mercredi 8 septembre 2010

Alors
en douce

cette solitude giratoire ce n'était plus tenable
le dimanche toujours toute la pente à remonter

j'ai inscrit un pseudo à l'insu de moi-même
sur un site vénal
juste pour voir soi-disant
en me regardant du coin de l'œil rigolarde

et très vite a surgi d'une bande d'insipides
son profil singulier

la sauce a pris direct

je surfais à deux à l'heure de mon lit sur la connexion des voisins
juste profiter de la vague dragueuse
se jouer des mots et d'une prétention au mystère
à travers les écrans

pas à l'aise d'être là
avec toute cette déco racoleuse
surexposés malgré l'anonymat
y lit-on nos messages ?

alors je l'ai entraîné sur d'autres voies du web
encore plus transparentes
mais on y respire tranquille

et de jour en jour
je m'aperçois
que vraiment vraiment il me plairait
brillant fin drôle
et cette singularité des traits
cette très grande taille
me bousculent d'emblée

séduite

mais
d'évidence
cette attirance qui perce l'écran de fumée
encore tournée vers
un passionné
un esprit créateur
ça alors

je me complais à ces affinités naissantes
au jeu de se laisser deviner comment se débusquer sur la toile

et puis
retour à la réalité

mes jimini cricket à qui je n'en souffle mot
me rappellent qu'un jour en critères elles se sont noté
juste pour elles-mêmes
pas de musicien
pas d'homo - ou disposé à l'être

ah oui ça fait censeur vu comme ça
mais, tellement meurtrie par le miroir aux alouettes
par l'instabilité
par l'égo en béton armé
de messieurs les artistes
je sais que pour la quiétude
elles n'ont pas tort
pour mes valeureux projets de famille équilibrée
l'une atténue : non mais ça existe tu sais
il est possible que
oui
quelqu'un de généreux de fiable de disposé

peut-être pas lui alors
mon correspondant des heures perdues

qui habite à la grande ville
qui a déjà un fils

le film à toute allure dans ma tête
comme d'hab si prompte à succomber
l'écran couche de glace si fine et friable
non mais quel cœur d'artichaut

Pendant ce temps là
comme dans ces trucs de conso tu en branches quatre cinq six à la fois
pour le prix de zéro

il y a un type du coin belle gueule qui parle des endroits que je fréquente aussi
et où je ne crois pas l'avoir vu
mais ces endroits on les connait j'y vais encore
un peu maso comme si j'avais besoin d'ennui
le type belle gueule genre lénifiant
encore plus artiste en moins brillant
enfin j'ai l'impression

oui alors ça rassure tout ça évidemment
sans que j'y plonge accro, trop de défiance pour ce système

mais ce qui m'inquiète
c'est moi

ma tendance à me fourrer dans de beaux draps
des grands fous rires des passions et des chutes en beauté

depuis le temps que j'y bosse,
sur mes contradictions tenaces
rien n'a changé
à part que je vois le truc venir
alors je me l'interdis

on piétine
qu'est-ce que je fais

Tous les mecs m'ennuient et je ne vois nul homme stable intelligent et disposé
accourir vers moi

y en a pas dans le coin
ou alors
ils sont pris
ou alors
ils n'existent pas

3 commentaires:

julip a dit…

ohlala c'est bien...
(la suite en off)

secondflore a dit…

samedi
17h54
terrasse tribale des petites écuries
tout plein de feuilles en main
(la suite en on)
(smiley de en fait elle est jolie cette note)

derobee a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.