A la montre arrêtée il est 18h15 mais je savais que c'était la vraie heure
Dans la semaine d'affres je viens d'en finir une de lecture
Presque mille pages
- un bon petit séjour dans le désarroi humanoïde
j'achève le deuxième, un bon gros roman américain (mais irlandais, donc mélancolique) qui n'oublie pas le happy end
Ce qu'à petits pas nous faisons, nous imposons de la lumière et nous l'entretenons (...)
Tourne le monde. Sous nos pas hésitants. Cela suffit. (...) La trace imperceptible d'une haleine de vieille femme. Le tic-tac. Le ventilateur. Le vent.
Le vaste monde.
Et que le vaste monde poursuive sa course folle, Colum Mc Cann, Belfond
vendredi 11 septembre 2009
Et puis vers minuit il y a l'ange qui apparaît dans la lucarne
avec son bon vieux style elle s'apprête à mettre la viande dans le torchon
mais bon finalement en quelques lignes de comment ça va cette installation et sur un "rappelle-toi tu m'avais tiré le yi king dans la cuisine il faudrait remettre ça" elle me dit bouge pas je vais pisser, prends trois pièces
à distance ?
c'est vrai que le téléphone aujourd'hui ça franchit la Méditerranée à la vitesse du son
Sa boîte risque de fermer mais il y a toujours une solution, c'est l'Orient ici elle me rappelle, c'est un processus, incongru le stress parmi tous ces gens calmes, se laisser porter, dans le flux de la majorité, voilà.
donc ce yi king qui raconte toute l'aridité du cheminement, avec ses putain de côtes et ses retours en arrière, mais c'est normal, et pas bouillir de passion, de colère ou de faux-semblants, connaître l'idée du danger et se présenter dans son dénuement, le mur de la cité est dans le fossé, pas le choix, il faut épouser le changement, pas lutter, c'est sympa la sagesse orientale la formule du bien-être pour les naïfs dont je suis
mais surtout la belle pleine de vitalité qui me consacre une heure en pleine nuit
comme à l'époque de la terrasse sur le B. en me traitant de petite joueuse elle se goinfrait à 2 du mat' des précieux fromages odorants qu'on prenait soin de rapporter de chaque séjour au pays
et la roue tourne, c'est éclatant d'évidence, les trajectoires s'inversent, trois mois plus tôt c'est moi qui la consolais, je lui disais vas là-bas si tu en as besoin
résultat elle se l'est prise sa claque sur une île grecque majestueuse
elle est repartie avec une énergie à défoncer les montagnes
et là dans la lumière de l'autre côté de la Méditerranée
elle m'envoie des "chérie" désinvoltes à requinquer les diables
avec son bon vieux style elle s'apprête à mettre la viande dans le torchon
mais bon finalement en quelques lignes de comment ça va cette installation et sur un "rappelle-toi tu m'avais tiré le yi king dans la cuisine il faudrait remettre ça" elle me dit bouge pas je vais pisser, prends trois pièces
à distance ?
c'est vrai que le téléphone aujourd'hui ça franchit la Méditerranée à la vitesse du son
Sa boîte risque de fermer mais il y a toujours une solution, c'est l'Orient ici elle me rappelle, c'est un processus, incongru le stress parmi tous ces gens calmes, se laisser porter, dans le flux de la majorité, voilà.
