samedi 24 décembre 2011

Un mois plus tard et même si je m'observe
avec circonspection
cette quiétude, ce temps qui passe
cette énergie
un peu vaine
tous ces trucs à faire
balader les parents dans paris aux lumières dans la foule
endiguer leurs tensions, leurs blocages, leur gentillesse
leur frustration tellement sophistiquée qu'elle leur dicte leurs certitudes crasses

endiguer leurs remarques débiles et leur enthousiasme juvénile
adulte devenue

revenir à soi
me sens prête
à nouveau
aux affrontements
comme/avec les autres
comme jung/fassbender si justement perçu chez cronenberg
le contrôle et l'abandon
ou : exposer l'ego
encore le grand bain
pour l'altérité, grande aventure
la seule qui vaille ?
non, je ne le crois plus

bref, à risquer le coup
à dire ok rien n'est parfait dans les perspectives
la conjoncture
mais c'est ça ou rien
et d'ici aux horizons d'idylle
il y a des chemins de traverse
pour le savoir : prends la route

pour l'instant rien, on ne se brade pas
je ne suis pas dupe des jeux bidons des soirées sans lendemain
la preuve : même les dragues engoncées et muettes ne sont pas sans conséquence
les vieux trucs surgissent - après mon départ, des drames en direct entre les hôtes
et ça n'en finit pas
il y a des milieux, franchement, quel manque de bon sens
comme dans les sous-couches chez Desplechin
ce soir pacifiquement
un conte de Noël premier degré pour une petite blonde
la trêve, sans enjeux
avec les vieux copains tout va bien
malgré les vacances d'antan
deux ans ont passé quand même

et s'il n'y avait pas
le vieux loup rancunier pour les piqûres de rappel
on n'y penserait même plus

tout ça va ensemble
je n'ai pas à expier indéfiniment des malaises du passé
les relations c'est vivant

j'ai encore un peu peur
mais
pour être retombée sur les vieux messages pas envoyés
je sais
que mes colères étaient légitimes
qu'au fond je tiens la barre

et qu'on se remet bien
des déceptions
(c'est pas une maladie)

Non je louperai pas le coche

Oui misons sur le grand retour du désir
(horizon deux mille douce)

jeudi 24 novembre 2011

La journée file comme
un épisode de Bref

la couleur du jour m'importe peu
dingue

une heure avant yoga
le muscle encore meurtri comme le signe de
je ne sais quoi

de :
arrête de courir ?

je ne sais plus draguer
ou bien :
je ne crois plus que ça ait cours ce truc-là

au moment où je m'en aperçois c'est que
suis de nouveau apte au jeu
rien de plus
dissocier les peut-être des toujours

en pleine nuit avant-hier
request d'inconnu aux lèvres douces
dont je crois qu'il est pris
et/ou qu'il est curieux de ce que j'ai écrit
et sans doute c'est vrai

ce matin
un message dans la boîte de l'écrivain très beau
celui qui est en marge des courses du métro
et qui sait parler aux gens
très simplement
à ceux qui ne sont pas de mon monde
pourtant je me souviens d'une ou deux scènes
on rêve tous de ces trucs parfois

tandis qu'il isole du bordel de mon texte
ces phrases que j'aime aussi
celles de l'échappée belle

peut-être qu'on se berce un peu de mots

ne sais pas si suis flattée
ou s'il y a du jeu
ou juste une sincérité
un truc qui confine à la candeur
à laquelle je ne prétends plus croire
et pourtant

je rêve encore de files inverses
et de contrecourant
et de ma soeur à qui je dis : laisse-moi tranquille
elle que je n'ai pas vue depuis
depuis bientôt deux ans

laisse-moi tranquille

au fond
la course
ça veut rien dire

alors oui
le texte et les valeurs
et les accords intérieurs

bel écrivain, nous savons bien
que rien n'est tellement déterminant
au jeu des apparences

certes

alors pourquoi cette impatience
à ranger les échanges dans des catégories genre magazine de meuf ?

- oh les trajectoires indécises
je m'y résous sans les aimer
et comme en politique
je me fais croire encore que les discours
puissent façonner
une réalité -

(tenez-vous un blog secret ?)

mardi 18 octobre 2011

Je n'allais jamais sur la boîte sauf ce soir

ça compense un déficit de réel, c'est bien tout ça

à croire que je me complais dans l'intermède solitaire
dans l'interstice frileux (me traîne une grippe molle, mais persistante, depuis des semaines, effet Frigor-sur-Seine)

ce matin râleuse des aiguillages embrouillés qui retardent les michelines
je me lève et pivote
quand une improbable voix
(gare du nord, jamais ça arrive)
m'interpelle

et c'est lui
comme dans une pub pour le café qu'il tient d'une main
quelle classe

ce jeune homme qui déjà il y a un mois avait commencé par une voix
et qui à l'observation rapide s'est révélé charmant
et qui à la conversation s'est révélé séduisant et même au-delà
- et qui à la curiosité s'est révélé casé
avec une tueuse intellectuelle
alors bon tant pis

sauf que le hasard et le boulot nous offrent des occases
de discuter et de prolonger les regards

j'ai beau me raisonner il se passe un truc
et merde

je prends le temps de m'expliquer que surtout il n'y a rien à faire
qu'on peut être touché mais que la vie choisie déséquilibre la partie
en ma défaveur à coup sûr
et que c'est pas mon genre de jouer la boule dans le jeu de quilles

alors
encore
un effort

pour passer mon chemin

même si bien sûr c'est pas désagréable

je crains un peu de chavirer
je crains d'y perdre ma chèrement conquise disponibilité

et puis soudain la vanne rouverte sur la béance d'un fonds de tristesse
(merde pourquoi pas moi enfin, là)

oh ses tempes grisonnant à peine
et l'élégance de sa diction au léger cheveu sensuel
l'évidence de son intelligence,
libre-penseur aspirant aux constructions
j'en oublie même
qu'il a le doux prénom de l'ex
- l'immature tant aimé

Or si j'avais voulu d'une voie sans issue
j'aurais aussi pu
prolonger ad vitam cette histoire du passé
ou celle d'avant
ou celles d'après

bref c'est un leurre encore

et j'en ai assez assez
que tout ce qui me reste d'intimité
ressemble à un jeu d'évitement

mercredi 5 octobre 2011

Chai pas, un brin de blues
pas les grandes eaux, non
juste un ressac de l'enthousiasme
lundi haut de la vague - mais c'était peut-être la fièvre, je couve un truc
juste après s'infiltre le doute

faut dire je m'étais enfin retrouvée
impatiente et consciente
consciente-altière
de comment tourne tout ça
parce qu'à un moment portée par l'énergie confiante
de ceux à qui passer la main

bon voilà, aujourd'hui c'est moins ça
un truc très normal de job
le temps de faire les réglages

et puis toujours un peu d'essoufflement
au manque de répondant
soudain se dire : en fait je me trompe
en fait cette poésie qui m'habite
ne touche pas vraiment
ou bien : c'est maladroit
ou bien : c'est trop complexe

après je me raisonne : sagacité, phénomènes perceptibles
et rappel des reconnaissances sincères
et puis aussi
ceux du silence
auprès de qui s'écoule la prose sans mot dire

si ça a tant d'importance
le verbe
c'est que l'assurance me donne des ailes
du sourire et de l'aisance
me dispose aux connivences
avec vous qui m'échappez
avec vous tous dont je suis isolée
avec le vous hypothétique dont j'oserais à nouveau
affronter l'intimité

des années que je crois faire fausse route
et comme les cinglés mes artistes
mes pairs fragiles désobligeants
je jette ma bouteille à la mer
le cri reclus sous le verre
alors que je suis comme toi
toi là,
ou toi
et qu'il suffirait de s'abandonner à l'indulgence
colère tristesse peur digérées

au lieu de bouteilles creuses que les vagues dissolvent
et que le sel erode

jeudi 8 septembre 2011

Flegmatique amusée volubile
comme d'hab
dans les soirées en ville

avec la distance requise car je mesure les enjeux
les sensibilités
moi j'arrive mais j'ai mon entre-deux de repli
manœuvre concertée
depuis toutes ces années

