverse d'où émane la quiétude et d'où surgit l'ignominie.

Je suis de retour comme on vient saluer la famille. Pour mieux la quitter.

mercredi 10 octobre 2007

Journée de

de broutilles de femmes

journée survol de la féminité

il y a encore des gynécos pour inciter à la fécondation

oh bien sûr indirectement, sous prétexte de prévention

"il y a des risques de stérilité secondaire"
"vous savez, après 35 ans, la fécondité baisse"

cinq minutes après tu sors et tu te demandes toujours quelle contraception évite à ton corps d'en payer les conséquences

eh bien une femme est faite pour féconder, suis-je bête.

Ce midi l'épreuve du désir, des mois et des mois après l'apéro de Ménilmontant
presque deux ans après m'être enflammée pour l'éphèbe

d'abord résister au pouls qui s'accélère sur les coups de midi
puis
à l'effluve musqué

mais soudain c'était simple
conversation légère et fournie
et lacunaire

en partant, salut ma belle
à jeter un oeil fureteur furtif

à cette aune-là j'ai mesuré combien la féminité avait fait son chemin
c'est là

sous ou sans les regards

jeudi 4 octobre 2007

Au royaume des fantasmes inversés, l'ancien amant, sa puissance dorée, fait jouir mon amoureux, gémissant d'abandon. Je quitte la pièce en quête d'épilation. Un rêve d'hormones en suspension. Insoutenable.

Plus tard, l'ancien amant me triture les seins, on écrit un texte ensemble dont je ne me rappelle plus la teneur, on diffère le moment de faire l'amour, il y a ma soeur quelque part.

Quel secret désir enfoui m'anime de cet homme, absent de ma vie jusqu'au bref échange d'hier, qui projette un déjeuner parisien

tout ce qu'il y a de plus tranquille