donc ce yi king qui raconte toute l'aridité du cheminement, avec ses putain de côtes et ses retours en arrière, mais c'est normal, et pas bouillir de passion, de colère ou de faux-semblants, connaître l'idée du danger et se présenter dans son dénuement, le mur de la cité est dans le fossé, pas le choix, il faut épouser le changement, pas lutter, c'est sympa la sagesse orientale la formule du bien-être pour les naïfs dont je suis
mais surtout la belle pleine de vitalité qui me consacre une heure en pleine nuit
comme à l'époque de la terrasse sur le B. en me traitant de petite joueuse elle se goinfrait à 2 du mat' des précieux fromages odorants qu'on prenait soin de rapporter de chaque séjour au pays
et la roue tourne, c'est éclatant d'évidence, les trajectoires s'inversent, trois mois plus tôt c'est moi qui la consolais, je lui disais vas là-bas si tu en as besoin
résultat elle se l'est prise sa claque sur une île grecque majestueuse
elle est repartie avec une énergie à défoncer les montagnes
et là dans la lumière de l'autre côté de la Méditerranée
elle m'envoie des "chérie" désinvoltes à requinquer les diables
jeudi 10 septembre 2009
La seule façon de dénouer, de toute façon
c'était de l'appeler
alors j'ai appelé
dans la rue qui monte en allant au boulot
répondeur
et après dans le vrombissement des scooters en redescendant
trouvé la cour d'une maison aux allures un peu classe, un peu école de Nancy avec des silhouettes de lampes à la fenêtre, l'impression qu'on allait me dire de partir et ce n'était pas du tout isolé du bruit
son entrain dans la voix
à l'idée qu'on se voie
mais bien sûr seulement un créneau possible, hein,
dès le lendemain il n'aurait plus le temps
: à la fois éprouver
l'impossible distance entre nous, je le savais, il suffit de se parler
il suffira qu'on se voie
pour que tout resurgisse
les tendresses frémissantes à la surface de la peau à la surface du regard
- onde à grand peine étouffée, et forcément vivante
et
la négligence
- ah oui après pas le temps
et avant non plus
d'ailleurs déjà un truc prévu au même moment mais c'est pas grave, ça se reporte
(putain la concession)
mais bon voilà
c'est fait
c'est un peu dénoué
même si c'est provisoire
peut-être que demain matin
un peu moins de plomb sur le sternum
moins de larmes au bord des lèvres
et peut-être que je me souviendrai
que c'est pas crédible
de jouer ainsi l'enjoué
et d'être aussi avare
de son temps
ou aussi prodigue
ce qui revient au même
c'était de l'appeler
alors j'ai appelé
dans la rue qui monte en allant au boulot
répondeur
et après dans le vrombissement des scooters en redescendant
trouvé la cour d'une maison aux allures un peu classe, un peu école de Nancy avec des silhouettes de lampes à la fenêtre, l'impression qu'on allait me dire de partir et ce n'était pas du tout isolé du bruit
son entrain dans la voix
à l'idée qu'on se voie
mais bien sûr seulement un créneau possible, hein,
dès le lendemain il n'aurait plus le temps
: à la fois éprouver
l'impossible distance entre nous, je le savais, il suffit de se parler
il suffira qu'on se voie
pour que tout resurgisse
les tendresses frémissantes à la surface de la peau à la surface du regard
- onde à grand peine étouffée, et forcément vivante
et
la négligence
- ah oui après pas le temps
et avant non plus
d'ailleurs déjà un truc prévu au même moment mais c'est pas grave, ça se reporte
(putain la concession)
mais bon voilà
c'est fait
c'est un peu dénoué
même si c'est provisoire
peut-être que demain matin
un peu moins de plomb sur le sternum
moins de larmes au bord des lèvres
et peut-être que je me souviendrai
que c'est pas crédible
de jouer ainsi l'enjoué
et d'être aussi avare
de son temps
ou aussi prodigue
ce qui revient au même
mercredi 9 septembre 2009
Il règne un soleil de plage
je suis fourbue
c'est agréable ce soleil
je n'irai pas au beach volley
je lis des livres
en ce moment la chaleur s'entête mais la lumière déjà
se retire un peu plus loin le matin
et décline un peu plus vite à l'expir
sur la façade blanche aux volets dépliés, l'ombre a remonté d'un étage
sous le bleu exubérant
sortir la tête de la chaleur tragique
ménager un espace pour sentir quelques secondes
le corps qui récupère
l'image d'une tarte dans la lumière de la cuisine
rien n'est guéri au fond, j'ai bien compris ce midi quand la conversation a roulé sur les chemins qui divergent
et puis aussi, que ça pouvait se digérer
j'ai même dit : je sais bien que c'est mieux, quand j'aurai du recul j'en serai persuadée
j'ai même eu l'intuition, à propos d'un autre mais au fond c'est pareil, qu'il ne faut surtout pas forcer les désirs, c'est du simple bon sens
je rentre je suis fourbue
voilà, c'est le retour au monde
des émotions gérables
je m'y retranche
m'y rassemble
je suis fourbue
c'est agréable ce soleil
je n'irai pas au beach volley
je lis des livres
en ce moment la chaleur s'entête mais la lumière déjà
se retire un peu plus loin le matin
et décline un peu plus vite à l'expir
sur la façade blanche aux volets dépliés, l'ombre a remonté d'un étage
sous le bleu exubérant
sortir la tête de la chaleur tragique
ménager un espace pour sentir quelques secondes
le corps qui récupère
l'image d'une tarte dans la lumière de la cuisine
rien n'est guéri au fond, j'ai bien compris ce midi quand la conversation a roulé sur les chemins qui divergent
et puis aussi, que ça pouvait se digérer
j'ai même dit : je sais bien que c'est mieux, quand j'aurai du recul j'en serai persuadée
j'ai même eu l'intuition, à propos d'un autre mais au fond c'est pareil, qu'il ne faut surtout pas forcer les désirs, c'est du simple bon sens
je rentre je suis fourbue
voilà, c'est le retour au monde
des émotions gérables
je m'y retranche
m'y rassemble
lundi 7 septembre 2009
Je suis fâchée, non : peinée, que celle avec qui j'ai partagé à deux reprises le quotidien, que j'ai accompagnée dans des moments, pas n'importe lesquels, et qui m'a accompagnée aussi
ne trouve rien d'autre à me dire, au téléphone
que : machine m'a rapporté que, et j'en ai marre.