être de tous les mondes c'est un truc pour jongler
esquiver

jusqu'à finalement, l'agacement réel
de l'annonce - une ligne dans un mail -
qui confirme
toutes les mises en garde :
vous n'irez pas à I. mademoiselle
(qui de plus légitime ? Personne, on juste trouvé plus glam, plus bling, plus waouh - d'un autre domaine de compétences, mais tellement plus en vue)
alors c'est donc bien que : la barque de la pensée prend l'eau de toutes parts
et que l'expérience est franchement secondaire
l'analyse c'est bon pour les revues vieille France et les universitaires

j'ai tous les outils en main pour analyser le phénomène
un Que sais-je, du recul :
ah ah, mouvement global d'acculturation !


or l'agacement perdure
aiguise
la perception des réseaux d'intérêt conformiste et narcissique
cela pourrait s'écrire je me dis

quand soudain ça me revient

c'est déjà consigné mot à mot
dans tous les exemplaires d'un volume sur mesure :
chaque moment confirme la règle
d'un jeu tellement suranné que je l'avais prédit (ou décodé, c'est pareil)

le balancier opère au quotidien
à l'élan passager succède une légère lassitude

au fond, tout ça, à quoi bon ?
Sinon que j'adhère à l'idée
des représentations structurantes
ou : la fiction modèle la politique
ou : on se choisit un mythe

et dans ce monde on vit -
ne restons pas passifs
n'en soyons pas farcis

secouer les carcans
ça commence par le cerveau

et quand même on est de la même eau
dans les sempiternelles affaires de société

jeudi 11 août 2011

Comme un mec

Ainsi que je crois vivre, brièvement ces quelques jours

Parce que je vois personne

et j'ai même pas envie

et le contraire d'hyperactive pour une fois

juste rien

dormir

lire le journal en terrasse

- peut-être la transition qui se digère, trois ans d'amertume, les trucs qu'on a fait resurgir sur un chemin douanier avec la sœur d'élection qui tout ce temps-là s'est planquée, comme si c'était légitime, comme si c'était avouable, comme si c'était autre chose qu'une faiblesse de l'âme -

- peut-être la rentrée qui se prépare -

the right time at the right place, on me dit

ça reste un peu abstrait

j'ai beau annoncer les trucs en ligne, le docu le roman, tout ça

j'arrive pas non plus à préparer les trucs du vrai boulot

le trac et la paresse

pas sûre d'y arriver, genre un peu l'imposture

mais bon je sais aussi que tout ça se bricole

sur le terrain

pour l'instant c'est le suspens

d'aucuns ont prétendu que paris l'été c'est le pied

mais franchement y a rien

ett, intacte, grossissante, une foule à tomber dans les pommes ou à tuer tout le monde
au goulot de la 4 à gare du nord

peut-être pour ça
pas bouger

se limiter à quelques mètres carré

c'est bizarre quand même

ou alors c'est un laps de repos
après tout ce temps à courir avec l'impression du sur place

mais qu'à cela ne tienne
il faut repeindre ces murs
et balancer une lecture

bon voilà

y a des affaires en cours

on va pas s'inquiéter d'être tranquille non plus

jeudi 14 juillet 2011

Conclusions :
1/ ils finissent tous par se repointer, même des années après (quand c'est sans danger), tous.
2/ Pour le goût de reviens-y, aucun scrupule : toutes les techniques sont bonnes. Générosité zéro.
3/ oui mais... les no-life, c'est vraiment pas sexy
4/ conclu des conclus : tel est le deal, une dose d'immoralité, une dose de tendresse, ne pas se brader, ni ses principes non plus ; et les mains dans le cambouis.

Idem pour le contraire, briguer l'aplomb et l'intelligence contre la distance.

(Toujours un truc de la mesure qu'on ajuste.)

Le chevalier de province appelait ça ma réactivité.

Je postule que c'est plus fort que l'inertie.

Donc je m'annonce gagnante de la guerre froide avec le vieux loup, puisque je ne guerroie pas.
Parmi les manières de célébrer la fêt. nat.

franchement, celle-là je ne l'imaginais pas

en pétard pour commencer à cause du vieux loup qui pour la troisième fois de la semaine
me tient loin de sa tanière et de sa meute

que je vive ici n'y change rien
il m'évite et divise les amis
putain l'ambiance

j'opte pour l'option montmartroise
tant pis pour l'ancien amant revenu des îles

tant d'années ont passé
une de plus ou de moins
il choisit son clan

froideur et champagne et bons mots avec l'autre bout de la bande à la butte
bousculades et fatigue

à deux heures c'est plié

13 juillet validé

quand au milieu de la nuit
appel alcoolisé
c'est l'ex des îles
il débarque

pas le temps de bien capter que déjà je fais le café
bien sûr
c'est qu'il n'a pas où dormir
bien sûr
c'est qu'il avait sincèrement envie de me voir
et bien sûr
qu'une petite célib
(et les ex c'est sexy)
dans la semaine de break conjugal + 2 rejetons
ça fait envie

alors franchement je ne sais pas comment
on parle une heure café bière clope
je ne vais pas le foutre dehors

j'arrive à croire que juste dormir c'est possible
bien sûr
on dort pas

mais je résiste
au cœur qui bat
à l'appel du ventre

parce que je connais trop les revers
amers

parce que la partie serait trop facile, mec
au bout de cinq ans
je t'aime bien mais je n'ai pas oublié

et parce que les triangulations de merde
bof

on parle
on rit
il se blottit

ah le monde étrange des hommes

on dort

bien sûr
le corps profite de la somnolence
à un moment c'est trop tard
fantasme et fatigue et la chair

et puis le plastique résout toutes les contradictions
coupe
tes velléités

alors le jour est suffisamment installé pour que
ce soit l'heure des croissants

apparition sitôt repartie qu'infiltrée
visite nocturne

je ne m'en veux pas de ma tolérance
excessive

c'est comme une parenthèse

et puis
alors que depuis longtemps entre toi et moi pourtant
tout est résolu
cette nuit j'ai repris la main

sur toi, romantique pervers qui prétends
que c'était une question d'instants
et que ç'aurait pu être moi

c'est flatteur

mais je ne regrette pas

et total respect pour celle qui s'est affirmée face à toi

dans la foulée dans deux heures

un verre entre inconnus

disons que pour une fois l'adaptation
a des allures de fusée

dimanche 3 juillet 2011

Ils sont partis
pas si tard
soixante-quinze zéro dix-huit

voilà

c'est simple

I'm back

comme si j'avais toujours habité là

ma sœur d'élection
énonce à haute voix

:

ce sera plus simple
pas besoin de déplier le canap'
toi là-bas ça aura été
comme des vacances

c'est l'évidence

Je suis là

j'avais juste besoin de mûrir

ici chez moi

chez moi
- pour de bon

j'ai pas encore réalisé

mais ces murs sont les miens
(-25 ans)

pourtant au moment de signer
déjà prête à me barrer

puis coup de blues au bord de la Seine

comme le champ des possibles soudain restreint
à cette vie urbaine trépidante
vite je rentre et j'oublie
lendemain j'arrête pas

trois jours à peine
déjà s'éloignent
les immenses plages de vacuité
de l'inertie du sud

je suis là c'est chez moi
inondé de soleil
les enfants escaladent les cartons
les parents enchaînent les bouteilles
les sourires
soirée parmi les soirées

j'ai ma place
ici autant que là-bas
mais c'est ici
que je me reconnais
va savoir pourquoi

va savoir pourquoi

mardi 28 juin 2011

Mode buldozer

c'est la période impec
pour acheter des pizzas surgelées
pour boire alone en sueur
crasseuse

abattre
la besogne

ceux qui comptent explosent le canapé

la vieille complice me fait un plan petite fille abandonnée
au téléphone

et
à J-2
un homme, fût-il ex (de fraîche date)
(estimé)
qui ne rappelle pas

alors qu'il est sollicité
et qui
ce soir-même
limite son accès on line

eh ben je vais te dire
c'est un homme dérobé
planqué

c'est moyennement classe

putain la désillusion
complète

heureusement je suis un warrior
j'exulte déhanchée devant le miroir demain quitté
trois ans que j'en chie les copains

et dans deux jours
basta

c'est fini

on ne m'aura plus
à ces petits jeux de la pusillanimité
je suis toujours vivante
en pleine forme
ceux qui comptent sont révélés

et je mijote la lettre élégante
que tu recevras
avant ton départ (si j'ai le temps - ce qui sera superbe, parce que tu fais le mec débordé
mais là tu vois
déménagement
interview
chronique
relecture 270 pages
signature pour 25 ans
j'ai une bonne longueur d'avance)

ou
le temps de feindre l'oubli
à ton retour

ma colère sera digérée

je suis désolée baby
on ne m'oublie pas

c'est la conséquence de la conquête
des filles entières et passionnées

oh pas de plan hystérique

bien mieux
plus politique

la finesse de reconnaître
en toute sincérité
(paradoxale, of course)
(l'art de retourner les prises)

la beauté brève de l'amour fou
soixante jours ça suffit
je me souviendrai de toi toute ma vie

la débandade
décevante

l'instrument d'homme déconfit

oh bien sûr on pourrait dire
elle fait peur elle les fait fuir

connerie

ça au moins je sais
à force

beaucoup d'ambition
et pfuit disparition

il faut du coeur monsieur

et ce que je sais

c'est que ceux qui comptent
aussi difficiles aient été nos passions
exigeantes nos histoires

vous étiez là
toujours

sauf une fois le marin, mon amour absolu
sauf le marin piégé quand moi j'étais au sud du monde
aux abonnés absents
salaud

sauf une fois le marin
quand moi j'avais l'âge
du pusillanime
chevalier

à ton âge baby j'étais au sud du monde
toute seule
déjà
à lire Cendrars et Pratt
à tenir bon dans l'inertie
de l'hiver austral

Haut les coeurs
et vade retro les petits joueurs

samedi 25 juin 2011

Il y a une folie

que je jugule depuis deux-trois ans
depuis mon retour d'I.
depuis la nuit des temps

que mon amour n'a pas comprise
et pourtant

elle a sa place

c'est elle qui me fait écrire
pousser les portes
nier le joug

instrument de ma fragilité
qui m'a conduite dans les bras
presque trois ans durant
d'un passionné
et qui m'a laissée exsangue
au bord de l'identité

alors
de force
soigneusement
patiemment
l'ai canalisée

et soudain j'ai aimé aussi fort un très tranquille et rigoureux personnage
que j'avais aimé l'inverse
mais ils ont peur de la même chose :
leurs ombres

et moi
en eux
je ne puise que
la projection d'un vain espoir
à la surface meuble du chaos

pourtant
je ne désire rien que de très normal

c'est moi qui ne le suis pas

- oui,
comme tout le monde

et là,
juste accepter
le vent de fantaisie
le risque du sentiment
de l'obsession
d'une progressive lassitude
d'une suite

le risque de l'oubli
le risque du cap
le risque d'assumer ce que je désire
et que je construis

comme d'habitude
à distance

de manière contournée

A un moment ça arrive
voilà

qui suis-je

et je veux quoi

eh bien comme vous
comme vous tous

la même

lundi 20 juin 2011

Face à tout ça
je fais ce qu'il y a à faire

(aïe mes cheveux)

la pente savonneuse

tous les soirs en terrasse avec les mêmes on recommence
ceux qui vivent intensément
le changement

pourtant il ne se passe rien
on s'éternise juste des heures
on parle on rit on boit

et hier soir, pause :
c'est à F que j'ai proposé un ciné
en 10 minutes on a quitté la salle
(navet pseudo-expérimental)
et pareil, blanche au soleil

et alors
l'alcool et la parole
ont coulé
autour de plats trop épicés
ça a duré des heures
on n'a même pas parlé d'écriture
mais on n'a fait que ça
le pouvoir
les valeurs
l'amour
le désir
au détour de nos histoires livrées en vrac

j'ai levé enfin le voile
sur la coïncidence de la première soirée
ça l'a même pas surpris
mais déjà on avait trop bu
et ce matin il aura oublié

il ne restera que cette complicité avérée
qui s'installe

évidemment il y avait un risque en rentrant
mais je tanguais trop
en plus chez moi j'avais vidé tous les placards
et il avait à faire ce matin à neuf heures

alors parfait
on s'est claqué une bise affectueuse
F mon amant ami mon frère
qui a trinqué au deuil de Marseille qu'il m'aide à faire

ce matin rêves chaotiques de cycles qui se ferment
la tête en bois mais j'ai recouvré le goût d'être dans ce corps
quand même inquiète de l'entreprise monumentale
quitter cette demeure des espoirs déçus
pour investir le tout petit logis
que soudain je flippe d'acheter
(ça fait ça à tout le monde il paraît)

Bref
l'âge adulte, donc
(probablement)

jeudi 16 juin 2011

Prendre l'autre porte, prendre l'autre porte : composer

A J-14 le bilan c'est que je fais sacrément bien de me casser
toujours la même vacuité

politique de la terre brûlée

le tri, restent les coeurs vaillants

du blues dans les veines le matin

l'appréhension du nouveau saut

qui est un glissement

et que j'attends

tandis qu'à la colère succède, je m'en étonne
l'indifférence

pour celui qui combla ma faim
deux mois

ma famine du corps et du coeur
deux mois et : grand amour

j'étais prête
parce que je lui ai laissé la chance qu'il soit celui

et puis
il s'est auto-éjecté

après les sanglots longs
après la résignation
après la réflexion
lui offrir une ultime voie
- l'amour c'est un chantier, pas un feu de bengale, alors les risques j'étais prête à les prendre
il a prétendu
gêné surpris
en une semaine
avoir tourné la page
(auto-persuasion à la noix)

épuisement
colère
lassitude

puis j'ai compris
obtus orgueilleux
tant pis pour toi

ça m'a calmée

bah oui, t'es pas à la hauteur

je n'ai été qu'un trophée
de consolation

et celle que je suis dépasse la mignonne à répartie
distrayante et bandante dans ton champ quotidien

ma vigilance m'aura sauvée
mon enthousiasme transportée

épingle à cheveux
ô l'appel d'air

et, sensibilité aiguisée,
la moindre tendresse
le moindre regard
la moindre douceur en photo

brisent et ravivent l'onde amoureuse
ô les remous intimes

ça veut dire que presque je suis prête

- je suis toujours prête pour l'amour, en même temps -

oui mais prête à la bluette
à l'idylle douce

attention pas n'importe qui
pas n'importe comment
pas le premier soir

et que celui qui sera celui
prenne soin de moi
vienne voir qui vraiment je suis
s'occupe pas juste du présent quel que soit son appétit
ne pense pas qu'à la conquête à l'aventure à la cerise
qui combleraient un vide
qu'il apporte son eau au moulin
on a du boulot
ne rumine pas ses principes dans son coin
lâche son narcissisme
et ne se dérobe pas :

soit quelqu'un
- l'aplomb pas l'orgueil

dimanche 5 juin 2011

Les femmes croient-elles encore qu’elles doivent avoir des orgasmes par la seule stimulation vaginale ?