outre le petit mail pour rétablir les faits
je me dis que quand même, vu la période que je traverse
elle aurait pu me dire autre chose
elle aurait aussi pu prendre l'initiative de m'appeler
elle aurait pu se préoccuper de moi, en somme
- rien de plus, car je respecte ce qu'elle vit en ce moment, sur la sphère diamétralement opposée.
Et même : je suis triste de ne pouvoir m'en réjouir davantage, partager ce bonheur-là
(je ne peux pas, alors qu'avec la danseuse je peux
mais l'une est ma sœur, et l'autre mon éclaireuse.)
en tout cas, c'est dommage.
ça ne gâchera probablement pas l'essentiel, mais quand même.
il faudra que je trouve la façon de lui dire
sans que nous n'entrions en palabres infinis
malheureusement, j'ai bien peur qu'il n'y ait pas d'alternatives
vu l'excès de paroles dans lequel nous versons de plus en plus.
pas garder ça sur le cœur pourtant.
y réfléchir.
ne trouve rien d'autre à me dire, au téléphone
que : machine m'a rapporté que, et j'en ai marre.
outre le petit mail pour rétablir les faits
je me dis que quand même, vu la période que je traverse
elle aurait pu me dire autre chose
elle aurait aussi pu prendre l'initiative de m'appeler
elle aurait pu se préoccuper de moi, en somme
- rien de plus, car je respecte ce qu'elle vit en ce moment, sur la sphère diamétralement opposée.
Et même : je suis triste de ne pouvoir m'en réjouir davantage, partager ce bonheur-là
(je ne peux pas, alors qu'avec la danseuse je peux
mais l'une est ma sœur, et l'autre mon éclaireuse.)
en tout cas, c'est dommage.
ça ne gâchera probablement pas l'essentiel, mais quand même.
il faudra que je trouve la façon de lui dire
sans que nous n'entrions en palabres infinis
malheureusement, j'ai bien peur qu'il n'y ait pas d'alternatives
vu l'excès de paroles dans lequel nous versons de plus en plus.
pas garder ça sur le cœur pourtant.
y réfléchir.
dimanche 6 septembre 2009
tu as eu tellement peur d'aimer, de te perdre dans l'amour, d'être trahi si tu lâchais prise, que le contraire s'est produit,à force de te vouloir libre, vigilant, tout à fait indépendant, observateur de toi-même : l'angoisse t'a étreint d'être engagé dans une histoire forte de connivence, de confiance et de fidélité.
La peur de l'aliénation, mais alors une peur irrationnelle, infondée, la friture sur la ligne. Le bug.
La peur de l'aliénation, mais alors une peur irrationnelle, infondée, la friture sur la ligne. Le bug.
La danseuse m'écrit instantanément :
c'est poser les choses autrement, situation douloureuse mais juste, saine. Se revoir sans le trouble émotionnel qui fausse les actes. Ça prend du temps mais ne laissera rien en suspens.
La danseuse toute en rondeur. Avec émotion je m'aperçois, et le lui dis, que depuis toutes ces années elle est allée vers l'expression de sa féminité, une grâce. Elle qui sur les photos voit le petit mec teigneux qu'elle était à son arrivée en Tr.
Et j'éprouve une tendresse heureuse à son égard, une toute petite étincelle qui adoucit les aspérités abruptes de la pierre coincée dans la cage.
Ma mie, ma danseuse, mon éclaireuse.
c'est poser les choses autrement, situation douloureuse mais juste, saine. Se revoir sans le trouble émotionnel qui fausse les actes. Ça prend du temps mais ne laissera rien en suspens.
La danseuse toute en rondeur. Avec émotion je m'aperçois, et le lui dis, que depuis toutes ces années elle est allée vers l'expression de sa féminité, une grâce. Elle qui sur les photos voit le petit mec teigneux qu'elle était à son arrivée en Tr.
Et j'éprouve une tendresse heureuse à son égard, une toute petite étincelle qui adoucit les aspérités abruptes de la pierre coincée dans la cage.
Ma mie, ma danseuse, mon éclaireuse.
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