Si les femmes se sentaient frustrées lorsqu’elles n’ont pas d’orgasme vaginal, il y aurait dans chaque chambre à coucher des guerres à la Lysistrata. Le secret des femmes, ce n’est pas qu’elles peuvent simuler. Ça, les hommes le savent. Leur secret, c’est que, dans le coït, elles n’ont pas besoin de l’orgasme. Elles ont besoin de l’ardeur. Lorsque le coït prend fin parce que l’homme a éjaculé, le désir de la femme, s’il ne s’est pas conclu d’une façon ou d’une autre, est reversé dans le fantasme, le nourrit, l’exalte.

Orgasme clitoridien et orgasme vaginal au XXIe siècle : totems ou tabous ?

Le totem du XXIe siècle, c’est de croire que l’orgasme est le but du coït. Le tabou du XXIe siècle, c’est de refuser d’admettre que le coït n’est pas une fonction naturelle, mais une construction folle. Avoir un orgasme, c’est très facile, pour un homme comme pour une femme. On se retire dans un coin, on convoque les personnages de son scénario intime, et on se donne un orgasme en quelques minutes ou en une heure si on a envie de faire durer. On n’a pas besoin de l’autre pour ça. Faire l’amour, c’est autre chose. C’est offrir son corps – et prendre celui de l’autre – en pâture. C’est se baiser, se baver dessus, se baver dedans, se chercher, se perdre, se retrouver, se faire mal, se faire peur, se dégoûter un peu. C’est se colleter au désir de l’autre, à sa salive, à sa sueur, à ses odeurs, à son souffle, aux mots ou aux gémissements qu’il laisse échapper à son insu ou qu’il dévide sciemment. C’est se lancer sans corde de rappel dans une histoire à dérouler ensemble, en sachant que la seule façon d’en jouir, c’est de ne pas savoir par avance ce que l’autre veut, ce qu’on veut soi-même, et d’accepter de s’égarer. L’orgasme n’est ni un dû ni un objectif, c’est la borne qui signale un abîme. Le plaisir, c’est de tourner autour, de s’en approcher le plus possible jusqu’à se donner le vertige et de reculer dès qu’on risque d’être aspiré. Je ne suis pas sûre que les hommes soient si contents que ça de leur facilité à tomber dedans. Je ne suis pas sûre qu’ils n’envient pas aux femmes leur capacité de reconduire le désir, intact, d’un coït au suivant.

http://www.secondsexe.com/magazine/Les-200-clitoris-de-Marie.html

Et puis ce soir

incroyable

après ces orages, cette grêle,
qui ont suivi le bain de mer fraîche sous les nuages maussades comme l'humeur
(enfin un mois de juin en demi-teinte dans la ville surexposée)

l'après-m en tong sur les trottoirs pluvieux
à suivre la vieille comparse dans un repaire d'artistes du dimanche
où se dénonce toujours la même main mise de l'économie sur la culture
avec des photos bon teint socio-nunuche

j'observe et je dézingue
les brèves postures surjouées
dans le bus je pourris les ados insolentes aux emballages jetés
au portable en mode je-fais-chier
au retour je singe l'autre amante de l'amant de ma copine
qui se la joue super cool genre je fais de la peinture
quant aux dragueurs des rues qui accostent comme des rabatteurs :
"non, pas de temps à perdre, bonne soirée"

politique de la terre brûlée
j'explique

puisque les grands chantiers sont tous tombés d'un coup
à quoi bon se priver
avant de partir
je tire

alors ce soir
bah ça va mieux

d'avoir pleuré réfléchi parlé dézingué
je mesure combien oui
le jeune homme s'est interdit de vivre (jusqu'à moi)
lui que j'ai fait jouir comme jamais
(c'est ça l'amour, il s'est demandé)
lui à qui j'ai redonné confiance (il me l'a dit)
(il me l'a prise)
mais pas au point de prendre des risques

il a eu peur
de la vitalité même que je lui inspirais
après toutes ses années de rigidité
de déni de plaisir
pas prêt encore pour donner
de soi

non, besoin de se laisser porter
(pleutre, ouais)

mais quand même en deux mois presque il y aurait cru
- que son heure était venue

ah mon amour tu manques d'aplomb
de ressources
tu prétends que l'inertie ça coûte moins d'énergie

il se trompe dit la vieille complice
retenir tout : quel poids !
Laisser circuler, s'adapter, c'est ça la stabilité

elle confirme mes assertions : faut accepter de se laisser déséquilibrer
pour vivre
affronter les émotions, ça t'évite qu'elles te rattrapent à ton insu

tant pis pour toi je ne t'aime plus
et justement, c'est fou
en deux jours j'y arrive

tempête bien négociée

or, comme je te revois nécessairement
laisse-moi te dire que je vais t'en mettre plein la vue
en point de fuite

tu n'auras plus que tes yeux pour pleurer
et ta moto pour t'esquiver
(chevalier de province, va !)

jeudi 2 juin 2011

Une fin de plus, incessantes impasses

Bonne nouvelle, dirait la brunette, qui ne répond pas

c'est clair que pour le coup j'ai misé sur les valeurs et la bonne mine
d'un jeune homme dont les hobbies ne me manqueront pas

mais comme d'hab
m'y suis livrée

corps et âme

comme d'hab j'ai de la peine
des larmes

solitude décourageante

quitte à bien torpiller le truc
je le rappelle
pour lui dire ça

pour entendre son refus bien clairement
entre deux silences

pour bien saisir que ce n'est pas que la peur ou le coup de sang
et que je n'ai rien à me reprocher

tu parles

si j'avais été maline
et comme d'hab je le suis pas

j'aurais su manœuvrer

et puis au moins je suis fixée
encore un qui n'est pas prêt
et c'est le plus légitime de tous
et cette fois j'avais raison
et mon espoir aveugle je l'ai gardé à l'oeil
je garde mon sang-froid
et si je suis émotive

c'est que je suis en vie
et que je risque l'amour
romantique pour l'élégance
de vivre ce qui se présente

ce qui me rend aimable
auprès de mes antithèses mêmes
lui, par exemple, séduit par mon ouverture et mon intelligence
qu'il dit

mais je suis trop entière
pour jouer d'un ascendant
pour m'en foutre, en princesse

je me livre et m'investis

et je me ramasse

combien de fois faut-il tomber
pour avoir la chance de vivre sereinement
une relation pleine
dont la substance se renouvelle
combien de fois putain

et malgré toute cette peine
l'une de moi est soulagée
bien sûr que je sais
combien ç'aurait été compliqué

alors tant mieux
je ne m'embarrasse pas d'un boulet
J-28
quitter cette ville de merde
en claquant bien la porte
restez chez vous les mauviettes

et à nous deux,
Paris

lundi 30 mai 2011

Après tout je ne fais que revenir
dans un lieu très connu
chez moi, peu ou prou
je connais les lignes
je connais du monde
je connais cette vie-là

alors
pourquoi
cette appréhension

petite fille

je traîne
je travaille, mais au ralenti
j'oublie ma CB dans une machine à la gare
ce que je découvre par une annonce de gloire éphémère
j'oublie un pull au ciné
le plafond goutte

je remets une énième fois les grandes questions sur le tapis
je culpabilise
j'ai tort de le bousculer
et puis malgré tout
sinon il se dérobe

oui mais il faut encore du temps
seulement le temps se compte à rebours
J-30

c'est un cap

alors que c'est juste la suite
oui mais non

je suis seule à vivre ça
voilà pourquoi
c'est mon cap

essaye de comprendre
ça a l'air de rien, juste ça va rouler
je vais monter quelques cartons au 6e étage
signer pour 25 ans
et boire l'apéro
puis
j'irai travailler quinze jours à la radio
normal quoi
et après
on se retrouvera avec mon chevalier
qui a besoin de temps
et je dois lui accorder
ce n'est pas me compromettre
j'ai toujours les options pour
ne pas subir

mais si vous croyez que c'est facile

j'ai quand même du temps
alors c'est vrai
je ne peux pas me détourner de mes émotions
les épancher dans une course folle

je dors, je dors
je cogite
mes plantes crèvent
suis à la ramasse sur l'administration

j'ai beau savoir que quand même
j'assure

là j'ai du mal à endiguer


c'est comme un grand trac
intérieurement je me prépare
ça déborde
et celui à qui je me livre
corps et âme
serait tout de même bien mufle de me le reprocher
bon, il reconnaît ses faux pas aussi
quelle partie d'échecs
faut jouer collectif, j'ai dit
mais lui il se réserve
évidemment
(un mec)

et puis
ça va passer

qui m'aime me comprenne
qui m'aime me suive

mardi 24 mai 2011

violence slash

vigilance

putain pas de répit

cette ville de m
m'aura pressée jusqu'au bout


j'aurais pu croire ce matin que c'était le décalage

(retour du dernier week end parisien avant le coming back
définitif dans un mois)
(un peu d'agacement, de laisser aller, tout ce que je prends sur moi depuis le début, trois ans, là non, c'est fini, j'en ai marre)

mais ce qui était inattendu
le pur hasard

c'est d'apprendre

alors que moi j'en fais,
putain
des pas vers toi

depuis deux mois
malgré ma peur

tu as mes clés
ma confiance et mon rire
l'abandon

même
j'ai pris le risque ces jours-ci
de parler de toi
à ces vieux compères qui ont les armes pour
me juger
me plaindre
me lâcher

(du cercle douloureux de mes chères amies maman
un bon copain sagace et généreux me tire
tu n'as rien à faire là, toi, laisse-les faire leur biz
et t'en es où alors)

à mon retour hier soir je me disais
ok pas te bousculer
mais quand même à un moment
faut se décider
arrêter d'éluder
(j'ai pris un coup de fouet un coup de sang
à rouvrir un pti peu la porte de l'espoir)
bon

j'étais heureuse de te voir
j'ai décidé que ce n'était pas le moment, cette vingtaine de minutes
pour ma petite phrase ;
on verrait plus tard

et puis cette jeune femme passe
que tu ne me présentes pas
une fille du cours du soir, je saisis

et tu me balances
comme si c'était juste normal
qu'à ce cours il y a aussi

ton ex

une amie désormais paraît-il
ah oui comme ça en deux deux

bien sûr ce n'est pas une trahison
d'où ta candeur

mais tandis que
comme d'hab
je prends des risques
je sors du périmètre de sécurité

il y a un mec en face qui tranquille
barbote dans l'entre deux facile
des femmes complaisantes
du quotidien égoïste
sans bouger
son cul du canapé

sans savoir, toujours pas
ce qu'il veut avec moi
- j'ai mis la question de côté
avoue-t-il

putain va te faire foutre
à ce compte-là

d'emblée il y a deux mois j'avais mesuré le danger
j'avais mis les warning
frein à main
rangée sur le bas-côté

puis radoucie, ok va pour le test
pour manœuvrer à vue

ce n'est pas faute d'en discuter depuis
putain
de prendre les pincettes
de lâcher du lest
de laisser du temps (si compté soit-il)

à deux doigts du sanglot je me rattrape au vol
je dis l'essentiel
en montant cette ignoble
rue paradis :

... ça ne me fait pas plaisir...
... au fond, tu es prêt à vivre quelque chose avec moi ?...
... si t'as pas le courage, c'est pas grave...
*merde, j'aurais dû dire "tant pis"*
*esprit d'escalier*
et :
...à force d'éluder, tu deviens ambigu...

juste il parvient à énoncer : je vais y réfléchir
je te dirai

(quelle tristesse)
(quelle journée)

le soir l'autre conasse essaie de remettre la main sur le blog
pourtant mort et enterré
bientôt elle me sort de la zone
pourtant c'est mon domaine
déposé

au yoga
ultime havre
il est question d'inversion
toute négativité instantanément transformée
en l'exact inverse

bon
incandescence interne
je sauve l'une de moi des limbes
elle a la force des promesses d'I.
certains soirs de traversée

je la retrouve
celle qui sait se protéger
aimée d'une danseuse
dont j'aurais bien besoin soudain

mais il ne faut devoir son salut à personne
il y a beau avoir tant d'amitiés, tant et plus

je continue de me battre
d'être fragile

de me reconstruire

la tempête
à peine apaisée
repart de plus belle

le match n'est jamais gagné

dimanche 1 mai 2011

Non mais attends, c'est pas fini

... Tu crois que si je sous-loue G, tu pourras m'héberger ?
22:21

Oh oh, une proposition indécente ? Tu sais ce qu'il en coûte de trafiquer à G. Mais en tant que future proprio, je vais étudier les conditions locatives.
22:27

Hum, il va falloir revoir les modalités de tout ça :) en tout cas, elle ne semble pas te déranger plus que ça, tant mieux. Si j'ai besoin de protection, je sais à qui demander : je m'occupe des gros bras et toi de flingueurs, chacun sa spécialité...
22:37

Donc t'es sérieux ? C'est la nouvelle mode, les grandes décisions par texto ?
22:43

Le texto n'est qu'un moyen de communication, les décisions sont prises en amont. Eh bien je pense que ça me ferait bizarre de sous-louer cet appart dans lequel je ne me sens pas encore à 100% chez moi... Ça m'étonnerait que ça lui convienne, mais ça peut s'envisager, truc de ouf
22:47

:D j'ai envie de dire
22:53

de dire :D ? de rire ? Hum femme qui rit...
22:56

T'as tout compris
22:56
On m'a dit : 2011 ça a été une bonne année pour toi
- ah bon c'est déjà fini ?
pour rire j'avais annoncé la couleur
janvier boulot
février apparte
mars édition
avril mec

eh ben wouah
(performance)

et comme on n'arrête pas une équipe qui gagne :
mai, docu

c'est bien chouette
lumière du jour étirée jusqu'aux soirs
la peau étreinte d'un soleil ferme

le joyeux chahut des hormones
suis à plat
vieilles anxiétés surgies
exhibées béantes
gommées patiemment
disparues une à une d'une pirouette comme des absurdités
et ma nature confiante panse ses égratignures
aux paroles à peine énigmatiques
du jeune homme qui me parle comme en passant
de ses vieux potes engagés en deux deux avec des nanas
qu'ils rejoignent à Paris

alors comme en passant je lui montre les photos du nid perché
en haut d'un bâtiment sur cour
dans la rue bien nommée des winner

mais pas de vente aux peaux d'ours
malgré l'impatience
malgré la vigilance
les craintes assez fondées

il y a du jeu
(aléas/vertige/maîtrise/affrontement)
donc :
du désir

(fauteuil cassé, pouls emballés, souffle éperdu,
allongés en nage sur le parquet frais, plongée en sommeil engourdi
le matin la nuque endolorie
de ces bras musculeux en guise de traversin)

dimanche 24 avril 2011

J'ai suivi les idées des amis

on est partis

dans les plaines bleues
sous les nuages filocheux

sourires indécrochables
gros émoi grosse fatigue

j'avais bien visé, l'accueil était à point
souriant
comme la chambre
comme la vie quand elle sonne juste

bons vivants bâtons rompus
tâtonnements des corps qui s'accordent

des valeurs qui s'affirment
du mauvais goût qui s'assume

pas de sujet éludé

(des points de suspension)

mercredi 13 avril 2011

J'espère que ça va pour toi. Dans ma tête ça cogite à mort maintenant, tu crois que c'est contagieux ?
19 : 02

Bonsoir, je suis dehors avec une copine, on en reparle plus tard !
20 : 31

mardi 12 avril 2011

Et le coup de talon.

L'ostéo m'avait prévenue : ça va déménager
et en effet

gros sanglots désespérés du soir

au matin écrire une lettre que je ne donnerai pas

le chevalier remporte son permis monture d'acier

j'ose

balancer le grand deal

parce qu'attendre ce ne sera pas possible

il dit non

normal

(tristesse)

sur le balcon des fumeurs il y a une jeune femme qui m'écoute à gros bouillons de soleil

le mistral, colère, emporte les voix et les poussières à 18h

je rentre
dans l'ombre

désormais familière : déroute

angoisse

je suis là je me dis

d'avoir vu dans le ciel une traînée rosie

prendre soin

dans le miroir ce visage a une féminité de force et de douceur

fini rigidité fragile

puis

aux jambes immergées dans l'eau odorante

une voix s'adresse qui vient de loin

qui a l'optimisme insolent des vingt ans et qui dit

c'est pas fini

et même :

c'est peut-être là

que tout commence

(comme dit celle qui danse)

soudain j'y crois

malgré moi

(ça ne m'appartient pas)

j'ai posé les armes

et annoncé la couleur

chevalier, à toi de jouer

la conquête vient de commencer

je me méfie d'y croire

mais d'y croire je revis

de nouveau le monde virtuel a du sens

bientôt la real life will be back

une chute c'est pas la fin de partie

dimanche 10 avril 2011

Dans le vent face à la mer
étale
toute l'étendue du ciel derrière ton œil brillant

j'ai fini par lâcher le morceau
plus pragmatique que jamais
pour que tu puisses couper court tant qu'il est encore temps
tous les trucs tue-l'amour
je les ai dits

pour que tu puisse t'enfuir en courant

et

non

tu as été sincère
au moins autant que moi

on en est toujours au même point
qui consiste à ne pas savoir quoi faire
de cette nouvelle donnée
dans nos trajectoires exotiques
l'une pour l'autre

et qui nous surprennent
et qui nous séduisent

comme dans la vie et dans les films,
le poncif absolu :
l'amour vient d'où on ne l'attend pas
comme une bonne blague
dans le jeu de quilles

j'en rigole moi-même
et je m'observe m'attendrir
et soupirer de son absence

avoir quinze ans dans ses bras
et des envies de bonheur
de mer
de voyages
de corps aimants
de petits plats
de quotidien

(tu es d'un autre monde et je m'y sens bien)

vendredi 8 avril 2011

C'était le risque, oh là là (quel délice)
un collègue probablement nous capte à s'envoyer des textos sous la table, et des sourires en coin
alors, tu continues le jijitsu ? avec malice dans le couloir

le soir l'imaginaire peuplé de langueurs entre deux pages je reçois
quelques lignes
c'est tout simple
je l'invite
il vient
d'un peu loin
chevalier au destrier mécanique

juste pour ça
partager mon sommeil
me serrer dans ses bras de judoka
combler les temps de chasteté contrainte
dans le festin charnel
le goûter des sens
la chaleur des corps liquides la nuit

on prend de mauvaises habitudes je lui dis
on va être tristes à la fin

moi c'est trop tard
je le suis presque déjà

ton univers de jeune homme est ici à construire
et le préavis de mon compte à rebours est déposé
Nouvelle vie - 3 mois

Ça ressemble à la fatalité mais ça ne l'est pas
Je ne resterai pour rien au monde ici
et n'aurais jamais succombé à ce style de garçon
si le temps ne m'était compté

or
toutes les surprises sont possibles
tous les codes sont bousculés
mon snobisme est chahuté
son sourire sa beauté son humour et sa simplicité
sa sensibilité sa curiosité sa sensualité
et mon cœur d'artichaut
cuit à feu doux

mardi 29 mars 2011

mesures d'urgence

au réveil la voix disparue
effet radical

j'ai dû voir le truc venir
le vacillement
les larmes et la tête à l'envers

les idées noires en couches superposées
les connexions inquiétantes et la peur de planquer un secret

alors
il faut vite en parler parce qu'aphone c'est muette c'est vaincue
une petite alerte discrète à la vieille amie celle des vieux caps franchis
ensemble à bord d'un bus atteindre la Bonne Mère son soleil ses cierges et la mer des toits affalée sur la côte

avant je m'étais résolue
à rompre le pacte de non-sollicitation
du jeune homme
qui s'est trouvé là
solide et tout sourire avec sa joie de vivre et son corps dément
sa tranquille entrée pleine d'aplomb au monde des adultes

il y a eu ses bras autour de moi dans la nuit
autour d'un moi qui est un corps et se démultiplie

les abîmes inquiétants confondus à la lumière des cris sans timbre
il n'y a que le chant d'opéra et la jouissance
qui puisent leur souffle au fond du ventre

contre la déchirure
qui menace
comme au violon
mon âme c'est ma voix
il faut la rajuster

vendredi 25 mars 2011

Reprendre la main

Et tant mieux qu'il y ait ces tempes bourdonnantes et ce ventre un peu en vrac
qui m'assomment un peu, à peine
je me suis surprise à fredonner
même
être en vie, être en vie
une fraction de seconde parce que je ne suis pas coupable d'éprouver du désir
parce qu'on ne peut pas être malheureux tout le temps comme dit ma meilleure a (ma familière, ma sœur)
je me suis dit que toi-même, ce serait ta philosophie
toi mon ami intubé
c'est dingue comme tu es important je m'aperçois
alors qu'on te trouvait encore tellement con il y a deux mois
d'être si inconséquent
égoïste
eh ben putain on vous aime c'est comme ça
comme la famille
ces jours-ci suis reconnectée avec les autres
passage du je au nous via le diaphragme
annonçait le maître yoga
depuis :
y a de l'amour dans l'air
qui n'est pas que de séduction
qui n'est pas d'excès romantique non plus
ni de reconnaissance écrasée
et destiné à personne en particulier
une posture noble et simple, de l'ordre de l'attention et du respect
voici le beau moment où à la désillusion succède une plus subtile compréhension
des douceurs discrètes et des intimes bontés

ceci s'accorde à la beauté des projets
qui adviennent concrets :
s'ajuster au réel

jeudi 24 mars 2011

c'était un beau moment
à l'écoute
(le voyage, l'écriture, sincère simplicité
- et générosité)
il y a le livre et il y a l'homme
être beau c'est une chose
être adorable : la cerise

juste
malgré le sourire l'intérêt
et même presque une douceur
et le partage

je m'aperçois
une fois rentrée
à quel point c'était hard

parler de mort d'enfant
le lendemain

le lendemain
de

la perte

d'une étonnante innocence
on le sait bien, pourtant, qu'on n'est pas préservés
on le sait bien

lui il avait un an
et eux ils ont mon âge
et pendant ce temps
de soir affable d'écoute et de sourires
ils vivent en sursis

un monde effondré

et ce soir celle qui nous a emmenés
pendant des dizaines de minutes dans l'habitacle
nous a parlé
de la mère folle
du père mort, lui aussi un platane

et puis c'était la vie,
juste

il faut affronter

la naissance du deuxième
pas reproduire

pas se laisser grignoter

j'en reviens pas d'être aussi triste
j'en reviens pas de cette peine
c'est con hein : fini fini, la couleur du jour sera plus jamais la même

mercredi 23 mars 2011

Aucun sens

Choc
ciel assombri
le seul truc possible
seul hommage
un cierge
non des attitudes d'emprunt mais respect pour toi
qui ne t'es pas encore réveillée
et à qui mentalement j'envoie tout mon espoir
de retour
au monde où ton enfant n'est plus
depuis cette nuit

et aussi à cet homme qui malgré les aléas sans importance des désaccords et des intermittences
est un ami
est ton élu
est le père que tu as choisi
pour ce petit garçon qui n'est plus

rien à dire aucun sens
muette, mon amitié
sincère
comme la tristesse

mardi 22 mars 2011

Ironie du sort

Je pourrais me faire prendre par les sentiments
(ce ne serait pas la première fois)

un jeune homme qui aussi sereinement me déclare sa flamme
avec aplomb
en précisant que ce n'est pas toujours aussi simple
et qu'il le fait parce que je peux l'entendre

qu'il est heureux

il admet que ce ne serait pas malin de commencer un truc

mais comme ça c'est dit

et qu'on peut quand même se voir

terrain glissant, je mets en garde

vite j'écris pour ne pas trop m'attendrir
j'ai peur du bouleversement

la confiance des corps des sourires
tout ça loin des tourments

faut-il que je connaisse les impasses et les revers d'illusions
faut-il que je connaisse mes contradictions

pour ne pas tout brader au nom des missions cœur vaillant rien d'impossible

je suis touchée

dimanche 20 mars 2011

En attendant la radioactivité

Sexe accordéon et alcool

au programme du printemps
encore une fête magistrale
dont le parquet met des mois à se remettre
d'ici là je serai partie

et moi j'en ai pour plusieurs jours
- j'ai plus vingt-cinq ans
au contraire du jeune amant, qui ne les a pas encore -
ouh là là ça frise les Liaisons dangereuses tout ça
F qui capte tous les 06 qui traînent
et moi qui cède au jeune éphèbe
mais c'est pas décadent
plutôt bon enfant

léger léger et généreux
avec les bulles et les propos incohérents
de belles valses, des rocks connexions
des étreintes
du rhum dans l'autre pièce
du verre brisé
un ticket d'euromillion
un pendule qui dit oui et qui dit non
des inconnus qui sont les derniers à partir mais qui descendent les bouteilles
un athlète dans mon lit au sourire doux et ferme
le retour évident de ce moment familier et chéri
de l'âcreté dans l'atmosphère au point suspendu
où subitement la chaleur afflue et se retire
palpitations palpables sous la peau
et tu es là tu me regardes
- les plaisirs partagés
comme la gueuledeb' -
la fête fait son effet rituel
j'ai deux-trois messages reconnaissants dans la boîte aujourd'hui
et je vote décroissance dans les vapeurs d'alcool
- au pays de Candy -

Nouvelle saison, nouvel amant

Et celui-ci me va comme un gant

vendredi 18 mars 2011

La frime

Ttfaçon m'en fous, ma jumelle m'a dit
> Tu rencontres les mecs les plus intellos-sexy du pays

(Mais faut pas les fréquenter, c'est tout)
(Laissons ça aux admiratrices et aux présentatrices)
(L'ego et les flashes, fatiguant)

Me réjouis de rester dans le corps
des passeurs de l'ombre
et les laboratoires

jeudi 17 mars 2011

L'amertume

Il est coutume de penser qu'on perd des amis dans l'adversité
- On en perd aussi dans les réussites, là où, ironie du sort, on récupère quelques anciens : vases communicants. -

L'étendue de ma colère qu'il me semblait, presque, maîtriser
avec un détachement qui d'ailleurs me surprenait un peu
n'a d'égale que l'amertume ce soir éprouvée

des détails : un fichier retiré de la Toile, que je devais commenter
pour l'avoir mis en œuvre ;
un silence éloquent

au moment où je retire ma confiance
je m'aperçois qu'elle tenait sur du vide
à moins qu'en écho à mon dépit muet
l'agressive offensée
ne se drape
pour s'attribuer la primeur de la victimisation

mais aujourd'hui toutes les indulgences consenties chaque semaine
ressemblent à des aveuglements
je suis sans regret, mais amère

effarée de ces fourberies étriquées
et au passage :
quelle mansuétude sans objet accordé-je à F même
qui fait fi comme une fleur des étapes accomplies -
j'ai beau faire celle qui s'en fout
qui a d'autres chats à fouetter
qui est indépendante et qui s'arrange du fait accompli
genre j'évite le conflit
sans rancune, jamais
je déclare forfait d'avance
pour conquérir mon champ libre
- reproduire indéfiniment la scène de fuite hors du donjon du père
à qui je me suis enfin confrontée
à rappeler un matin deux-trois fois
après ses raccrochages précipités
(le discrédit jeté comme depuis toujours sur mes projets)
pour des histoires de thunes qui ne sont rien d'autre
que des enjeux d'amour et de pouvoir -
peut-être que ces étapes-là, une fois passées,
m'ayant consolidée
m'ayant remise sur mes rails
me révèlent par petites touches l'ampleur de la saloperie
même pas planquée derrière les misérables mimiques
de la séduction et du talent
de ceux que je prenais pour des proches

le talent, piètre pantomime
des pleutres qui jouent les écorchés vifs
en dénonçant leurs clones mêmes

écœurée, je suis encore entière
je reconnais les miens
et je reviens parmi mes pairs

mercredi 16 mars 2011

La colère

C'est précisément quand tout caracole
sans pour autant tourner en rond nombriliste
(quand tout va bien on ouvre les écoutilles, bonnes ondes et disponibilité)

que la trahison vient de l'intérieur

ou bien que j'ai l'aplomb pour m'exposer
à l'égoïsme
de celle qu'on considère comme l'amie
malgré le caractère irascible
malgré les caprices de princesse
qu'on considère comme l'amie pour l'étincelle
l'humour, le regard, les bonnes idées de virée
la collaboration fructueuse
la présence enfin puisqu'aussi bien elle n'est nulle part engagée

et pour cause

bien sûr, les mises au point désobligeantes
ont été légion
je me suis fait croire que le dialogue était l'indice de l'évolution

et puis
voile déchiré

pour la première fois
je lui soumets une requête
(quelques images dans la ville)
d'une inspiration qui serait la mienne

j'aurais dû m'en douter
déjà ça m'était venu à l'esprit
- à toutes ses demandes je répondais oui :
je me faisais pomper
(comme d'hab)
compétences, virtuosité, souplesse

mais suis partageuse
j'aime l'émulation des réflexions collectives

mais là
oh putain
jusqu'à la dernière minute où elle avait besoin de moi
(il y a moins d'une demi-heure)
c'était encore d'accord
mais hier déjà elle m'avait vertement tancée
de lui avoir soumis
des idées
- reçues comme des ordres, non mais je rêve -

les mots qui me viennent sont de dépit
de scandale intime
d'être si déçue je peux en finir là

d'ailleurs je lui retire le projet des mains
et le confie à d'autres
elle y perdra ma confiance
et le reste

et maintenant qu'avec la self esteem
je retrouve le bon sens
je me dis : merde, une fois de plus, on a abusé de ma gentillesse
et je me suis écrasée par admiration, connexion sensible
reconnaissance d'abord
ça n'en finit pas ce cycle retors

ou alors si : ça finit maintenant
je solde les comptes

mais je sais que le dernier round n'est pas encore arrivé
certes il n'y a plus rien à négocier
mais j'inverse les rôles

on va voir ce qu'elle saura sauver
avant que la porte ne claque

comme en 2007 sur la blonde insatisfaite
incapable d'amitié

je me casse de cette ville d'échoués
toutes voiles dehors

et il y a une première grande fête pour les gonfler
avec d'autres
plus généreuses personnes
(ne soyons pas manichéenne)

et tant pis/tant mieux si la période où elle était là
où, à son contact exigeant (insatisfait),
sans concession,
j'ai avancé

je ne le lui dois pas

vendredi 11 mars 2011

La seule ombre c'est qu'au boulot j'attends que les heures passent, un Kosovar arrive on comprend vite, la guerre, sa famille décimée - ce drôle de quotidien où t'apprends ça et tu passes à la suite
même les réus je préfère, les dernières, je soulève les lièvres et je les regarde s'en accomoder
je rentre j'avais oublié le concert
je repars
le beau gosse au violon c'est lui qui naguère avait laissé les tous petits dessins sur la porte d'entrée
ils y sont encore
mais il a oublié
sa nuit ici
moi je n'y étais pas
dans la pénombre son expression de jouissance concentrée
ce truc des musiciens
cette sensualité

bientôt aussi grande fête dans cet endroit immense qui est chez moi
je m'en réjouis
et je regrette déjà
cette atmosphère haïe jusqu'à décider de partir
et comme toutes mes fêtes elle sera totale, joyeuse et mémorable
il faudra casser le dernier verre
de la série offerte à la dernière crémaillère
boucler la boucle
du mauvais œil en déroute

mercredi 9 mars 2011

Alors là on pénètre vraiment les ramifications de la métafiction
déjà qu'entre le premier étage et ici il y a un escalier sur porte condamnée...
A l'apéro des voisins je clame la série des bonnes fortunes
alors la comédienne fait surgir aussitôt
l'opus de l'éditrice (personnage) de fiction qu'elle commanda naguère au Canada

Avec ceci : à toi lecteur, j'ai l'honneur de t'apprendre que nous serons finalement (de nouveau) voisins
un truc à coiffer les mauvais plaisants
au Poteau
(very private joke)

L'orthophoniste du dessus
qui a des plantes aux si puissantes effluves
qu'elles se diffusent parfois jusque dans mes toilettes
me confie des trucs très mystico-rationnels
sur la création et la vie
parce que c'est le bon moment paraît-il
et au fond nous parlons la même langue
mais j'ai choisi la vie
j'ai choisi la vie

et quand dans le minuscule atelier de la ville de Paris
juste en face du pénible établissement où je coulais un stage d'ennui il y a quelques années
sans avoir idée de traverser la ruelle
j'ai noué lien direct avec la conscience verbale
qui avait reçu l'onde et l'écrit 5/5
c'était simple comme bonjour
mais ce n'est pas mon monde
je suis dans l'entre-deux
pile au milieu de la ruelle
ou sur un bras de mer entre Europe et Asie

le temps d'un week end et demi
j'ai trouvé un lieu pour vivre juste à côté de chez moi (back to eighteen)
mangé une choucroute
appris que les directeurs éditoriaux de grandes maisons lisaient le truc
(puis le refusaient)
gardé la fille de la brunette
mangé des sushis
j'ai quitté la grande ville
et je vis aujourd'hui encore ici
dans l'immeuble étonnant des passions partagées

il faut aussi la force de juguler
les émotions heureuses

lundi 21 février 2011

En abîme

Samedi découvre un site sur la Toile
une revue une collection
la ligne idéale
j'envoie

après tout ça est une histoire d'ondes
le truc emporte en une nuit l'adhésion de l'autodéfinie personnage de fiction

qu'importe maintenant ce qui se passera
pour l'instant encore je ne réalise pas bien

que son enthousiasme sincère et tranquille
me consacre
quoi, écrivain ?
car les consciences verbales se reconnaissent

ce qui me rend à l'évidence :
écrire c'est l'aveu d'une béance

merde
à force de s'exposer on finit démasqué
normal, tu l'auras bien cherché

tant pis c'est le socle toujours mouvant, la cave gruyère étayée
de la vie organique, sociale, professionnelle
genre : la vraie

avec tout ça j'en oublie de parler d'un baiser, sans suite mais avéré
de la soirée be an angel
(trop tentant de trahir le thème)

les vacances le soleil déclinant et les vitres toujours grises (pas de miracle)
je marque le pas

samedi 19 février 2011

F est là
résidence
le premier soir il rencontre d'emblée
le charmant D qui tient les entrées à l'antre du punk rock
que je viens à peine de quitter
je ne les rejoins pas

ce soir on mange avec des filles à la cantine folklo bonne franquette
puis on entre au hangar
pour un concert de vingtenaires
funk soul style Bellevilloise
on dit pas grand chose et les corps ne trahissent pas
les ondes tacitement échangées

puis je rentre dans le froid revenu
l'essence de la connivence détournée
dans un éventuel boulot
toujours pas gagné puisqu'il omet de m'y inclure
or je le renvoie dans ses filets
exigeante
si tu crois que tu vas pouvoir prendre ça à la légère
(je sollicite le meilleur de toi-même, comme ma complice de MFB
m'y a moi-même poussée)

il habite une villa délabrée
qui donne sur la voie ferrée

le vent
déjà la nostalgie des retours sur les plaques de fonte de cette ville-là
où le lendemain de mes trente ans j'ai débarqué
et chopé à l'arrache
ce sublime apparte
où je vis

le même jour je décide
de lâcher toutes les emmerdes
d'une petite surface compliquée dans la ville tendue glacée

reprendre le pli du provisoire
ma vie est toujours à louer

je m'en convaincs

et c'est bien

lundi 14 février 2011

J'ai besoin de m'engager, dis-je au grand jeune homme souriant
ce copain bienveillant de longue date
dans la vaste pièce aux baies coulant sur la nuit du canal
où il y a mon ancien meilleur ami
qui m'oppose un mur de silence et de gêne

comme je suis toute seule, j'expose au jeune homme, qui s'étonne de mes grands revirements
voilà
je fais ça :
acquérir un espace

jusqu'à présent la course de haies
franchies une à une
un sport m'éloignant peu à peu de la vacuité
et l'indépendance
d'acier
chevillée au fin fond
donne les ressources de l'endurance
pour affronter l'adversité

pour me disposer à revivre à Paris
du côté des adultes à responsabilité

je découvre les mondes engloutis des beaux quartiers
de vieux jeunes gens dans des bureaux immenses et délabrés
qui représentent la loi
dans un fouillis de dossiers négligés
à côté d'un minitel débranché
la caricature incarnée

je croyais enfin toucher au but
ayant déjoué les tensions du fric, de la famille
mais non
on me brandit un vice de forme
le spectre des procès sans fin pour causes absurdes

et puis je ne sais plus quel embranchement prendre
je signe à l'arrachée

je tergiverse jusqu'à expiration du délai
pour l'ultime décision

pourtant il est joli ce lieu
à Laumière
entre Buttes et canal

le lendemain je vois aussi un nid perché deux rues plus haut
qui me rappelle mes 22 ans

alors : je ne sais plus
laquelle de moi je serais entre ces murs-là

ça n'a que l'importance
du portefeuille de mes parents
de mon endettement de 25 ans
et de mon discernement

lasse
indécise
ne sachant plus quelle intuition suivre

je m'ouvre enfin le luxe
de changer d'avis
pour m'éviter l'angoisse

et remettre à plus tard
(encore une semaine provisoire)

samedi 8 janvier 2011

Peut-être que c'est ça qu'elle devait faire
avant de dormir

recluse de fatigue et en plus j'ai soif

revenir ici

revenir ici se dire que ça y est
en une semaine emporter le marché

les deux, mêmes

Il ne reste qu'à naviguer entre ces perspectives
qui auront toutes deux la couleur des matins gris en banlieue
et l'intensité des grands projets

et puis
coup de poker pour coup de poker
lancer des offres comme au Monopoly
aux Portes de Paris
et non loin du canal

avec soudain la nécessité
- une fois revenue dans mon palace pour famille de réfugiés parisiens -

d'appeler mon père

voilà

putain c'est maintenant

les trucs auxquels il fait de vagues allusions depuis toujours
les mettre sur la table
au risque de remettre le doigt dans l'engrenage fui depuis dix ans
au risque qu'il dise non
au risque qu'il dise oui

sinon je devrai me résoudre à travailler sur mes genoux dans un canapé-lit en rez-de-chaussée

C'est maintenant. J'ai trouvé une magnifique occase qui coûte un bras
au premier sur rue et avec vis à vis
mais il y a un peu d'espace
un peu d'espace pour danser dans le salon
et surtout
surtout

c'est à deux pas du quai
et puis

dans la même rue
que la brunette